Passion du livre - tout sur le livre : Kaveena

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Kaveena

Couverture du livre Kaveena

Auteur : Boubacar Boris Diop

Date de saisie : 17/03/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : P. Rey, Paris, France

Collection : Roman français

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-84876-051-3

GENCOD : 9782848760513

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Lorsque le colonel Asante Kroma, chef de la police, entre dans une maison solitaire, il fait une découverte stupéfiante : devant lui vient de mourir le président N'Zo Nikiema, chef d'État en fuite.

En prévision de sa chute, il avait fait construire un bunker sous l'atelier d'une jeune artiste-peintre, Mumbi Awele, qu'il rencontrait en secret. Était-elle sa maîtresse ? Une prostituée ? Leur liaison s'était bâtie autour d'un meurtre, celui de Kaveena, fillette de six ans. L'enfant de Mumbi.

Le colonel décide de vivre quelques jours dans ce lieu étouffant - Peu à peu se dévoile à lui - l'incroyable vérité sur le meurtre de Kaveena. Mais surtout sur les relations troubles entre Nikiema et le véritable homme fort du pays, le Français Pierre Castaneda.

Porté par les tremblements de voix d'un narrateur d'autant plus émouvant qu'il ne sait guère où il va, Kaveena explore les grands maux dont souffre l'Afrique, livrée aux appétits insensés de politiciens violents, locaux et étrangers. Une Afrique représentée ici par le personnage de Mumbi, femme indomptable, contrainte d'offrir son corps tout en conservant une mystérieuse dignité.


Le Sénégalais Boubacar Boris Diop est un des écrivains majeurs de l'Afrique contemporaine. Ses romans, dont Murambi, le livre des ossements et Doomi Golo, questionnent sans relâche le continent noir. Il vient de contribuer, avec un texte très remarqué, à l'ouvrage Negrophobie (Les Arènes, 2005).

Boubacar Boris Diop est l'un des 40 écrivains invités du Salon du livre de Paris en mars 2006, consacré à la Francophonie.





  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 15 mars 2006

«Nous sommes des crapules et nous le savons.» Le président N'Zo Nikiema a laissé une sorte de journal avant de mourir dans son bunker. Le chef de l'Etat était en fuite, destitué par son compagnon d'hier, le Français Pierre Castaneda. Enfermé dans le sous-sol d'un atelier d'artiste, N'Zo Nikiema a eu le temps de revenir sur son passé, ses exactions, ses espoirs aussi. C'est son chef de la police, le colonel Kroma, qui découve sa dépouille. Au lieu d'annoncer la mort de l'ennemi public, Kroma reste là, fasciné...

Le Sénégalais Boubacar Boris Diop est sans illusions sur l'Afrique et ses dirigeants, qu'ils soient blancs ou noirs, veules ou sanguinaires. Tous se laisseront corrompre et fermeront les yeux sur les assassinats et les vols pour conserver le pouvoir... Boris Diop garde une écriture mesurée, descriptive et lucide...



  • Les premières lignes

«Je ne sais pas ce qu'il a dit avant de mourir.

En me voyant entrer, il a remué les lèvres. Ça a été un mouvement très bref, presque imperceptible. Peut-être m'a-t-il seulement demandé à boire ou de refermer la porte. Cela devait être de toute façon quelque chose de bien banal. L'homme - je le connaissais bien - n'était pas du genre à vouloir s'en aller sur une de ces phrases historiques qui résonnent de génération en génération. Ça, il s'en moquait bien. Je ne pense pas non plus qu'il m'ait reconnu. Sans doute avait-il perdu conscience depuis plusieurs semaines. D'après ce que j'ai compris plus tard, il ne se souvenait plus de rien à cet instant-là, pas même d'avoir été un homme puissant et dont le seul nom semait l'effroi dans les coeurs.

J'ai voulu lui fermer les yeux, mais un réflexe naturel de policier m'en a dissuadé. Un pagne tissé lui couvrait le bas du corps et une courte tunique faso danfani jaune pâle aux larges bandes verticales grises laissait deviner ses flancs maigres et ridés. Ses mains, abandonnées de part et d'autre du lit, semblaient inutiles, comme séparées de son buste. Près de l'oreiller dépassait un petit carré de métal noir. C'était un pistolet automatique. Un 7, 65. Je m'en suis saisi à l'aide d'un mouchoir. Comme je m'y attendais, il était chargé mais n'avait pas servi.

Je me suis un peu reculé pour avoir une vue d'enscmble du corps. L'homme était étendu de tout son long sur le divan du salon, les pieds légèrement écartés et tournés vers la rue. J'appelle cela une rue, mais en réalité c'est un bout de chemin coincé entre des acacias et des manguiers, si étroit qu'on le prend d'abord pour un cul-de-sac ; un petit morceau discret de Jinkoré, qui est lui-même un quartier assez calme. Pendant la guerre civile qui s'était achevée moins de quatre mois plus tôt, le secteur avait été âprement disputé. Les chefs des factions armées - il y en avait beaucoup - étaient convaincus qu'il suffisait de contrôler Jinkoré pour tenir la capitale et donc le reste du pays. C'est pour cela qu'il y a eu ici des combats d'une rare violence et toutes sortes d'atrocités...»


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli