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La déménagerie

Couverture du livre La déménagerie

Auteur : Jean-Loup Trassard

Date de saisie : 17/06/2004

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-07-077107-3

GENCOD : 9782070771073


  • La présentation de l'éditeur

LA PRESENTATION DE L'EDITEUR : En 1941 - donc sous l'Occupation - une famille de cultivateurs, sept enfants, quitte sa petite ferme pour une grande à cent dix kilomètres de là : préparatifs, voyage sur des charrettes, installation... À l'échelle bocagère, une sorte de Ruées vers l'Ouest ! Maître de champs plus vastes, Victor s'augmente lui-même sous les regards d'autres paysans et sa famille ressemble à celle des pionniers, sans que soit perturbée jamais l'entente avec Marguerite. Nous sommes alors au coeur d'une ferme, lieu rarement exploré par la littérature, et les intempéries mémorables se mêlent aux travaux agricoles, tandis que vivement défile toute la vie rurale en cette période troublée, avec nombre de figures villageoises, ou animales, puis les événements de la Libération, et encore le mariage des filles... En fait, ce roman n'est qu'un bavardage, comme autour d'une table lorsque le jour est bas les histoires de ceux qu'on a connus s'appellent l'une l'autre entre les tasses. Ce serait sans fin s'il ne fallait - tiens, la pluie s'arrête - se lever, retourner à l'ouvrage.



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  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur

L'histoire humaine ? Prenez sur la gauche, au fond du jardin. Jean-Loup Trassard y fait pousser les siècles à côté du persil. Après le néolithique, carré qui donna, à la faveur d'un arrosage attentif, le plus beau des romans, «Dormance», Trassard s'est efforcé d'amender un terrain plus acide : les années noires, l'Occupation. Il est vrai que, dans sa chère Mayenne, les deux époques se tiennent... «La Déménagerie», c'est toute la vie du paysan étalée au grand jour. Trassard en décrit les moindres effets avec les soins mêlés du taxidermiste, du sociologue et du paparazzi. Ce sont les huche, balancelle, horloge, buffet, ce sont les semeuse de betteraves, moteur à essence, vannette à ventilation, civière à fumier, brouette à côtés amovibles appelée aussi «bersoule», cuve pour échauder le cochon, moulin à farine, ce sont les pelles, houettes,... Mais ce sont surtout les manières, les gestes, les humeurs et les doutes, tout le matériel d'âme de la petite paysannerie de naguère que Trassard pousse d'un coup d'épaule dans sa charrette à lui, et mène au pas d'une langue merveilleuse, extraordinairement adaptée à la campagne qu'il décrit comme aucun autre écrivain aujourd'hui. Sans oublier les mots de cette humanité rieuse dont Trassard nous rappelle que les expressions pouvaient varier d'un «pays» à l'autre...


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération

Jean-Loup Trassard n'a jamais photographié personne. Voilà plus d'un demi-siècle pourtant qu'il fait des photographies, il publie ses livres d'images, mais il n'a jamais pris personne en photo, politique de la chaise vide, de la terre brûlée, de la terre humide, hâlée de brume, du passé il fait étable rase, jardin désert, il collecte les outils, leur ombre, le manche encore luisant d'une sueur d'homme, il recense les animaux, la trace qu'ils laissent dans le droit des labours, dans la maille des grillages, ou bien la marque du harnais au col, leur puissance soumise à la voix du maître. Mais d'homme, mais de femme, point. Il le regrette, il dit que c'est trop tard, qu'il aurait fallu commencer jadis, du temps que la timidité et le respect des gens l'en empêchèrent, il dit que toutes ces choses de la terre, tous ces gestes de paysans qu'il a vus, connus, compris, et pour la plupart pratiqués, sont perdus. Tous ces cultivateurs sans tracteur peuplent ses livres de mots, il leur tire son chapeau, leur tisse une écriture, mais n'en prend pas de photo... C'est la langue qui fait la manière et la matière de Trassard, une écriture ouvragée en cachette, pesée, tournée et retournée sur le métier, et qui pourtant sourd de la page comme une conversation, comme une nature flagrante, comme un parler d'hier qu'on entend aujourd'hui sans écart, d'une incroyable richesse sous la plume supposée d'un enfant (et que l'on croit pourtant) qui se présente avec la modeste ambition de dire la vie des hommes, et qui entre en nous comme une évidence de littérature. Trassard : «Je suis comme le peintre d'une nature morte, il ne s'intéresse pas à la pomme qu'il reproduit, il ne s'intéresse qu'à la peinture. J'aime et connais ce que je décris, mais ce qui m'intéresse c'est l'écriture.» Pour que nature morte revive sous sa plume.



  • Le bouche à oreille des écrivains

Michel Chaillou - 17/04/2007


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