Auteur : Jean-Marie Rouart
Date de saisie : 04/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-07-076827-1
GENCOD : 9782070768271
En 1935, dans une petite ville du sud des États-Unis, une jeune fille noire a été violée et tuée au cours d'une beuverie par le fils d'un riche notable. Les politiciens, la police, les juges vont tout mettre en oeuvre pour étouffer l'affaire qui risque de compromettre la carrière politique du jeune homme. C'est dans ce contexte de violence sexuelle et de ségrégation raciale que Jim, le héros du livre, devient l'amant d'une jeune Noire, Angela. Leur couple sera la cible de toutes les fureurs et des jalousies qui se déchaînent. Victimes de la réprobation générale, considérés par la société puritaine comme des fauteurs de scandale, porteurs de la malédiction et du péché, Jim et Angela vont être pourchassés. Angela est enfermée dans un bordel et Jim exilé à Boston. Mais rien ne peut arrêter la passion des amants qui contrarient les conventions moralisatrices et racistes de la société sudiste des années trente.
On retrouve dans ce roman de Jean-Marie Rouart les thèmes de ses livres et de ses combats, transposés dans la société américaine puritaine des années trente : la passion amoureuse, la justice, la prostitution, l'hypocrisie sociale et le fanatisme moralisateur.
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Rouart le justicier, Rouart l'académicien en guerre contre les carcans sociaux, le vieux jeune homme jouant les Zorro en habit vert qui défendit la cause perdue du jardinier Omar Raddad, conte aujourd'hui un épisode de la ségrégation dans l'Amérique des années 30. Un viol, suivi d'un meurtre, d'abord : celui d'une jeune femme noire par un membre de la bonne société sudiste. Puis, et en parallèle, l'amour impossible de la belle Angela, Juliette de couleur, et de Jim, Romeo wasp, rejeté par les siens. Ce qui aurait pu n'être qu'un fait divers ou l'argument d'un thriller de John Grisham vire, très vite, à la tragédie...
On ne lâche pas ce récit qu'on dévore en deux heures... Pas de doute : le romancier/justicier a atteint son but.
Il est des romans, nombreux, dont on se dit qu'ils n'en finissent pas, qu'ils auraient eu tout intérêt à être plus courts, plus ramassés ; il en est d'autres, rares, pour lesquels on éprouve le sentiment inverse, regrettant que l'auteur n'ait pas voulu davantage prendre son temps afin de donner au récit sa véritable ampleur. Le Scandale, le dernier roman de Jean-Marie Rouart, appartient à l'évidence à cette deuxième catégorie. Sa lecture sitôt achevée, on se prend à imaginer ce que ce livre aurait pu être si Rouart, tout à son engouement narratif, avait malgré tout décidé de nous emmener dans les entrailles de Norfolk, une petite ville paisible du sud des Etats-Unis.
Norfolk, donc, un gros bourg, sa distillerie, sa scierie et la sage Molly River pour la pêche à la truite. C'est l'été indien. Vivent là des émigrés méthodistes d'origine suédoise auxquels se sont mêlés des Allemands calvinistes et, un peu plus loin, à l'est de la ville, dans un ghetto, des Noirs rassemblés autour de leur église pentecôtiste. Deux populations qui coexistent sans se voir, sans se toucher, avec une apparence d'indifférence...
En à peine vingt pages, le décor est planté, l'intrigue est en place. Tambour battant, les épisodes s'enchaînent, sans laisser place à la moindre respiration. On retrouve là les principaux thèmes des livres de Jean-Marie Rouart : la passion amoureuse, mais aussi l'injustice, la perversion du pouvoir, l'hypocrisie sociale, le racisme...
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