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Le langage de la déesse

Couverture du livre Le langage de la déesse

Auteur : Marija Gimbutas

Traducteur : Valérie Morlot-Duhoux et Camille Chaplain

Date de saisie : 03/03/2006

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France

Prix : 49.00 € / 321.42 F

ISBN : 978-2-7210-0520-5

GENCOD : 9782721005205

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  • La présentation de l'éditeur

Marija Gimbutas (1921-1994), archéologue américaine d'origine lituanienne, Professeure à l'Université de Californie, est l'auteure d'une vingtaine d'ouvrages. Partie de l'archéologie matérielle, elle a progressivement orienté ses travaux vers une «archéomythologie» (procédé interdisciplinaire qui relie l'archéologie, la mythologie comparée et le folklore), appliquée aux cultures «pré-patriarcales» (néolithiques) de l'Europe et, plus particulièrement, du domaine égéen et balkanique. Le langage de la déesse constitue l'aboutissement de ses plus importantes recherches.

«Cet ouvrage a pour objet de présenter l'»écriture» picturale de la religion liée à la Grande Déesse de la vieille Europe, écriture composée de signes, de symboles et d'images des divinités. Telles sont nos sources fondamentales pour reconstruire cette scène pré-historique ; elles sont essentielles à une véritable compréhension de la religion et de la mythologie occidentales. (...) L'étonnante répétition des associations symboliques au cours du temps et dans toute l'Europe sur les poteries, les figurines et autres objets de culte m'a convaincue que nous sommes là devant autre chose que de simples «motifs géométriques» : ces signes appartiennent à un alphabet métaphysique.» M. G.

Presse :

«Comment décrypter la mythologie d'une société sans écriture dont les vestiges se résument à des céramiques, des outils, des objets gravés de motifs géométriques ? En règle générale, les archéologues se gardent bien de se lancer dans des interprétations symboliques, leur tâche principale se bornant à dater et à classer les matériaux retrouvés pour reconstituer des emprunts, tracer les aires culturelles et leurs contacts possibles. M.Gimbutas, elle, a osé transgresser cet interdit. Elle s'est attachée à reconstituer l'univers mental des sociétés de la préhistoire grâce à une démarche nouvelle : l'»archéomythologie».» Sciences Humaines, mars 2006.

«Plus de dix ans après sa mort, le lecteur français peut enfin découvrir l'opus majeur d'une archéologue d'exception. (...) Marija Gimbutas semblait vouée à l'analyse de la culture matérielle (...) quand elle s'essaya au début des années 1970 à une démarche plus spéculative qui bouleversa la perception des panthéons primitifs.» Le Monde, mars 2006.

«Enfin Marija Gimbutas (1921-1994) est rendue accessible à un public français. Les Éditions Des femmes - Antoinette Fouque proposent Le Langage de la Déesse, où l'archéologue américaine, longtemps professeur à l'université de Californie, montre comment, dans l'Europe du néolithique, c'est à la Grande Déesse, symbole de vie et de sacré, que le vieux monde rendait un culte. Une approche originale de cette religion primitive par le biais de l'archéologie, de la mythologie comparative et du folklore.» L'Histoire, février 2006





  • La revue de presse Philippe-Jean Catinchi - Le Monde du 3 mars 2006

Plus de dix ans après sa mort, le lecteur français peut enfin découvrir l'opus majeur d'une archéologue d'exception. Lituanienne exilée aux Etats-Unis où elle professa l'archéologie européenne à l'université de Californie, Marija Gimbutas (1921-1994) eut deux vies. Scientifique attachée à l'étude de sites néolithiques, elle semblait vouée à l'analyse de la culture matérielle - elle a signé en 1956 une somme sur Les Cultures de l'âge du bronze en Europe orientale - quand elle s'essaya au début des années 1970 à une démarche plus spéculative qui bouleversa la perception des panthéons primitifs. De Dieux et déesses de la vieille Europe (1974) au Langage de la déesse (1989), elle imposa la vision d'un monde divin dominé par les figures féminines, déités vénérées dans le premier monde agraire, finalement peut-être confondues en une entité unique, cette Grande Déesse, figure cosmogonique créatrice du monde.



  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Jean Guilaine Professeur au Collège de France :

Le Langage de la déesse constitue indiscutablement l'ouvrage majeur de Marija Gimbutas. Curieux itinéraire en fait que celui de cette archéologue d'origine lituanienne, exilée aux États-Unis et devenue professeur d'archéologie européenne à l'Université de Californie (Los Angeles). Femme de terrain, appliquée à l'étude d'établissements néolithiques renommés -Anza, en Macédoine, Sitagroi et Achilleion en Grèce, Scaloria en Italie -, auteure de synthèses appréciées dont une somme monumentale sur les Cultures de l'Âge du bronze en Europe orientale (1956), Marija Gimbutas a eu longtemps le profil, classique, de l'archéologue tournée vers l'étude de la culture matérielle. Jusqu'au jour où, en 1974, tentée par une démarche plus spéculative, elle fit paraître un ouvrage détonant par son sujet et la façon de l'aborder : Dieux et déesses de la Vieille Europe. Mythes, légendes et iconographie cultuelle. Elle y campait une sorte de panthéon féminin, émergé d'un substrat paléolithique autochtone, fondé sur trois déités vénérées par les populations agraires de la «Vieille Europe», concept géo-culturel recouvrant, du Péloponnèse à l'Ukraine, de la Thrace à l'Autriche et à la péninsule italienne, le premier espace de notre continent ayant basculé dans la nouvelle économie de production. Ce livre était en fait le maillon initial d'une production intellectuelle dont, quelques années après, le Langage de la déesse allait constituer le prolongement et le point d'orgue. Entre temps, la réflexion s'est aiguisée, a évolué, les diverses divinités identifiées se sont fondues dans une entité unique, la Grande Déesse, conçue comme une sorte de figure cosmogonique, créatrice du monde, symbole de l'unité de la nature, patronne de la régénération vitale et de l'incessant renouveau.

Puisant son essence dans la tradition paléolithique, riche en symboles et bercée de Vénus, la Grande Déesse affermira son culte tout au long du Néolithique et, le cadre d'étude s'étant élargi, sur l'ensemble du continent européen. Et Marija Gimbutas de s'attacher à retrouver l'ambiance cultuelle, les rites, les croyances des communautés agraires qui se sont épanouies entre le VII et le IVe millénaire avant notre ère. L'approche épistémologique repose à la fois sur l'archéologie, qui livre le fonds documentaire, mais aussi sur la mythologie comparée et l'ethnographie. L'interdisciplinarité qui inspire la démarche débouche sur une «archéomythologie», aux va-et-vient constants entre Néolithique, Antiquité, Moyen Âge, Temps modernes et contemporains.


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