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Les femmes et la vie ordinaire

Couverture du livre Les femmes et la vie ordinaire

Auteur : Christopher Lasch

Préface : Elisabeth Lasch-Quinn

Traducteur : Christophe Rosson

Date de saisie : 18/08/2006

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Climats, Paris, France

Collection : Essais

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-08-210545-3

GENCOD : 9782082105453


  • La présentation de l'éditeur

La rationalisation de la vie quotidienne en Occident a profondément bouleversé nos conceptions de l'amour, du mariage et du féminisme. L'intrusion des professionnels de l'assistanat dans la sphère intime a précipité la famille dans une situation de dépendance, où son horizon imaginatif et affectif s'est considérablement rétréci. Les techniques ésotériques en sont venues à remplacer les habitudes et les coutumes. La mentalité thérapeutique a ainsi ouvert la voie à un paternalisme d'un type nouveau, celui de l'Etat libéral, qui n'est pas plus désirable que l'ancienne tradition du patriarcat.


Né en 1932 et décédé en 1994, Christopher Lasch est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Révolte des Elites et la Trahison de la Démocratie, La Culture du narcissisme et Le Seul et Vrai Paradis (Champs-Flammarion, 2006). Il reste l'un des analystes les plus lucides des évolutions du capitalisme moderne.



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  • La revue de presse Paul Yonnet - L'Express du 27 avril 2006

Christopher Lasch démontre que le statut de «femme au foyer» constitue non pas un asservissement, mais une étape de l'émancipation.

La spécialisation des femmes dans les affaires du foyer - la «domesticité» - est souvent considérée comme le stade suprême de leur aliénation, le moment où leur mise à l'écart de la société marchande, gouvernée par les hommes, a atteint un paroxysme. Dans son ultime recueil d'essais, l'historien américain Christopher Lasch, disparu en 1994, montre qu'il n'en est rien : cette spécialisation résulte d'un refus de la «dispense de travail» des femmes de l'aristocratie, d'un «mépris de la vie chic», du rejet de la «condition décorative», qui faisait des cours royales des marchés à courtisanes... La spécialisation des femmes dans la «domesticité», qui débouche sur le phénomène de la «femme au foyer», représente non pas une régression, mais un moment du passage de l'ère de la représentation et de l'inutilité spectaculaire à un statut à forte responsabilité...


  • La revue de presse Marc Riglet - Lire, mai 2006

Christopher Lasch, trop tôt disparu en 1994, est un auteur américain particulièrement attachant. Sa réputation, longtemps contenue à un cercle de happy few, s'étend heureusement aujourd'hui à un public plus large, curieux de découvrir les richesses insoupçonnées du débat intellectuel américain... Chistopher Lasch incarne les valeurs de l'érudition, la résistance aux modes, le goût de la discussion, la croyance, enfin, en un monde meilleur qui peut encore nous sauver du «meilleur des mondes»... Dès lors que l'on veut bien plonger au plus profond de l'histoire culturelle, et, par exemple, relire le Roman de la rose ou Shakespeare, Christopher Lasch nous convainc que les rôles et les statuts de la femme ne sauraient se réduire à l'interminable chronique d'une oppression patriarcale permanente. Dans le même ordre d'idées, il est utile de s'aviser que la «fameuse famille traditionnelle, au sein de laquelle le mari part travailler tandis que la femme reste à la maison avec les enfants, n'a rien de traditionnel. C'est une invention du milieu du XXe siècle»...


  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 20 avril 2006

Difficile de situer Christopher Lasch (1932-1994), un penseur qui fut à la fois l'ennemi de toute forme d'oppression totalitaire et un esprit critique débarrassé des illusions progressistes à l'origine de la déréliction de l'homme moderne. Le philosophe américain échappe à toute tentative de classification. Trop réactionnaire pour les uns, trop marxisant pour les autres, cet héritier de l'École de Francfort a nourri un courant de pensée qu'aux États-Unis on appelle le «populisme»... Dans Les Femmes et la vie ordinaire, Christopher Lasch examine l'esprit du mariage et son destin sur une longue période, remontant à l'amour courtois comme Denis de Rougement avant lui. Des temps héroïques et poétiques à l'âge de la rationalité, de la première «querelle des femmes» à la famille postmoderne, Lasch observe de quelle manière l'Occident a imposé une idée du mariage fondée à la fois sur l'attirance sexuelle et sur le respect mutuel.

Cette appréciation positive et «bourgeoise» de l'amour conjugal doit autant aux luttes des femmes qu'au christianisme, qui a «barré la route aux influences platonisantes et gnosticisantes». Dans une seconde partie intitulée «Du patriarcat au néopaternalisme», Christopher Lasch observe de quelle manière cette conception occidentale du mariage s'est délitée sous les coups de boutoir du néocapitalisme libertaire...


  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 3 mars 2006

Il y a quelque bravoure à être un vieux féministe. Parmi les éléments classiques du répertoire progressiste, en effet, cet engagement est sans doute le plus fragile ; le plus susceptible, aussi, de tourner à la détestation. Fouillez les mémoires d'"ex", interrogez tel ou tel desperado du gauchisme : c'est souvent la prise de distance avec les luttes d'émancipation des femmes qui a inauguré leur rupture avec les idéaux d'émancipation tout court.

De cette trajectoire banale, les exemples sont légion. Ils ne sont pas tous d'intérêt égal : si beaucoup d'anciens féministes ont fini en VRP de la misogynie, d'autres ont fait de leur désenchantement l'outil d'une sombre lucidité. Parmi ces derniers, il faut faire un sort particulier à Christopher Lasch. Formé à l'école du marxisme, l'historien américain, mort en 1994, a laissé une oeuvre originale, intuitive, où se trouvent méthodiquement ruinées, une à une, les illusions du progrès. Là encore, c'est par les femmes que le doute est né : "Ma propre confiance dans le pouvoir des vieilles idéologies commença à vaciller au milieu des années soixante-dix, moment où mon étude de la famille me poussa à questionner le programme de la gauche en faveur de la libération sexuelle, de l'accès des femmes au monde du travail et de l'assistanat public", confiait-il dans son dernier livre, Le Seul et Vrai Paradis, paru en 1991, et dont la traduction française vient d'être rééditée en poche...


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