Auteur : Christine Ockrent | Sandrine Treiner
Préface : Françoise Gaspard
Date de saisie : 24/08/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : XO, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-84563-200-4
GENCOD : 9782845632004
«Les femmes sont leur propre espoir, elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour changer la société. Chaque fois que nous faisons progresser nos droits à toutes, l'humanité fait un pas vers un monde plus juste. A travers ce livre, cette photographie de la condition des femmes aujourd'hui, chacune d'entre nous a l'occasion d'apprendre ce qu'elle ignore, de découvrir ce qu'elle ne peut pas ou ne veut pas voir, et de participer au combat pour un monde meilleur.» Christine Ockrent
Le Livre noir de la condition des femmes nous offre, pour la première fois, la photographie de la condition des femmes dans le monde, aujourd'hui.
En préambule de sa Déclaration de 1993, l'ONU proclame l'urgence de l'application aux femmes des droits et principes du genre humain : SECURITE, INTEGRITE, LIBERTE, DIGNITE, EGALITE. Cinq mots pour résumer ce qui devrait être garanti aux femmes, en ce début de troisième millénaire.
C'est autour de ces mots que Christine Ockrent et Sandrine Treiner ont sélectionné des sujets dont elles ont confié le développement (sous forme d'articles, d'analyses transversales, de reportages mais aussi de portraits d'hommes et de femmes opérant sur le terrain) à quarante auteurs - experts mondialement connus, chercheurs, praticien, militants, journalistes, venus de tous les horizons. Dans cette recherche, elles ont bénéficié du concours de Françoise Gaspard, sociologue à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, qui représente la France au Comité CEDAW des Nations Unies, dont le rôle est de surveiller l'application de la Convention contre toutes les discriminations à l'égard des femmes. C'est ainsi que pendant deux ans, autour de leur trio, s'est constituée une communauté de travail internationale, passionnée, enthousiaste.
Comment et pourquoi les femmes sont-elles mutilées, enfermées, déplacées, négociées, marchandées, souvent avec la complicité tacite des Etats, même démocratiques ? Comment peut-il manquer quatre-vingt-dix millions de femmes en Asie ? Est-ce un hasard si le SIDA en Afrique tue aujourd'hui plus de femmes que d'hommes ? Pourquoi, en matière de viol et de violences conjugales, privilégie-t-on les explications culturelles ou religieuses dans les pays du Sud pour préférer les causes d'ordre psychologique et individuel dans les pays du Nord ? Pourquoi les femmes sont-elles d'avantage brutalisées lorsqu'elles sont instruites et qu'elles accèdent à l'autonomie ? Pourquoi, partout, les femmes sont-elles les plus pauvres d'entre les pauvres... ?
Autant de questions et de réponses possibles apportées dans cet ouvrage essentiel dont la lecture, à la fois bouleversante et édifiante, ne laissera personne indemne mais qui, au contraire, confortera chacun (chacune) dans une certitude : il faut faire du combat pour les femmes une affaire personnelle.
On peut ne pas aimer le titre de cet ouvrage, s'étonner de voir évoquer la «condition des femmes», expression tombée en désuétude depuis le triomphe du genre. On aurait tort : ce livre est une véritable étude des violences, offenses, insultes, discriminations faites aux femmes dans le monde entier, menée au travers de témoignages de celles qui subissent, mais aussi résistent et se révoltent, et d'analyses de spécialistes, universitaires et acteurs de terrain. Si avoir entremêlé ces textes de nature différente mais de sujets semblables conduit parfois à des redites, ce choix a la vertu de respecter la parole des femmes, de ne pas se contenter, comme c'est si souvent le cas, de parler à leur place, et d'aussitôt, grâce aux grilles de lecture proposées par les intervenant (e) s de sortir ces violences (viol, lapidation, excision, prostitution, exploitation...) du récit brut, cru, âpre, réaliste et donc dénonciateur en soi, pour en comprendre l'origine et le sens...
A travers ces cinq thèmes qui structurent l'ouvrage, se mesure l'écart entre les grands principes et les faits, se pose l'urgence de comprendre le délitement des rapports de sexes qui aboutit à une appropriation du corps des femmes et au déni de leur être. Les articles établissent la destruction du lien social par la guerre, le chômage, la misère, et relient donc crise d'identité masculine et violence faite aux femmes. On s'interroge sur la raison première de ce rôle de bouc émissaire, tenu par les femmes, parfois admis par certaines. La haine du féminin se lit souvent dans les injures et les discriminations, n'est-elle que l'expression de la haine de l'Autre ou peut-on, dans les cas les plus extrêmes, parler de «féminicide» ? Les meurtres de 1.500 femmes au Guatemala, dont les assassins jouissent de l'impunité, tout comme ceux du San Salvador ou du Mexique, portent à le faire. La disparition ou le meurtre de jeunes filles entre 13 et 21 ans font de la ville mexicaine de Ciudad Juarèz la capitale du féminicide. Celui-ci est défini par la sociologue Julia Monarrez Fragaso comme «l'assassinat misogyne de femmes par des hommes. Un phénomène social lié au système du patriarcat dans lequel les femmes sont prédisposées à être tuées, soit parce qu'elles sont des femmes, soit parce qu'elles ne le sont pas de la bonne manière».
... Mené par la journaliste Christine Ockrent, avec Sandrine Treiner, Le Livre noir de la condition des femmes (XO éditions) rappelle utilement que l'irrésistible lame de fond en faveur de l'égalité des sexes qui balaie ces temps-ci les archaïsmes des pays occidentaux est loin d'être la norme... «Ce livre n'est pas un cahier de doléances, écrit Christine Ockrent, mais tout au contraire l'expression d'une détermination.» Un hymne aux bagarreuses.
Qu'y a-t-il de commun entre une Africaine qui risque l'excision dès ses premières années, une Koweïtienne qui vient tout juste d'obtenir le droit de vote, une Irlandaise qui n'a pas droit à l'avortement et une Pakistanaise menacée de mariage forcé ? Toutes sont femmes, ce qui les expose, dans l'immense majorité des pays du monde, aux violences et à la discrimination. "La subordination des femmes plonge ses racines dans la nuit des temps, écrit Françoise Gaspard dans la postface du Livre noir de la condition des femmes. Longtemps, elle a été occultée. Pis encore, elle a été expliquée, confortée, justifiée par une longue lignée de penseurs, des philosophes notamment."
Dès l'introduction, Le Livre noir de la condition des femmes invoque le préambule de la déclaration de 1993 des Nations unies sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, qui est construit autour de cinq mots : sécurité, intégrité, liberté, dignité, égalité. "Cinq mots fondamentaux et universels pour décliner tout ce qui fait encore défaut à tant de femmes en ce début de troisième millénaire", écrit Sandrine Treiner, qui a coordonné l'ouvrage.
Autour de ces "cinq mots simples et magnifiques", Le Livre noir rassemble quarante contributions de chercheurs, de militants et de journalistes sur la condition des femmes dans le monde...
Dans la préface de ce long voyage au pays des inégalités, Christine Ockrent proclame son attachement aux valeurs universalistes...
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