Auteur : Dirigé par Penny Starfield
Date de saisie : 27/02/2006
Genre : Cinéma, Télévision
Editeur : C. Corlet, Condé-sur-Noireau, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-84706-122-2
GENCOD : 9782847061222
La lumière et le masque parcourent le cinéma depuis ses origines et lui donnent forme par leur apport technique. S'y ajoute un éventail de thématiques que des cinéastes d'origines diverses - de Flaherty, Murneau, Eisenstein à Greenaway, Kubrick ou Spike Lee - de la comédie italienne au film d'horreur, ont élaboré chacun à leur manière. Par l'association de ces deux termes, la dichotomie entre naturel et artifice disparaît au profit d'échanges constants. Les auteurs ont abordé soit cette thématique du masque à l'italienne, du masque fantastique, voire du travestissement soit les aspects techniques et esthétiques de la lumière au cinéma.
Entretiens et table ronde avec des directeurs de la photographie et maquilleur clôturent l'ensemble.
Extrait du préambule de Penny Starfield :
«Le couple «masque et lumière» illustre les deux faces du cinéma telles qu'elles apparaissent chez Georges Méliès et les frères Lumière. Mais, de la même manière que ces fondateurs ne se rangent entièrement ni du côté du documentaire, ni du côté de l'artifice, ces deux termes ne se posent pas nécessairement en opposition. Ils traversent le cinéma et l'informent par leur apport technique, par leur plasticité, ou par les thématiques qu'ils soulèvent. L'histoire de l'invention du cinéma contient toute la magie d'un conte de fées les rencontres entre inventeurs, les progrès techniques successifs, mais quelque chose résiste toujours à la nécessité de faire dérouler les images les unes après les autres. Puis l'éclair, l'eurêka propre à toute invention scientifique : Louis Lumière a l'heureuse idée d'adapter l'entraînement de la bobine d'une machine à coudre à celle de la pellicule.
Deux plans tirés de films des frères Lumière illustrent l'attention portée à la lumière, à la composition et au masquage à l'intérieur du plan dès 1895. Dans La sortie des usines Lumière, l'écran est divisé en deux, montrant un bâtiment clair du côté gauche et un hangar sombre du côté droit, contraste qui permet de créer de la dimensionnalité. A gauche, le champ est réduit par la clarté de l'immeuble ; c'est à droite, dans l'obscurité percée de lumière que se trouve la profondeur de champ. C'est comme si les ouvriers sortaient d'un antre noir et se précipitaient vers la lumière. Dans Le débarquement des congressistes à Neuville, l'effet de profondeur sera l'oeuvre de la lumière : le champ se trouve restreint par divers édifices, comme le pont à droite, qui masque les éléments derrière. Une clarté entrevue de l'autre côté du pont permet de créer de la profondeur. Et les savants barbus qui débarquent avec leurs femmes apparaissent presque aussi déguisés que ceux du Voyage dans la lune de Méliès (1902). Par son cadrage, le plan est déjà masque, présentant un découpage de la réalité ; par sa composition il permet de cacher ou de mettre en relief des parties de la scène filmée...»
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