Auteur : Julian Barnes
Traducteur : Jean-Pierre Aoustin
Date de saisie : 26/02/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Mercure de France, Paris, France
Collection : Bibliothèque étrangère
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7152-2518-3
GENCOD : 9782715225183
Il y a un âge qui donne aux plus agnostiques des hommes la foi en une vie éternelle. A cet âge-là, regarder vers l'avenir est devenu aussi hasardeux que gravir les marches d'un escalier. Le «palpitant» ne palpite plus, et l'on se demande pourquoi sa femme s'est coupé les cheveux aussi courts que la pelouse. La vieillesse se pose des questions qui font sourire la jeunesse. Voilà pourquoi elle aime s'asseoir à la «table citron», où il est permis de parler d'un sujet tabou dans les maisons de retraite et les déjeuners de famille : la mort.
Que le lecteur se rassure, les personnages des nouvelles de Julian Barnes ont beau dresser la liste des avantages du trépas et échafauder des plans pour la dispersion de leurs cendres, ils sont bien vivants. Et s'accrochent à l'existence avec ténacité et insolence... Chez Julian Barnes, l'impertinence et la dérision sont le revers d'une intense compassion pour ses personnages. Nostalgiques d'une vie qui aurait pu être merveilleuse «si seulement...»,...
Pus anglais que les Bishop, tu meurs. Dorothy et Stanley, nés en 1920, ont grandi dans les Midlands, se sont rencontrés sur l'île de Wight et coulent des jours paisibles dans un village fleuri, à la frontière de l'Essex et du Suffolk. Chez les Bishop, qui ont deux enfants, on mange du porridge, on roule en Morris Minor, on aime le cricket et le snooker, on joue au Scrabble en buvant du thé, on prend soin du jardin sur lequel un filet a été tendu afin d'en interdire l'accès aux oiseaux, et papa fume la pipe. La mère dirige la maison d'une main de fer, façon That-cher. Son mari l'appelle d'ailleurs «le Gouvernement». Il y échappe pour aller faire, chaque mercredi, un billard au club de la British Legion. Une existence cosy, qui soudain s'écroule. Le fils Bishop raconte. Il apprend que ses parents, âgés de 80 ans, ont décidé de divorcer. Que sa mère frappait son père avec des objets contondants. Et que son père a une maîtresse de 65 ans, chez laquelle il veut s'installer. Du Barnes, pur malt. Un mélange alcoolisé d'élégance et de méchanceté. La tristesse flaubertienne en prime.
«La Cage à fruits» est l'une des onze nouvelles qui composent cet âcre recueil d'amours manquées où la vieillesse trépigne et se moque des usages...
Julian Barnes est un mélancolique gai, un pessimiste insolent. Même la mort, symbolisée en Chine par le citron, il la nargue... Nous, c'est au chaud qu'on savoure les nouvelles du brillantissime Julian Barnes. Elles aident à passer l'hiver.
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