Auteur : Jean-Pierre Cascarino
Traducteur : Traduit du français par Marco Cipollini
Date de saisie : 10/04/2008
Genre : Poésie
Editeur : Edizioni ETS, Pise - Italie, France
Collection : Edition bilingue français-italien
Prix : 8.00 € / 52.48 F
ISBN : 978-2-84109-602-2
GENCOD : 9782841096022
Les textes qui composent Suite Toscane, pour nombre d'entre eux, sont parus en France dans diverses revues (Digraphe, Vagabondages, Triangle, Europe etc.) mais je n'avais pas vraiment songé à les rassembler jusqu'à ce que je rencontre Marco Cipollini, un poète des environs de Florence. Il a fallu son amicale obstination à les traduire et à les publier pour que «renaisse» cet ensemble. Du coup, cette «première» édition est publiée d'emblée en version bilingue (français et italien) par les éditions ETS à Pise en Italie et distribuée en France par les éditions Le Temps des Cerises.
Suite Toscane emprunte en partie son titre à une forme musicale qui s'exprime à travers des thèmes perceptibles jouant à la fois de la variation, de la combinaison voire de l'improvisation. Ainsi des lieux, à un moment donné, entrent en «résonance» avec des lectures de poètes, des souvenirs imprévus, des sensations premières - sorte de «mémoire cosmique» pour reprendre l'expression de Gaston Bachelard - seule la poésie peut tenter de «saisir» cet éphémère, ces «passages» et, d'une certaine façon, donner corps à ces sédiments de l'instant, multiples voix (es) d'une mémoire polyphonique.
Jean-Pierre Cascarino
j'approche le soir dans l'oubli
la direction d'un vent fragile
comme l'étreinte d'une mélodie
mais le silence des arbres
l'étrave feuillue de la nuit
signent mon ignorance.
mi accosto la sera nell'oblio
alla frale direzione del vento
come abbracciato da una melodia
ma il silenzio degli alberi
la prora tutta fronde della notte
sigillano la mia stupefazione.
Edition bilingue français-italien.
Postface de l'auteur :
Je ne peux concevoir de poésie qu'en termes d'ébauche, de mouvement, de métamorphose, de désir, bref d'instabilité. Les poèmes, ces objets que le poète crée et qui dans le même temps l'inventent ne me semblent fondamentalement rien d'autre qu'un pari désespéré sur la permanence de ce désir d'invention et de cet échange avec l'incertitude qui le fonde.
Le poète renaît sans cesse de ses poèmes et n'existe que dans ce mouvement perpétuel qui le pousse à se chercher dans des questions sans réponse : il «aspire, selon la formule d'Octavio Paz, à l'être qui change, non au salut du moi».
Comment aujourd'hui, à quelques années de distance, puis-je re-saisir la démarche de cet ensemble ? Une chose est certaine et je t'en suis redevable, cette relecture, imposée par ton travail de traduction a constitué une sorte de re-création d'autant que, si proche de la langue de traduction, j'ai dû me rendre à l'évidence : elle «passe» d'autant mieux que le texte original est «exact» ou, comme dirait un tailleur, «qu'il tombe bien». Là où la traduction «résiste», c'est souvent le signe d'un manque «d'ajustement» du texte original.
(...)
Cet ensemble, pour autant que je puisse le décrire, renvoie donc à une expérience limitée dans le temps et l'espace - une sorte d'entrelacement entre les vibrations particulières des poètes qui pouvaient m'habiter alors, un espace physique singulier où la «nature» renvoie à la main humaine qui l'a façonnée et des histoires personnelles, la remontée du temps de certaines époques. Comme le souligne J.-M. Maulpoix à propos des relations entre le poète et certains lieux, «Chacun de ces lieux cristallise une posture affective ou mentale, constitue un point de départ ou d'arrivée, une source, un ressourcement, un terrain d'exercice, un carrefour, une orée, un seuil...
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