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La muraille sainte d'Omale

Couverture du livre La muraille sainte d'Omale

Auteur : Laurent Genefort

Date de saisie : 22/02/2006

Genre : Science-fiction, Fantastique

Editeur : J'ai lu, Paris, France

Collection : J'ai lu. Science-fiction, n° 7877

Prix : 7.00 € / 45.92 F

ISBN : 978-2-290-33495-9

GENCOD : 9782290334959

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Pendant seize siècles, la guerre a fait rage entre les trois espèces qui peuplent la surface intérieure d'Omale - Humains, Chiles et Hodgqins. Aujourd'hui, la paix est revenue mais un nouveau danger se profile : la Muraille Sainte, un édifice immense érigé mille ans plus tôt par des religieux refusant tout contact avec les Hodgqins et les Chiles, a été abattue. Et voici que des centaines de millions de fuyards se répandent dans tout le territoire, bouleversant l'équilibre précaire de la paix. Une expédition menée par Haka, un physicien chile, va devoir se rendre là où aucun Chile, aucun Hodgqin ni aucun Humain de l'extérieur ne s'est jamais aventuré...

Laurent Genefortest né en 1968. Fils spirituel des grands écrivains de space opera (au premier rang desquels Stefan Wul), il a publié près de trente romans et s'est vite fait remarquer pour son talent de créateur de mondes et sa verve d'ethnologue découvreur de civilisations extraterrestres. Il consacre aujourd'hui tout son talent à l'édification de l'univers d'Omale ainsi qu'à une série de fantasy pour la jeunesse.





  • Les premières lignes

«Haka se tenait dans le poste de commandement du dirigeable, aux côtés du capitaine Teriselaïr et des deux représentants humain et hodgqin de l'expédition. L'orage faisait tanguer le plancher, et le vacarme des éléments déchaînés emplissait le poste. Tous se cramponnaient aux barres d'appui coudées saillant des parois. Derrière les hublots, d'épais rideaux de pluie occultaient le paysage. Sans les instruments, il aurait été impossible de savoir à quelle altitude ils évoluaient, car plus rien n'était visible au-delà de ce mur gris-noir zébré d'éclairs. Le capitaine hurlait des ordres dans le jargon des aérostiers, par l'intermédiaire des lignes radio, aux postes de manoeuvre.

Haka aperçut Mariand, le représentant humain, ses petits doigts blanchis agrippant une barre. La figure livide et contractée, l'archéologue mâchonnait une grosse pipe fichée au coin des lèvres ; elle devait être trop lourde car le bout de ses dents jaunies était ébréché. Haka était toujours fasciné par les bouches humaines, si molles et préhensiles ; c'était surtout à cause d'elles qu'il aimait contempler leurs visages.

L'homme adressa une remarque à Lietweel'TiersdeDo mas, son homologue hodgqin. Celui-ci se tenait à son côté, ses bras antérieurs et médians repliés sur son torse étroit. Haka saisit une bribe de phrase:

- Et dire que je me plaignais du tangage !...

Lietweel était un ajkidje, un Hodgqin qui avait dû renoncer à parler sa propre langue pour apprendre une langue étrangère. La conformation psychique de cette reh n'autorisait pas la coexistence de deux langues. II arborait les crêtes crâniennes des tuteurs, le troisième sexe des Hodgqins. Haka s'apprêtait à l'apostropher lorsqu'un éclair perça la nuée à moins de cent lisks, aveuglant à demi ses taches oculaires. La déchirure n'était pas refermée qu'un coup de tonnerre ébranla les profondeurs du dirigeable.

Haka s'approcha du capitaine. Teriselaïr était une Chile de cinquante-cinq ans. Elle mesurait deux mètres quarante, et portait sur les flancs les stigmates de plusieurs grossesses menées à terme. Ses traits étaient agréablement asymétriques. Jadis, Haka avait postulé pour devenir géniteur, mais elle avait refusé, lui préférant un diplomate de Loplad. C'était bien avant qu'il devienne chef d'expédition, et il se plaisait à croire que, maintenant, elle ne dirait pas non s'il se présentait à nouveau. Ce qu'il ferait sans doute une fois la mission achevée, d'ici un an ou deux.

Ainsi que le stipulait la convention, il s'adressa à Teriselaïr dans la langue humaine la plus répandue, et non en bas-chue :

- Avez-vous déjà affronté un orage aussi violent, capitaine ?

- De toute ma vie, jamais ! C'est incompréhensible, il n'y a pas de chaîne montagneuse ni de Lac à proximité. C'est comme si quelque chose attirait les éclairs...

- Qu'entendez-vous par là ?

- Peu importe. Il faut remonter, la densité d'éclairs est trop forte. Nous risquons d'être foudroyés...»


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