Auteur : Marc Lambron
Date de saisie : 26/08/2004
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-246-67381-1
GENCOD : 9782246673811
LA PRESENTATION DE L'EDITEUR : L'auteur laisse tomber ici le masque qu'il portait encore dans ses fictions "historiques" pour se dévoiler à travers les scènes fondatrices de ce roman des origines : son "Age d'homme". Il lui a fallu pour cela se diviser en une trinité de personnages, Karine, Claire et Pierre, camarades en 1975 de la même hypokhâgne au Lycée du Parc à Lyon. Sur la photo de classe, Claire avait les cheveux teints au henné et portait des jupes gitanes. Karine, surnommée "la reine de glace" pour sa froideur d'apparence et son côté "Botticelli blafard", rêvait à la chaleur artificielle des défilés de mode. Pierre cachait sous la nonchalance du dandy les ambitions d'un technocrate cultivé. La vie les a séparés mais trente ans après ils se retrouvent, nostalgiques, dans les jardins de l'Observatoire. Trente ans de mensonges ? "Nous ne sommes pas des personnages de roman, mais des personnages de mémoires." Nous allons les suivre par les récits autobiographiques entrecroisés, intimes, ironiques, à fleur de nerfs, qu'ils font de leur existence passée : une chronique sur le vif. Nous allons vivre avec eux la désillusion d'une génération d'hommes et de femmes qui commencèrent leurs études sous la férule des structuralistes pour connaître leur maturité sous l'oeil de la télé-réalité. L'université et la presse, la mode et la politique, la télévision et le sexe : dérives et icônes décrites avec une drôlerie de trait dont Marc Lambron a le génie. Comment on a basculé d'Althusser à Elodie Gossuin. Comment on a milité sur le campus de Berkeley, dérivé à Madrid pendant la Movida, suivi les cours de Foucault, pour finir floués sous Messier. Comment le Dieu-Langage fut converti au Roi-Dollar. Elle est loin, la révolution...
Marc Lambron né en 1957 à Lyon, chroniqueur au Point et au Figaro Madame, est l'auteur, entre autres, de L'oeil du silence (Flammarion, 1993, Prix Fémina), et chez Grasset de 1941 (1997), Etrangers dans la nuit (2001), Carnet de Bal (2003).
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... Le livre ouvre sur les retrouvailles de trois personnages, Karine, Claire et Pierre, qui se sont connus en khâgne, à Lyon, en 1975. Ils se sont croisés, ils se sont aimés, ils se sont quittés. Et Lambron leur donne la parole. Claire, cheveux teints au henné, jupes gitanes, «un séminaire poststructuraliste à la place du coeur», a filé en 1982 à Berkeley avant de devenir une mère et une prof rattrapée par la réalité du quotidien. Karine, alias «la reine de glace», a traversé la Movida en Espagne puis, renonçant à se marier, est devenue une journaliste de mode, une «collabo de la vie» papillonnant d'homme en homme. Quant à Pierre, il a quitté Normale sup et les soirées du Palace pour jouer les dandys cultivés dans les allées du pouvoir... En chroniqueur talentueux, Lambron a le chic pour flairer l'air des temps, balançant au passage ses coups de coeur, ses coups de blues. Et ses coups de patte. Ironique... Malgré le constat doux-amer, son musée des erreurs est réjouissant, sautillant, avec un lot de people choisis: Alain Robbe-Grillet et Alain Pacadis, Naomi Campbell et Jean-Marie Messier, Nicolas Sarkozy et Bertrand Cantat... «Nous ne sommes pas des personnages de roman, mais des personnages de mémoires», déplore Claire dans Les Menteurs. C'est peut-être le problème de ce livre presque trop brillant, qui fait le tour d'une époque sans vraiment faire le tour d'un homme...
Cela faisait longtemps qu'on attendait de Marc Lambron, doué pour peindre à fresque, qu'il écrivît enfin le roman de sa génération bancroche. Celle qui, née sous Guy Mollet, vécut Mai-68 comme une longue récréation, eut 20 ans sous Giscard et n'assista ensuite à la chute des murs, des blocs, des idéologies qu'à travers la télévision en direct et le déferlement du tout-info. Il se trouve que cette génération est aussi la nôtre. D'où le trouble qu'on éprouve à lire Lambron ; on a parfois l'impression de se relire. C'est moins de solitude.
Tout commence par une photo de classe... Pas de haine vaine dans «les Menteurs» ni de pesante nostalgie. Voici, au contraire, la chronique légère d'un long désenchantement, rehaussée par une belle langue de moraliste que bousculent, au coin des pages, des accords de rock. Pour montrer comment ces Trente Glorieuses sont tombées au champ du déshonneur, il fallait bien un émule de Vauvenargues ayant grandi avec les Who.
Marc Lambron, prix Fémina pour «L'oeil du silence», critique littéraire au Point et conseiller d'Etat, a toujours aimé à la fois les vies d'aventures et la chronique du temps passé. Tout vient des origines. L'homme a réussi Normale sup, l'agrégation de lettres et l'Ena. La découverte du romanesque, l'apprentissage du politique. La pratique de l'un et de l'autre. Les eaux mêlées du pouvoir et de l'imaginaire. Le tout fait la richesse de Lambron, qui aime et sait se placer en guetteur attentif à la croisée de la grande et de la petite histoire... L'emplacement du carrefour, c'est le XXe siècle. Une époque que ses précédents romans tentaient avec succès de feuilleter, de comprendre à travers des héros flamboyants. Au bras de ses personnages, on parcourait les arcanes de Vichy dans «1941», on regardait sous les jupes des filles des années 60 dans «Etrangers dans la nuit», on photographiait les années 20 et plus en compagnie de Lee Miller dans «L'oeil du silence». Lambron écrivait ses histoires en adepte d'une tradition de style à la française et de nouveau journalisme américain. Mi-Morand mi-Mailer. On l'a dit, l'homme a le goût des cocktails... C'est l'histoire de Claire, de Karine et de Pierre. Une histoire à trois voies et à mille visages qui échappe, Dieu merci, aux sirènes de cette autofiction qui a dévasté le paysage littéraire français des années 2000. Lambron a le goût du romanesque, et celui de l'épique et celui du beau geste. Le dernier quart du XXe siècle, ce temps qui nous semble si gris, si fade, si silencieux, il va en peindre la fresque, lui donner de la saveur et le mettre en musique. «Les menteurs» est avant tout le roman d'une époque, celle de la parenthèse désenchantée... La force de l'auteur, on a envie de dire du réalisateur, est de savoir monter et démonter les décors changeant des années, de 1980 à cette fin de siècle, d'avoir su incarner les personnages - si bien qu'on a l'impression d'avoir déjà croisé, aimé ou détesté une Karine, une Claire, deux ou trois Pierre -, d'avoir soigné l'image avec un style très écrit, d'avoir toujours évité les clichés... En toile de fond, l'auteur entrecroise et démêle les infortunes et les bonheurs amoureux...
L'auteur laisse tomber ici le masque qu'il portait encore dans ses fictions "historiques" pour se dévoiler à travers les scènes fondatrices de ce roman des origines : son "Age d'homme". Il lui a fallu pour cela se diviser en une trinité de personnages, Karine, Claire et Pierre, camarades en 1975 de la même hypokhâgne au Lycée du Parc à Lyon. Sur la photo de classe, Claire avait les cheveux teints au henné et portait des jupes gitanes. Karine, surnommée "la reine de glace" pour sa froideur d'apparence et son côté "Botticelli blafard", rêvait à la chaleur artificielle des défilés de mode. Pierre cachait sous la nonchalance du dandy les ambitions d'un technocrate cultivé. La vie les a séparés mais trente ans après ils se retrouvent, nostalgiques, dans les jardins de l'Observatoire. Trente ans de mensonges ? "Nous ne sommes pas des personnages de roman, mais des personnages de mémoires." Nous allons les suivre par les récits autobiographiques entrecroisés, intimes, ironiques, à fleur de nerfs, qu'ils font de leur existence passée : une chronique sur le vif. Nous allons vivre avec eux la désillusion d'une génération d'hommes et de femmes qui commencèrent leurs études sous la férule des structuralistes pour connaître leur maturité sous l'oeil de la télé-réalité. L'université et la presse, la mode et la politique, la télévision et le sexe : dérives et icônes décrites avec une drôlerie de trait dont Marc Lambron a le génie. Comment on a basculé d'Althusser à Elodie Gossuin. Comment on a milité sur le campus de Berkeley, dérivé à Madrid pendant la Movida, suivi les cours de Foucault, pour finir floués sous Messier. Comment le Dieu-Langage fut converti au Roi-Dollar. Elle est loin, la révolution... (Présentation de l'éditeur)
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