Auteur : Farid Bouarour
Date de saisie : 21/02/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Imago, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84952-025-3
GENCOD : 9782849520253
«Ce récit n'est pas une fiction, mais un témoignage. Certes, je ne l'ai pas écrit à la première personne, mais ceux et celles qu'il évoque existent ou ont existé. J'ai voulu raconter le temps heureux de notre jeunesse au village, en Kabylie, puis la difficulté de nos vies, écartelées entre l'attachement au pays et le choix de l'émigration.
Ce récit veut surtout dénoncer les pernicieuses séductions de l'ailleurs ce mirage de l'Eldorado que la France et l'Occident ne cessent d'exercer sur des populations matériellement plus démunies, inconscientes de leurs propres richesses et les ravages qui en résultent.» Farid Bouarour.
Dans cet ouvrage, l'auteur raconte les itinéraires de deux jeunes Algériens émigrant à Paris. Déracinés l'un et l'autre, ils ne connaîtront pourtant pas le même destin...
Farid Bouarour quitte l'Algérie en 1990 pour préparer un doctorat en France et choisit d'y vivre. Il est aujourd'hui cadre dans une entreprise.
Écrit avec la collaboration de Marie-Christine Daunis (memento la vie).
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«Juste un mois après l'Indépendance, un certain jour d'août 1962, un enfant voit le jour dans une modeste famille d'un village kabyle.
C'est un garçon ! Ses parents, fous de joie, le prénomment Moussa. L'arrivée de cet enfant est comme un cadeau du ciel venu pour apaiser toutes les souffrances endurées pendant cette terrible guerre. Dans ce fils unique, ces paysans mettent tous leurs espoirs. Il n'aura pas, ils le souhaitent de tout leur coeur, à travailler dur comme eux, comme tant de Kabyles.
Eux survivent. Le père travaille la terre, cultive l'olivier et le figuier, l'orge et le blé dur - pas de machine, il doit se contenter de ses mains et de rudimentaires outils. Il possède un petit élevage de chèvres. La mère, après avoir tondu les moutons, cardé la laine, fabrique des burnous et des tapis sur ses métiers à tisser.
Elle fabrique aussi des poteries. Pour récupérer l'argile nécessaire, elle doit se rendre à pied dans une carrière située à quelque trois ou quatre kilomètres de chez elle. À l'aide d'une pioche, elle détache les blocs de terre, les met dans une sorte de hotte qu'elle accroche ensuite sur son dos, puis noue le morceau de tissu qui la maintient. Les jarres, les tajines, les objets de décoration confectionnés par ses soins, sont cuits au feu de bois puis ornés de motifs géométriques traditionnels ou de dessins figuratifs avant d'être vernis. Les plats usuels comme ceux qui servent pour le couscous n'ont pas droit à ces décorations.
Le père et la mère travaillent dur.
Ils survivent.
Moussa, leur fils unique, lui, vivra...»
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