Auteur : Ulrich Beck
Traducteur : Aurélie Duthoo
Date de saisie : 21/02/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Aubier, Paris, France
Collection : Alto
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-7007-3689-2
GENCOD : 9782700736892
Notre réalité tout entière est devenue cosmopolitique. Il suffit pour s'en convaincre de citer le dernier avatar en date des risques planétaires la menace terroriste, qui est sans frontières. Les protestations soulevées par la guerre en Irak en constituent également une illustration éclairante. La résistance, particulièrement la résistance à la mondialisation, entraîne en même temps une mondialisation politique. Pour chaque nouveau risque global, le choc produit fait surgir des opinions publiques d'envergure mondiale. Par là même, le cosmopolitisme a cessé d'être une simple idée d'avenir controversée.
Adopter une «optique cosmopolitique» constitue donc la condition nécessaire à une reconstruction conceptuelle de la perception. Cette optique suppose une sensibilité au monde, à un monde sans frontières, c'est-à-dire un regard quotidien, historiquement vrai, réflexif, apte à percevoir des ambivalences au milieu de distinctions qui s'évanouissent et de contradictions culturelles. Un regard qui ne pointe pas seulement la «déchirure», mais aussi la possibilité de créer notre propre vie, et notre façon à tous de vivre ensemble dans une situation de mélange culturel. Un regard capable d'être en même temps sceptique, sans illusions, auto-critique. Pour survivre, nous avons besoin de ce nouveau réalisme cosmopolitique.
Ulrich Beck, sociologue, est l'auteur d'une oeuvre abondante consacrée notamment au développement de l'individualisme moderne, à la mondialisation et aux conséquences des changements technologiques. Deux de ses ouvrages ont été traduits en français : La Société du risque (Aubier, 2001) et Pouvoir et contrepouvoir à l'heure de la mondialisation (Aubier, 2003).
Extrait de l'introduction :
«Le patriotisme serait-il réellement trop petit mais praticable, et le cosmopolitisme, à l'inverse, grandiose mais froid et invivable ? Aujourd'hui, cette question n'est plus à l'ordre du jour. Aujourd'hui, ce qu'il faut comprendre, c'est que la réalité elle-même est devenue cosmopolitique. Pour illustrer cette thèse, il suffit de prendre l'exemple du dernier avatar en date des risques planétaires : la menace terroriste, qui ne connaît pas de frontières. On peut en dire autant des protestations soulevées par la guerre en Irak. Pour la première fois, une guerre a été traitée comme un événement relevant de la politique intérieure mondiale, et l'humanité entière s'y est intéressée en temps réel par l'intermédiaire des médias - même si la communauté atlantique a failli y succomber. Pour l'exprimer en termes plus généraux, le paradoxe est le suivant : la résistance, surtout la résistance à la mondialisation, entraîne une mondialisation politique, et c'est là un phénomène que l'on peut observer depuis longtemps...»
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