Auteur : Lin Yutang
Traducteur : Th. Bridel-Wasem
Date de saisie : 28/08/2006
Genre : Philosophie
Editeur : P. Picquier, Arles, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-87730-829-8
GENCOD : 9782877308298
Avec sa verve familière, Lin Yutang nous parle de Confucius, et c'est comme s'il nous faisait pénétrer l'âme de la Chine, car ce Platon chinois né au VIe siècle avant notre ère y exerce depuis 2 500 ans une immense influence, qui perdure aujourd'hui encore. Ce n'est pas la vérité qui grandit l'homme, c'est l'homme qui grandit la vérité, dit Confucius. Morale, religion, éthique, politique, sa philosophie embrasse tous les champs du possible, mais l'essence de sa pensée, pour Lin Yutang, c'est que «l'homme est la mesure de l'homme». Cultiver en nous ce qu'il y a de plus humain, non seulement nous oblige à découvrir notre véritable moi, mais nous conduit naturellement à la bonté et à la sagesse.
De Confucius, Lin Yutang nous propose sa vision toute personnelle, comme un guide qui peut nous apprendre, dans tous les moments de la vie, à choisir le juste chemin.
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«Peut-on s'enthousiasmer aujourd'hui pour le confucianisme ? La réponse dépend, semble-t-il, de cette autre question : peut-on s'enthousiasmer pour le simple bon sens, qui, généralement, ne paraît pas être susceptible de susciter beaucoup d'enthousiasme ? Une question plus importante est la suivante : peut-on être un adepte du confucianisme ? Le Chinois moderne attache une grande importance à cette question, elle le tourmente et ne lui laisse aucun répit; car la doctrine confucéenne a un caractère essentiel et même universel. Elle donne à ses adeptes une joie que j'ai même trouvée chez les Chinois modernes, élevés à l'européenne. C'est ce caractère essentiel et l'attrait profond de son humanisme qui lui ont conféré la force étrange qui l'anime. Au cours du chaos politique et du conflit d'idées des siècles immédiatement postérieurs à Confucius, le confucianisme l'emporta sur le taoïsme, le moïsme, le naturalisme, le légisme et une foule d'autres philosophies. Il garda cette suprématie sur le peuple chinois pendant 2 500 ans, sauf à certaines époques, après lesquelles il se retrouva toujours plus fort que jamais. A côté du taoïsme, qui était à la mode du troisième au sixième siècle après J.-C., son plus grand rival fut le bouddhisme, très en vogue chez les sages de l'époque des Song (907-1279). Mais malgré toute sa belle métaphysique, le bouddhisme ne parvint qu'à modifier l'interprétation de la méthode d'atteindre la connaissance, ainsi que le but de cette culture humaniste. Il ne fit que porter l'accent sur certaines idées, contenues déjà dans le confucianisme classique, en les mettant en lumière, mais il ne remplaça pas la doctrine elle-même. Faut-il y voir simplement l'influence de l'ancien prestige de Confucius ? Mais il y avait chez les confucianistes un grand orgueil, une foi en la vérité de leur doctrine, qui leur faisaient écarter le bouddhisme et le considérer avec indulgence ou mépris selon les cas. Le même bon sens, qui étouffa le mysticisme de Zhuangzi (environ 370-300 av. J.-C.), leur fit repousser le mysticisme bouddhique. Aujourd'hui le confucianisme a trouvé un rival beaucoup plus important, non pas dans le christianisme, mais dans tout le système occidental de penser, de vivre et dans le nouvel ordre social que suscite l'âge industriel. En tant que système politique visant à rétablir l'ancien ordre féodal, le confucianisme sera probablement évincé par le développement de la science et de l'économie politiques modernes. Mais je crois qu'il conservera son prestige en tant qu'humanisme et comme conception profonde d'une morale personnelle et sociale...»
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