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Artemis Fowl. Volume 4, Opération Opale

Couverture du livre Artemis Fowl. Volume 4, Opération Opale

Auteur : Eoin Colfer

Traducteur : Jean-François Ménard

Date de saisie : 11/06/2007

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France

Collection : Hors série littérature

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-07-052494-5

GENCOD : 9782070524945


  • La présentation de l'éditeur

Vous ne vous souvenez plus de nous, nous sommes le Peuple des fées. Vois nous connaissez pourtant, mais votre mémoire a été en partie effacée pour que vous n'entriez plus en contact avec nous, à la suite de précédentes aventures plutôt périlleuses. Mais aujourd'hui, il est de notre devoir de vous informer que nous sommes tous en danger de mort. Opale Koboï, la fée lutine que vous avez autrefois aidés à combattre, est de retour, déterminée à se venger. Pour la vaincre, vous avez besoin de nous.

Et nous avons besoin de vous...

Le quatrième volume des aventures d'Artemis Fowl, ou comment notre jeune génie millionnaire va comprendre que l'union fait la force et que les nobles causes ont du bon.



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  • La revue de presse Corinne Julve - Libération du 30 mars 2006

Les allergiques aux trolls irascibles, gobelins squameux, nains flatulents, elfes intelligents, ou ceux, souvent plus rétifs encore, à la très haute technologie, passeront leur chemin. Les autres se rueront, si ce n'est déjà fait, sur Opération Opale, le quatrième tome et petit dernier de la série «Artemis Fowl». Ceux qui n'entrent dans aucune des deux catégories iront directement à la case départ et plongeront sans doute, avec les milliers d'aficionados d'une quarantaine de pays, dans le chaudron à gros bouillons de ces récits aussi échevelés que scientifiquement avérés. Des brevets high-tech de l'inventeur Foaly à l'existence même d'un peuple de fées sous nos pieds.

Si leur présence nous échappe, c'est que leur avancement technologique, bien au-delà du nôtre, leur permet de déjouer nos sens, notre intuition et même notre sacro-sainte raison : c'est la théorie qu'Eoin Colfer, auteur irlandais d'une quarantaine d'années, s'applique, au fil des romans, à nous démontrer...

Question succès toutefois, Colfer n'a pas trop à envier à Potter. Enseignant, il a dû interrompre le métier pour répondre aux nombreuses sollicitations, lectures, salons, tournées. Ses amis («toujours profs») ne se le tiennent d'ailleurs toujours pas pour dit. «Tu viens dans ma classe, vendredi», proposent-ils par exemple via un simple coup de fil. Ce qu'il fait sans rechigner, histoire de ne pas perdre la main, de quitter son officine au milieu du jardin et de se confronter de nouveau aux enfants. Il les qualifie de sérieux cyniques doublés de grands sceptiques, mais prêts à tout accepter à condition que les explications soient sacrément bien ficelées. Condition respectée.



  • Les premières lignes

UNE VÉRITABLE OBSESSION

CLINIQUE DU DOCTEUR J. ARGON, HAVEN-VILLE, MONDE SOUTERRAIN, TROIS MOIS PLUS TÔT

La clinique J. Argon n'était pas un hôpital public. Personne n'y séjournait gratuitement. Argon et son équipe de psychologues ne traitaient que les fées qui en avaient les moyens. Parmi tous les riches clients de l'établissement, Opale Koboï était un cas unique. Plus d'un an auparavant, elle avait constitué un fonds d'urgence pour son propre bénéfice, au cas où elle perdrait la raison et aurait besoin de financer un traitement. C'était une initiative judicieuse. Sans ce fonds, sa famille l'aurait certainement transférée dans un centre de soins moins coûteux. Le lieu lui-même n'avait toutefois guère d'importance pour Koboï qui avait passé l'année précédente dans un état végétatif, soumise à des tests réguliers pour mesurer ses réflexes. Le docteur Argon pensait qu'elle n'aurait même pas remarqué la présence d'un troll adulte se frappant la poitrine devant son nez.
Ce n'était pas seulement le fonds d'urgence qui faisait d'Opale un cas unique. Koboï était également la patiente la plus célèbre de la clinique Argon. A la suite de la tentative de prise du pouvoir par la triade des gobelins du B'wa Kell, le nom d'Opale Koboï était devenu le plus infâme qu'on puisse prononcer dans le monde souterrain. La fée milliardaire s'était associée à Briar Cudgeon, un officier hargneux et vindicatif des FAR, et avait financé la guerre menée par la triade contre Haven-Ville. Koboï, le cerveau de la machination, avait trahi les siens et maintenant, c'était son cerveau qui la trahissait.
Pendant les douze premiers mois de l'incarcération d'Opale Koboï, la clinique avait été assiégée par les médias qui filmaient le moindre tressaillement de la fée lutine. Des équipes des FAR se relayaient pour monter la garde devant sa porte et chaque membre du personnel était soumis à des contrôles systématiques et des regards suspicieux. Personne n'en était dispensé. Le docteur Argon en personne devait subir des prélèvements d'ADN occasionnels pour vérifier qu'il était bien lui. Les FAR ne voulaient prendre aucun risque avec Koboï. Si elle parvenait à s'échapper, non seulement ils deviendraient la risée du monde des fées mais une criminelle hautement dangereuse serait lâchée dans Haven-Ville.
A mesure que le temps passait, cependant, on voyait de moins en moins d'équipes de télévision apparaître chaque matin devant les portes de la clinique. Le télé­spectateur moyen avait fini par se lasser de regarder baver sur son écran un être en état de coma profond. Peu à peu, le nombre de gardes chargés de la surveillance fut réduit de douze à six, puis à un seul. «Où donc Opale Koboï aurait-elle pu aller ?» déclaraient les autorités. Une douzaine de caméras étaient braquées sur elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On lui avait fixé au bras un émetteur-paralyseur sous-cutané et son ADN était vérifié quatre fois par jour. D'ailleurs, même si quelqu'un avait réussi à la sortir de sa chambre, qu'aurait-on pu en faire ? La fée lutine ne pouvait pas tenir debout et le tracé de son électroencéphalogramme était quasiment plat.
Le docteur Argon n'était pas moins fier pour autant de cette patiente d'exception et ne se privait pas de citer son nom dans les dîners en ville. Depuis qu'Opale y avait été admise, il était devenu de bon ton d'avoir un parent en traitement à la clinique. Les plus riches familles cachaient presque toutes dans leurs caves un vieil oncle un peu fou. A présent, l'oncle dément pouvait recevoir les meilleurs soins dans le plus grand luxe.
Si seulement tous les pensionnaires de l'établissement s'étaient montrés aussi dociles qu'Opale Koboï ! Elle n'avait besoin que de quelques perfusions et d'un écran de contrôle dont les frais étaient largement couverts par le versement des six premiers mois d'honoraires. Le docteur Argon espérait ardemment que la petite Opale ne se réveillerait jamais. Car dans le cas Artemis reprit son trousseau de clés sur le plateau et courut après Butler pour attraper l'ascenseur.
- C'est toi qui gagnes cette fois-ci, mais je reviendrai. Kurt mit sa main en porte-voix autour de sa bouche.
- Quand tu voudras, cria-t-il. Je t'attends.


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