Auteur : Préface de Annie Proulx | Guy Clarence Vanderhaeghe
Traducteur : Michel Lederer
Date de saisie : 18/02/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Terres d'Amérique
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-226-16994-5
GENCOD : 9782226169945
1871. À la demande de leur père, deux jeunes Anglais partent pour l'Amérique à la recherche de leur frère, disparu dans les territoires sauvages du Nord-Ouest en compagnie d'un prédicateur illuminé. Pour l'un, peintre raté, c'est une question d'amour fraternel ; pour l'autre, officier en disgrâce, l'occasion d'une aventure dangereuse et exaltante. Mais aucun des deux ne soupçonne l'issue de leur quête : au bout du voyage, le chaos et les ténèbres, la fin des rêves comme celle des idéaux. Violence des hommes, des lieux, d'une époque : roman de la sauvagerie et de la rédemption, La dernière traversée est le chef-d'oeuvre épique d'un immense écrivain.
«Aventures picaresques, intrigues, rebondissements, histoire et étude de la nature humaine sont racontés dans un style brillant. Peu d'écrivains sont capables de cerner un personnage en quelques mots, de tourner une phrase ou de filer la métaphore aussi brillamment. Vanderhaeghe, l'un des meilleurs écrivains nord-américains, est là au sommet de son art.»
Annie Proulx. (extrait de la préface)
Guy Vanderhaeghe qui enseigne la littérature à l'université de Saskatoon (Saskatchewan), est considéré comme l'un des écrivains canadiens majeurs. Couronné par de nombreux prix, La dernière Traversée a reçu un accueil exceptionnel au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
Dans sa préface, la nouvelliste Annie Proulx parle de «festin livresque» en évoquant La Dernière Traversée, magnifique épopée où deux Anglais bon teint découvrent, en 1871, la rigueur de l'Ouest américain. Charles et Addington Gaunt sont envoyés par leur père à la recherche de leur frère disparu dans les territoires indiens. Pour Addington, officier pédant et revanchard, ce voyage a tous les parfums de l'aventure. Pour Charles, peintre rêveur et raté, il s'agit d'obéir aux ordres paternels et de retrouver à tout prix son jumeau.
Mais l'Amérique qu'ils envisagent ne ressemble pas à la réalité. Le Canadien Guy Vanderhaeghe ne se contente pas de suivre deux personnages, il entreprend de croiser les destins d'hommes et de femmes qui ne devraient pas se rencontrer et finissent par marcher d'un même pas... Guy Vanderhaeghe dédie son livre à «tous les historiens locaux qui gardent vivants les détails de notre passé». En échange, il offre à ses lecteurs une fiction étincelante, qui évoque les conflits des hommes en quête d'un idéal ou d'une place à prendre dans un monde qui ne les attend pas.
... La Dernière Traversée est bien un western qui, à la suite de deux jeunes Anglais, Addington et Charles Gaunt, envoyés par leur père afin de retrouver leur frère Simon, disparu alors qu'il voulait évangéliser les Peaux-Rouges, nous emmène à travers le Nord-Ouest américain de 1871, encore sauvage et semé de garnisons fortifiées ou de comptoirs de commerce.
Addington, l'aîné des Gaunt, est un officier révoqué, rigide, aigri et syphilitique. Charles, lui, frère jumeau du disparu, commence à se rendre compte qu'il sera toujours un peintre médiocre et vit dans la terreur de son père et la crainte de son frère aîné, qui accumule les brimades. Tous deux sont accompagnés par un journaliste pique-assiette qui prétend devenir le chantre des exploits cynégétiques d'Addington, du guide Jerry Potts, métis d'Indien et d'Ecossais, et, surtout, de la jolie Lucy Stoveall, à la poursuite des assassins de sa jeune soeur...
En lisant Vanderhaeghe, on ne peut pas ne pas penser à La Prisonnière du désert et à son film jumeau, souvent sous-estimé, Les Deux Cavaliers : la quête qui devient initiation, l'homme confronté à la nature, l'interrogation sur les races, ces grands thèmes fordiens sont là, orchestrés par un romancier qui fait habilement alterner les points de vue de chacun, et sait faire parler à chaque protagoniste son propre langage (ce que le traducteur, Michel Lederer, parvient très bien à rendre)... Mais ce roman épique, puissant, violent, foisonnant, est aussi nimbé - et ce n'est pas la moindre réussite de l'auteur - d'un voile de mélancolie... La Dernière Traversée a été salué outre-Atlantique par des louanges unanimes. Elles étaient méritées.
C'est du gros calibre mais pas de l'artillerie lourde, un road-movie musclé comme du Cormac McCarthy et jazzé comme du Faulkner. Tout y est, le bruit, la fureur, les coeurs qui flanchent, les destins qui capotent au bord des chemins. Dans un coin du tableau, les brumes cafardeuses de l'Angleterre victorienne ; dans l'autre, les bains de sang de la guerre de Sécession ; au centre, ce Montana sauvage où le jeune Simon Gaunt a disparu sans jamais donner la moindre nouvelle... Nous sommes à l'époque des chevauchées fantastiques - fin du XIXe siècle - et ses deux frères ne tarderont pas à quitter le bercail londonien pour le rechercher dans la poussière du Far West.
Les voilà en piste, Charles, le peintre raté amateur de grisettes, et Addington, l'officier syphilitique qui brûle de se tanner le cuir au contact des grands espaces... Pour son premier tour de piste en France, Guy Vanderhaeghe fait mouche, en attendant que son éditeur traduise ses cinq autres livres.
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