Auteur : Claude Simon
Date de saisie : 18/02/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Minuit, Paris, France
Collection : Double, n° 35
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 978-2-7073-1950-0
GENCOD : 9782707319500
Sous l'ancien régime, il est officier au régiment de Toul-Artillerie. En 1792, il est élu membre de la Convention. En 1940, il bat en retraite avec son régiment à travers la Belgique. En 1793, il vote la mort du roi. Représentant en mission, il défend la Corse contre Paoli et les Anglais. Il fait planter dans son parc des peupliers d'Italie, des châtaigniers, des hêtres et des acacias. En 1937, il combat sur le front d'Aragon dans les rangs des milices populaires. Poursuivi par l'ennemi, il repasse la Meuse peu avant que les ponts ne sautent. La mort de sa première femme le laisse inconsolable. En 1799, il est ambassadeur auprès de la cour de Naples. Il se plaint à son intendante que les vendanges ont bien trompé. Il est promu général en l'An II. Membre du Comité de salut public, il enjoint aux chefs d'armées de ne pas reculer en deçà de la Meuse. Il s'évade d'un camp de prisonniers près de Dresde. Il achète une jument à Iéna. Il est blessé au passage de l'Adige. Il recommande qu'on épierre bien ses champs. Près de Lérida, il est atteint d'une balle qui lui traverse le cou. Il vote la loi punissant de mort tout émigré rentré en France et pris les armes à la main. Au plus fort de la Terreur, il sauve une royaliste qu'il épouse peu après. A la suite de l'insurrection anarchiste de Mai, il est traqué dans Barcelone par la police. Il... à des époques différentes et dans des périodes de tumulte et de violence, trois personnages vivent des événements et des expériences qui semblent se répéter, se superposer, de même qu'indifférents à la tragédie, aux déchirements familiaux et politiques, reviennent au long des pages les mêmes travaux des champs, les alternances des saisons, de la pluie, du soleil, des printemps.
A l'enseigne de Virgile et du poème latin qui célèbre les travaux de la terre, Claude Simon donne, avec Les Géorgiques (1981), un "roman" d'une forme et d'une puissance prodigieuses, où la composition orchestrale s'efforce, par tous les moyens d'écriture, de faire entendre ce qu'il y a d'incommensurable dans l'ordre du vivant ; ce qui est en travail dans la secrète croissance de la vie, la travaille de mortelles défaites. Telle "la pluie multiple, infinie, ce grignotement menu, comme la matérialisation, la mise en bruit pour ainsi dire, de millions et de millions de nombres, de décimales contenues entre les claquements sonores, scandés, des grosses gouttes de plus en plus rapprochées, le temps découpé en millions de millions d'infinitésimales fractions, de secondes, d'années, de siècles..."
L'exorbitant récit de l'être-au-temps requiert les raisons organiques du texte plutôt que les chronologiques ; donne lieu à un roman qui fait terre et mémoire du subtil assemblage textuel...
A la fin du livre, l'écriture géorgique trouve un de ses plus beaux emblèmes dans le récit de l'amour ailé : deux libellules accouplées en plein vol, décrites comme le "précieux bijou, le délicat chef-d'oeuvre d'orfèvrerie". Les Géorgiques de Claude Simon est un chef-d'oeuvre, pièce unique de la littérature. L'écrivain donne au magma des émotions une forme féconde, et à toute forme une respiration : elle assure l'inlassable réancrage du vécu dans les destinées du Poème.
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