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Soigner par l'invisible : enquête sur les guérisseurs aujourd'hui

Couverture du livre Soigner par l'invisible : enquête sur les guérisseurs aujourd'hui

Auteur : Olivier Schmitz

Date de saisie : 15/02/2006

Genre : Folklore Moeurs et coutumes

Editeur : Imago, Paris, France

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-84952-026-0

GENCOD : 9782849520260


  • La présentation de l'éditeur

En dépit des succès de la médecine officielle, subsistent et se développent aujourd'hui encore d'autres techniques de soins fondées sur la manipulation de certaines «forces», esprits, ondes ou énergies. Mais qui sont les thérapeutes de ces médecines parallèles, et quels sont leurs clients ? Comment se déroulent ces étranges pratiques ? Quelles conceptions du corps véhiculent-elles ?

Au cours de sa longue enquête de terrain, Olivier Schmitz a étudié l'ensemble des thérapies qui attribue les maux et les malheurs des individus au monde de l'invisible. Il envisage tout d'abord les recettes de la médecine traditionnelle : cultes rendus aux saints et aux arbres guérisseurs, pèlerinages aux sources et aux fontaines, recours aux leveurs de maux et aux désenvoûteurs. Puis il considère les méthodes plus syncrétiques telles la radiesthésie, la radionique ou la géobiologie - qui légitiment leur dimension magico-religieuse en s'appuyant paradoxalement sur les avancées de la technologie.

Participant aux consultations, observant à tous les stades l'action thérapeutique et recueillant les témoignages des guérisseurs et de leurs patients, Olivier Schmitz dévoile ainsi, au coeur de notre société moderne, l'univers magique où nos contemporains tentent de trouver l'apaisement de leurs souffrances.

Olivier Schmitz est sociologue et docteur en anthropologie. Il est chargé de cours à l'Université Charles de Gaulle Lille-III.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

«Depuis toujours, l'homme a cherché à conjurer la maladie, le malheur et la souffrance et tenté de lui donner un sens. Toutes les sociétés connaissent ainsi des pratiques thérapeutiques plus ou moins associées à des croyances religieuses. Dans les sociétés dites traditionnelles, qui constituent l'objet privilégié de l'anthropologie, il n'est d'ailleurs jamais facile de démêler le médical du rituel. Le guérisseur ne s'y distingue guère du prêtre et le bien-être du corps n'y est jamais totalement coupé de celui de l'esprit.

L'anthropologie, en ce domaine comme en tant d'autres, a d'abord eu tendance à mettre l'accent sur la différence entre «eux» et «nous», entre l'Occident et le reste du monde. À eux, la magie et les forces mystiques qui l'entourent, à nous la médecine scientifique et la rationalité parfaite qui l'englobe. Les quelques pratiques de type «magique» que l'on pouvait observer en Europe occidentale étaient ainsi immanquablement considérées comme des «survivances» d'un passé révolu et n'intéressaient d'ailleurs que quelques folkloristes qui soulignaient toujours leur caractère archaïque.

Depuis lors, cependant, les choses se sont quelque peu transformées. En premier lieu, et pour de multiples raisons, l'anthropologie a commencé à s'intéresser, à partir des années 1970, aux sociétés occidentales et industrialisées. En second lieu, des auteurs comme Jack Goody ont montré que la différence entre «eux» et «nous» n'est peut-être pas aussi tranchée que d'autres l'ont prétendu. Toute tentative de dichotomisation des hommes s'enracine ainsi dans une opposition qui est toujours binaire et ethnocentrique...»


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