Auteur : Collectif
Date de saisie : 15/02/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : La Dispute, Paris, France
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 978-2-84303-129-8
GENCOD : 9782843031298
Novembre 2005, dans les cités populaires, une jeunesse se révolte. Colère passagère ou expression d'un profond malaise qui révèle les tares de la société dans son ensemble ?
Après le dénigrement, la répression et les polémiques médiatiques, des chercheurs et des acteurs de la vie locale et associative cherchent à comprendre le sens de ce mouvement.
La création de «classes dangereuses», la criminalisation des classes populaires, le mépris du patrimoine des banlieues, la violence sociale induite par le néolibéralisme ou encore la persistance d'un post-colonialisme à la française..., autant de pistes à explorer d'urgence pour pouvoir entendre la jeunesse révoltée et construire avec elle avant que ne reprenne l'incendie.
Clémentine Autain, co-directrice du mensuel Regards et co-secrétaire de la fondation Copernic.
Stéphane Beaud, professeur de sociologie à l'université de Nantes.
Alain Bertho, professeur d'anthropologie, université de Paris VIII.
Patrick Braouezec, député PCF de Seine-Saint-Denis, préside la communauté d'agglomération de Plaine-Commune.
Paul Chemetov, architecte.
François Dubet, professeur de sociologie, directeur d'études à l'EHESS.
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme.
Gustave Massiah, président du CRID et membre d'IPAM.
Laurent Mucchielli, sociologue, chercheur au CNRS.
Michel Pialoux, chercheur au Centre de sociologie européenne (EHESS/CNRS).
Jean-Louis Sagot-Duvauroux, philosophe et écrivain, président de Familles Nord Sud.
Évelyne Sire-Marin est juge d'instruction, ancienne présidente du syndicat de la magistrature, co-présidente de la fondation Copernic.
Christiane Taubira, députée PRG de Guyane.
Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre de jeunesse en Seine-Saint-Denis.
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Extrait de l'introduction de Clémentine Autain :
«Automne 2005, les banlieues françaises s'enflamment. Voitures brûlées, équipements publics saccagés, affrontements entre jeunes et forces de l'ordre, déploiement spectaculaire de l'appareil policier... Et en point d'orgue à la tension ambiante, la décision d'instaurer puis de prolonger l'état d'urgence. Volontairement, le gouvernement a exhumé face à la révolte l'arsenal de la guerre d'Algérie. Sciemment, les pouvoirs publics ont choisi de bout en bout la symbolique du défi viril, la rhétorique et la mise en scène guerrière. La violence est d'abord venue du sommet de l'État. Elle a commencé avec les incroyables provocations du ministre de l'Intérieur, sa «racaille» et son «karcher», pour finir dans la valse ininterrompue des comparutions immédiates et des condamnations. La guerre donc, mais dans celle-là, pas question de «paix des braves» : la répression tient lieu de réponse politique et l'amnistie n'est pas de rigueur. En toile de fond, c'est un triple dénigrement à l'égard des jeunes, des classes populaires et des populations issues de l'immigration qui a trouvé à se déployer.
Ce n'est pas la première fois que les banlieues brûlent, au sens propre du terme. Mais jamais avec cette ampleur et cette simultanéité. Rien n'est aujourd'hui plus urgent que de chercher à comprendre, pour agir et éviter que, de flambées de révolte en armada policière, le rapport des forces institutionnalisé installe pour longtemps un vivre côte à côte, en lieu et place d'un vivre ensemble.
À la rébellion des jeunes, la droite sarkozienne a répondu sans surprise : sécurité, ordre répressif. Que tel ou tel élu de droite ait émis des doutes sur le moment n'y change rien : la droite en général, une fois de plus, a préféré l'injustice au désordre. Mais à gauche ? Le PS, depuis longtemps tenté par les démons sécuritaires, a été plus qu'ambigu, comme s'il voulait signifier sans le dire: aurions-nous vraiment fait autrement ?...»
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