Auteur : Michel Quint
Date de saisie : 26/02/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : J. Losfeld, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-07-078707-4
GENCOD : 9782070787074
Il est marionnettiste, et vient distraire les enfants dans les hôpitaux. Il fait la connaissance de Louis, un adolescent plongé dans le coma à qui il raconte son histoire. La disparition de sa mère, le tête-à-tête avec son père, homme ambigu en affaires et en sentiments, son grand amour, Halva, une jeune Algérienne dont le souvenir ne l'a jamais quitté.
Après avoir évoqué d'autres périodes troubles de l'Histoire, Michel Quint revient sur la guerre d'Algérie, et évoque les dissensions qui ont opposé les partisans de l'Algérie française à ceux de l'indépendance. Mais que serait ce récit sans la sensibilité et l'humanité dont l'auteur, toujours fidèle à ce devoir de mémoire qui avait tant ému dans Effroyables jardins, honore ces personnages ?
Michel Quint est né dans le Pas-de-Calais en 1949. Professeur de lettres et de théâtre, il a écrit plus d'une vingtaine d'ouvrages, romans noirs, nouvelles et romans policiers. Il a obtenu le Grand Prix de la littérature policière en 1989 pour Billard à l'étage. Il connaît aujourd'hui un succès extraordinaire avec Effroyables jardins, traduit dans dix-huit pays, adapté plusieurs fois au théâtre, et au cinéma par Jean Becker.
Son dernier roman, Et mon mal est délicieux, a paru en 2004.
Michel Quint cultive ses obsessions comme d'autres soignent leurs rosiers. Avec amour, méthode et délicatesse. Le terreau de ses romans repose souvent sur le sol poétique d'Apollinaire, dont la mélodie ne l'a jamais quitté. Après Et mon mal est délicieux, Aimer à peine, voilà L'Espoir d'aimer en chemin, qui met en scène le surprenant destin d'un homme de bien.
René Gardel est un drôle de marionnettiste. Une sorte de clown serein, qui joue dans les hôpitaux pour distraire les enfants malades. Un confrère du clown amateur d'Effroyables Jardins. Un soir, Daisy, l'infirmière qui partage sa vie, lui demande de rencontrer Louis, un pauvre «gosse de traumato»...
Michel Quint sait l'importance du langage de l'esprit et du corps. Son héros n'est pas marionnettiste pour rien. Il joue de ses mains. Il envoûte les spectateurs en créant une autre réalité...
Ainsi, de cette illusion romanesque impeccablement construite, Michel Quint parvient à nous émouvoir par la profondeur et la sincérité de son écriture...
Gardel finit par accepter de passer un moment avec cet adolescent mutique, plongé dans le coma. Le petit Louis se mue en un miroir. Face à cette mystérieuse présence muette, le marionnettiste se confronte bientôt à ses propres fantômes. Et sans trop savoir pourquoi, avec l'aide de ses marionnettes, Momo et Suzy, l'artiste se met à raconter son histoire familiale, malmenée par la guerre d'Algérie, déchirée par l'affrontement entre OAS et FLN.
... René est marionnettiste. Il tente de distraire les autres, faute d'avoir su panser ses chagrins. Consacre un peu de son temps aux malades d'un service pédiatrique. Face à un adolescent dans le coma, il déballe son sac, remonte dans le temps, raconte son enfance, tiraillée entre un père tendre et trouble, et une mère absente : morte ou simplement disparue ?... Un mystère qu'il percera dans ce roman d'abord très lent - trop - qui se termine abruptement, comme une révélation.
Michel Quint s'y connaît en suspense et en rebondissements. Il le prouve encore avec «l'Espoir d'aimer en chemin», son nouveau roman. Au centre, la guerre d'Algérie et les déchirements entre partisans de l'Algérie française et ceux de l'indépendance. Robert, «un homme serviable» de l'OAS, est mort. Son fils, René, marionnettiste de talent, est le narrateur de cette histoire déchirante. Mon père, ce salaud ? Du moins en apparence, car souvent «les jugements trop subits sont corrigés par la suite».
Comme à l'accoutumée, Michel Quint emprunte son titre à Apollinaire. Extrait de «la Tzigane», ce vers chante l'espérance de retrouver un amour perdu, même si «en chemin l'on se damne»... Dans «l'Espoir d'aimer en chemin», Michel Quint fait entendre la parole silencieuse des marionnettes. Son récit est un puzzle où les pièces s'emboîtent, qui fait revivre une époque trouble et de petites gens d'une vérité poignante.
«Sait-on jamais où commence l'irréparable... ? Quel mot, quel geste, quelle miette de vie oubliée au bord d'un jour sans date, au revers d'une nuit perdue, finit par peser plus lourd qu'un destin arrêté par les dieux... ? À quel moment insidieux notre histoire se confond avec celle des peuples, des nations, les guerres et la barbarie, et les instants d'humanité... ? Quand est-ce qu'on ne s'appartient plus... ? On reconnaît trop tard nos minuscules fatalités pour en jouir ou les éviter, et le reste est vanité...
Si je disais qu'au bruit de la porte, cet après-midi d'insolent printemps, j'ai compris que j'en entendrais l'écho jusqu'à mon dernier souffle, je mentirais. Le cliquetis des clés, l'engouffrée brève dans le vestibule du barouf de la rue, deux phrases échangées par Daisy avec le facteur avant que la porte ne se referme, tout était dans l'ordre. Qu'elle entre au salon, abandonne son fourbi d'infirmière au CHR n'importe où, en vrac, avec des clés, des journaux, le courrier et un petit paquet enveloppé de papier kraft rose, encore des chocolats offerts par un malade, qu'elle vienne m'embrasser avec sa petite toux sèche d'angoissée, rien d'inattendu au fouillis de la vie simple...»
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