Auteur : Marie-Monique Robin
Date de saisie : 11/02/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : La Découverte, Paris, France
Collection : Cahiers libres
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-7071-4675-5
GENCOD : 9782707146755
Après avoir toujours nié l'existence d'abuseurs sexuels dans ses rangs, l'Éducation nationale a opéré une volte-face au milieu des années 1990 : grâce aux militants de la protection de l'enfance, la pédophilie a enfin été dénoncée et poursuivie. Mais, sous l'effet de la pression médiatique, cette salutaire prise de conscience a conduit l'État à adopter un dispositif de contrôle inadapté, qui mine en profondeur l'ensemble du corps enseignant. Et qui menace à terme l'équilibre de nos enfants. C'est ce que montre Marie-Monique Robin dans ce livre, fruit d'une investigation approfondie sur les dérives de la lutte indispensable contre les pervers. En effet, depuis l'adoption en août 1997 de la circulaire Royal, qui impose le signalement au procureur du moindre «fait» suspect, les accusations de pédophilie en milieu scolaire se sont multipliées. D'authentiques coupables ont été démasqués, mais des centaines d'innocents ont également vu leur vie brisée. Or, depuis 1999, près de trois affaires sur quatre se sont conclues par un classement sans suite, un non-lieu ou une relaxe. Grâce à ses enquêtes et à l'expérience de la Fédération des autonomes de solidarité, la principale association d'enseignants, Marie-Monique Robin rapporte ici des témoignages bouleversants d'enseignants injustement mis en cause. Et elle explique comment la plupart de leurs collègues ont modifié en profondeur leurs comportements vis-à-vis des élèves, s'interdisant désormais le moindre contact physique. Entre la protection des victimes et le respect de la présomption d'innocence, faut-il vraiment choisir ? L'alerte à l'enseignant pédophile nous interpelle sur l'école que nous souhaitons : celle du soupçon ou celle de la confiance ? Et sur la société de demain, où les enfants d'aujourd'hui auront été conditionnés à assimiler à la perversion tout contact physique avec l'adulte.
Et si ces dernières années, il y avait eu des centaines de "mini-affaires Outreau" instruites au mépris de la présomption d'innocence et jugées dans l'indifférence générale ? Après des siècles de silence sur les abus sexuels, la "pédofolie", selon le mot du psychanalyste Alex Raffy, a-t-elle fini par susciter de graves dérives au sein de l'éducation nationale et de l'institution judiciaire ? C'est la thèse défendue par la journaliste et réalisatrice Marie-Monique Robin dans son livre, L'Ecole du soupçon.
Aidée par plusieurs associations d'enseignants - la Fédération des autonomes de solidarité (FAS), qui propose un "appui juridique, financier ou moral" aux 715 000 adhérents qu'elle revendique, et le collectif Jamac, qui regroupe depuis 1998 des professeurs qui s'estiment injustement accusés -, Marie-Monique Robin a étudié des affaires mettant en cause des enseignants qui ont été blanchis par la justice ou qui continuent, malgré leur condamnation, à clamer leur innocence. De cette enquête, elle a tiré une certitude : parce qu'elle s'est accomplie de manière "aveugle, voire obsessionnelle", la lutte contre la pédophilie a, en France, conduit à des dérapages qui ont détruit la vie de centaines d'enseignants... Lorsqu'elle décrit le climat des années 1990, Marie-Monique Robin voit certainement juste, mais ses certitudes affichées sur les dérives de la lutte contre la pédophilie sont peu étayées.
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