Auteur : Jean-Louis Andreani
Date de saisie : 07/02/2006
Genre : Politique
Editeur : Jacob-Duvernet, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-84724-100-6
GENCOD : 9782847241006
Édouard Balladur, Raymond Barre, Édith Cresson, Laurent Fabius, Alain Juppé, Pierre Mauroy, Pierre Messmer, Michel Rocard. Tous ont été Premiers ministres. Et s'en souviennent, comme si c'était hier. Ils témoignent longuement, en toute liberté.
Pour la première fois réunis dans un même ouvrage, ils s'expriment sur leur expérience, exaltante ou douloureuse, du gouvernement de la France. Anecdotes politiques parfois savoureuses, analyses de fond sur le rapport entre les citoyens et l'homme enfermé dans la cage dorée de l'hôtel de Matignon, retour sur leur relation avec le président de la République, réflexions sur l'avenir des institutions, récits d'épisodes qui ont marqué l'histoire contemporaine...
À travers ces confidences, replacées dans leur contexte politique, ces huit chefs de gouvernement montrent, dans une approche impressionniste, parfois même intimiste, comment ils ont ressenti les difficultés de la gestion du pays. Un récit à plusieurs voix de l'expérience essentielle du pouvoir. Un voyage inédit au coeur de la machine gouvernementale.
Éditorialiste au Monde, Jean-Louis Andreani est l'auteur du Mystère Rocard (Robert Laffont 1993), de La Ve République (avec Patrick Eveno, Le Monde éditions, 1995) et de Comprendre la Corse (Gallimard 1999). Il a également publié La Salamandre de Vizzavona (Éditions de l'Aube, 2004) et coordonné La Corse, histoire d'une insularité (Librio, 2005).
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«De Gaulle-Debré, puis de Gaulle-Pompidou. Giscard-Chirac. Mitterrand-Mauroy, puis Mitterrand-Rocard. Chirac-Juppé... La vie de la Ve République est jalonnée d'histoires de couples.
Couples rêvés, improbables. Parfois baroques, étonnants, orageux. Les titres de livres qu'ont suscités certains d'entre eux sont éclairants : Le Duel de Gaulle-Pompidou, La Double Méprise (sur Giscard et Chirac), La Haine tranquille (entre Mitterrand et Rocard).
Couples inégaux surtout. D'abord parce qu'un président de la République use plusieurs Premiers ministres, alors que l'inverse n'est jamais vrai. Ensuite parce que le locataire de Matignon n'est pas élu par le peuple, mais choisi par un homme. Le général de Gaulle, fondateur de la Ve République et premier metteur en scène de la vie du couple actuel président-Premier ministre, refusait l'idée de dyarchie de l'exécutif. Pour lui, dans l'esprit de la Constitution, le président nomme, choisit, oriente, décide. Le Premier ministre met en musique, exécute. C'est le jeu. Et, pour certains Premiers ministres, c'est aussi tout le drame. Bien sûr, en période de cohabitation, le choix du président est limité et contraint. Il n'empêche. Aucun des deux acteurs de ce jeu ne l'oublie jamais : le Premier ministre doit s'incliner devant le président, le respecter, quoi qu'il puisse en penser. Et aucun Premier ministre, fût-il de cohabitation, n'a jamais gagné quoi que ce soit à manquer de respect à son président...»
Extrait de l'introduction :
«Si le président de la République est la clé de voûte des institutions, le Premier ministre est la cheville ouvrière de la République. Le président préside, le chef du gouvernement gouverne, parfois en attendant mieux. C'est-à-dire l'Élysée. Une ou deux fois dans leur vie, pendant deux, trois, quatre ans, enfermés dans la cage dorée de l'hôtel Matignon, une poignée d'hommes et une femme - jusqu'à aujourd'hui -, ont eu cette responsabilité. Le Premier ministre est exposé à tous les coups. Et il sait qu'il accepte une situation somme toute très déstabilisante. Quand il franchit pour la première fois le portail de l'hôtel Matignon, il n'a aucune idée précise du temps qu'il y passera. Un an au pire, cinq ans au mieux, six ans par extraordinaire, depuis les débuts de la Ve République. Pendant ce laps de temps, inconnu au départ, il doit à la fois mener le pays au jour le jour, contribuer à le transformer, à améliorer son fonctionnement, ses performances. Tout en sachant que le grand dessein, les orientations majeures, sont tracées par le président. Et que les grandes réformes, l'expérience le montre là encore, ne peuvent plus guère être lancées au-delà des six premiers mois, au mieux de la première année...»
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