Passion du livre - tout sur le livre : L'inconsolable

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L'inconsolable

Couverture du livre L'inconsolable

Auteur : Anne Godard

Date de saisie : 04/02/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Minuit, Paris, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-7073-1940-1

GENCOD : 9782707319401


  • La présentation de l'éditeur

Tu n'aurais jamais cru que tu survivrais, mais tu vis pourtant, tu continues, de date en date, et depuis si longtemps. Tu vis contre son absence, contre la vie qui l'a permise, contre les autres, parce qu'ils oublient, et contre toi, qui ne peux rien effacer. Malgré toi, tu restes en attente d'autre chose, mais quoi ?





  • La revue de presse Thomas Regnier - Le Nouvel Observateur du 1er juin 2006

Une mère a perdu son enfant. Un drame unique. Un drame ordinaire. Quand s'ouvre le livre, une vingtaine d'années se sont écoulées. La douleur, cependant, ne s'est pas faite moins vive, même si elle s'est réfugiée au creux du coeur, jusqu'à le ronger, lentement, en silence. De manière tacite, un code s'est installé entre la mère et son entourage, «un rite immuable et sacré» qui prend particulièrement corps le jour de l'anniversaire funèbre... Ecrit à la deuxième personne du singulier, comme s'il s'agissait de mettre en jour un interminable soliloque, «l'Inconsolable», malgré les apparences, n'a rien d'un récit conventionnel : celui d'une mater dolorosa drapée dans un deuil impartageable. D'emblée, Anne Godard déjoue les attentes du lecteur en lui proposant un récit d'introspection qui partirait de l'effroi d'un «arrachement» pour explorer les méandres de l'âme humaine... Celle qui parle et qui se parle, comme s'il n'y avait meilleur réceptacle de son désarroi qu'elle-même, a fait de sa propre maison le sanctuaire d'une étrange solitude. Cette maison n'est autre, pourtant, que ce petit monument de patience qu'est le livre.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 30 mars 2006

Inspirez profondément, sinon le premier roman d'Anne Godard vous coupera le souffle. Mais comme un lacet qui se resserre, lentement, adroitement, prenant soin de vous tenir en haleine jusqu'à la fin. De quoi s'agit-il ? D'une femme qui se parle et dont on comprend page après page, par allusion et recoupements, qui elle est. Une femme aux aguets, seule contre tous. Ses proches sont autant d'ennemis coupables, en vrac, d'indifférence, de pitié, de malveillance.

Un seul être trouve grâce à ses yeux, qui lui fut arraché. Son jour de gloire fut celui de sa plus grande douleur. Depuis la mort de son fils aîné, adolescent, - le seul qui ne lui cachait rien et qui lui donnait tout -, sa vie tourne en rond autour de cette date fatidique que le calendrier passe et repasse...

Il y a du Requiem dans son monologue fou, une aspiration, au fond, à tarir la haine qui l'anime et la nourrit ; à reposer enfin, au terme d'une existence vouée à se bâtir sa propre statue, celle d'une mater dolorosa à l'oeil sec et au coeur de marbre, «inhumainement normale». Car le ressentiment de cette Médée moderne n'épargnera pas ses trois autres enfants du moment que le regard qu'ils lèveront sur elle n'aura plus l'innocence éblouie du jeune âge...

Dès lors, en contrepoint de cet autoportrait de mère qui aima la mort de son fils parce que celle-ci le lui donnait tout entier, se révèle le vrai visage du disparu...


  • La revue de presse François Busnel - L'Express du 23 mars 2006

A la lecture de L'Inconsolable, premier roman d'Anne Godard, les jurés du grand prix RTL-Lire (100 lectrices et lecteurs choisis dans 20 librairies de France) ont dû éprouver une émotion rare et étrange. Celle qui vous prend à la gorge lorsque vous découvrez, jailli de nulle part, un nouvel écrivain. Anne Godard n'a que 34 ans et possède déjà la maturité des très grands.

L'Inconsolable est le monologue d'une rebelle. Une femme qui, contrairement à ce qu'exige le discours psy ambiant, refuse de faire son deuil. L'expression n'a d'ailleurs, pour elle, aucun sens. Au contraire. Pour ne pas oublier l'enfant perdu, elle s'enfonce dans un état que personne, autour d'elle, ne supporte... Anne Godard contourne tous les pièges du récit thérapie et de l'autofiction. Son écriture, sèche, vive, ne glisse ni dans l'empathie ni vers l'attendrissement des confidences. Au fil des pages, on découvre, médusé, que ce soliloque accusateur dissimule un terrifiant secret. Tout, ici, est suggéré. Jusqu'à la façon dont mourut, jadis, ce garçon. Ce roman est la promesse d'une oeuvre majeure.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 10 mars 2006

L'Inconsolable, le premier roman d'Anne Godard, est une surprise, un saisissement, une troublante trouvaille des éditions de Minuit. Troublante ? Le manuscrit a été refusé partout hors de la maison de la rue Bernard-Palissy. Peut-être parce qu'il va à rebrousse-poil de ce que le lecteur attend. Peut-être parce que quelque chose dans cette écriture nous heurte et nous résiste. Peut-être parce que cet inexplicable-là est justement ce qui séduit.

L'Inconsolable. Au début, tout est cohérent. On pense à Stig Dagerman. A son formidable petit livre intitulé Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Actes Sud). Et comment le serait-il ? Une mère a perdu son fils, l'aîné de ses quatre enfants. Dans quelles circonstances ? On le devine page 81, on en saura plus vers la fin, mais cela n'a guère d'importance...

Tout le roman - disons plutôt le monologue - d'Anne Godard est fait de ce ressassement, de ce remuement intime, de cette attente. Mais qu'attend-elle, cette femme qui parle d'elle-même en se disant "tu", comme si elle se regardait souffrir ? Qu'attend-elle, alors que les autres, attirés par l'oubli comme les papillons par la lumière, ont méticuleusement effacé tous les souvenirs de "lui" ? Que son mari l'a quittée ? Que ses enfants l'exhortent à aller de l'avant, à tourner la page sur la douleur ?...

En refermant le livre, on se dit qu'une écriture, un son, une musique si maîtrisés ne peuvent venir que d'une femme ayant fait longuement l'expérience de la vie. Pas du tout. Anne Godard qui, sur la photo de son éditeur, semble si jeune et frêle, n'a que 34 ans.


  • La revue de presse Jacques-Pierre Amette - Le Point du 2 mars 2006

Imaginez une vaste et belle demeure ancienne, avec des persiennes qui forment pénombre à l'intérieur, un jardin avec des platanes, la chaleur de fin de journée, la léthargie. Une femme parle, troublée, désorientée, envoûtée, captive d'un deuil, harcelée par sa mémoire. Elle se souvient d'un monde disparu, du versant ensoleillé de sa vie. Il y avait aussi la visite du médecin, régulière. Cette femme se détruit-elle ou se reconstruit-elle en se souvenant d'un proche qui jouait «La tempête» de Beethoven, et qui imprègne et imbibe chaque pièce ?...

Ce premier roman révèle un écrivain fiévreux, musical, inspiré, prodigieusement tactile, d'une dignité qui impressionne en ces temps d'édition camelote. Profonde humanité, ton ardent, maîtrisé. Anne Godard est l'une des plus belles découvertes dans l'histoire des Editions de Minuit.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 8 février 2006

C'est un monologue à la deuxième personne, comme une exhortation. Vous savez, quand on se dit, tu vas voir, ça va aller. Mais elle, c'est pour répéter encore et encore que sa vie s'est arrêtée le jour où son fils est mort, l'instant où elle est entrée dans sa chambre au fond du couloir et qu'elle l'a vu par terre avec tout ce sang autour. Elle ne supporte pas que les autres continuent à vivre, souhaitent oublier la date, effacer le passé comme on essuie un tableau noir. Elle leur en veut de ne pas porter le deuil.

C'est un monologue ; il pourrait être insupportable, étouffant jusqu'au factice, il est pire que ça. L'Inconsolable est un texte aigu et obsédant, d'une violence permanente, un hurlement adressé au monde des vivants... L'Inconsolable détaille avec fureur l'utilisation pernicieuse du malheur devenu la seule raison de vivre, l'ultime résistance face au néant.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, février 2006

D'Anne Godard, on ne sait presque rien. Elle a trente-quatre ans ; L'inconsolable est son premier roman. Un titre à méditer, à l'aune de cette phrase de l'Autrichien Thomas Bernhard mise en exergue : «Les liens de sang peuvent devenir subitement irréparables.» L'inconsolable aurait en effet très bien pu s'intituler «l'irréparable», car la jeune écrivaine ne parle que de l'impossibilité à remettre en état... Les zones les plus troubles de la personnalité sont explorées, jusqu'à l'impudeur - ce n'est pas un hasard, si elle cite Thomas Bernhard, et si l'on se remémore Univers, univers de Régis Jauffret. On frôle parfois le roman d'horreur, lors des descriptions de la maison, nourrie de photos comme autant de fantômes. Ajoutée à ce «tu» systématique, la souplesse de l'écriture restitue à merveille la mécanique du temps. Et lorsqu'Anne Godard parle «des vivants et des morts», derniers mots d'une nouvelle de Joyce dans Les gens de Dublin, c'est pour mieux atteindre une vérité métaphysique, plutôt que de provoquer des larmes faciles.


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