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Le cercle fermé

Couverture du livre Le cercle fermé

Auteur : Jonathan Coe

Traducteur : Serge Chauvin

Date de saisie : 18/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Du monde entier

Prix : 22.50 € / 147.59 F

ISBN : 978-2-07-077477-7

GENCOD : 9782070774777


  • La présentation de l'éditeur

L'Angleterre de Tony Blair entre dans le nouveau millénaire, et les héros de Bienvenue au club dans l'âge mûr. Vingt ans après, qu'ont-ils fait de leurs idéaux de jeunesse ? N'auraient-ils d'autre choix qu'entre compromissions et immobilisme ? Seul l'affreux Paul, leur cadet, un politicien opportuniste, semble s'adapter à ces temps nouveaux et aux nouveaux cercles du pouvoir. Mais si les utopies des années soixante-dix semblent maintenant lointaines, il suffit de bien peu pour faire resurgir les fantômes du passé... Jusqu'à ce que le cercle se referme.
Tout en déroulant la chronique de l'histoire immédiate du choc de la mondialisation à la guerre en Irak, Jonathan Coe fait le portrait d'une génération en proie à d'irréductibles contradictions. Impitoyable satiriste, il brosse un tableau ravageur de l'Angleterre de Tony Blair, qu'il dénonce avec la fureur vengeresse jadis réservée au thatchérisme.

Ce roman est celui d'un conteur à l'habileté diabolique. D'une lucidité aussi réjouissante qu'inconfortable, il se fait le miroir non seulement d'un pays, mais d'une époque tout entière. Et le diptyque que composent Bienvenue au club et Le cercle fermé constitue une fresque aussi ambitieuse et aussi aboutie que Testament à l'anglaise.



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  • La revue de presse Vincent Monnier - Le Nouvel Observateur du 9 février 2006

Voici la suite de Bienvenue au club. On avait quitté les héros de ce roman - une ribambelle de rejetons de la middle class de Birmingham -, jeunes ados découvrant l'amour, la culture rock et la lutte des classes dans l'Angleterre pré-Thatcher. On les retrouve trente ans plus tard en quadras tourmentés dans celle de Blair... dense qui se dévore d'une traite.


  • La revue de presse Jacques-Pierre Amette - Le Point du 9 février 2006

Une génération passe des rêves d'enfance à la maturité. Les uns s'organisent, les autres pas, les uns chavirent, les autres triomphent. Les uns se cachent dans l'administration, d'autres se montrent à la télé. C'est encore plus étonnant quand tout se joue entre élèves d'une même classe et d'un même lycée, à Birmingham. Voilà tout le sujet du «Cercle fermé» de Jonathan Coe. C'est le thème des grands romanciers : Balzac et les «Illusions perdues», Aragon et le superbe «Aurélien», Dickens et «De grandes espérances». Comment l'adolescence s'éloigne, comment alors germe une tristesse dans la génération qui monte aux affaires, avec liaisons, succès, promotions, échecs, rebondissements, divorces, subites frénésies sexuelles ou lente suffocation sous les lumières blanches d'une administration. Le fringant romancier Coe, 45 ans, se construit de ce côté-là...

Le talent de Coe tient à ce qu'il sait multiplier les personnages et qu'il les pousse, les confesse, les interrompt, les mêle aux accidents sociaux d'époque : grèves, chômage, attentats à la bombe dans des pubs, 11 septembre 2001, fermeture des usines Rover, émissions de la BBC... Coe n'hésite jamais. Il tranche, écrit au tambour, coupe, dialogue, disserte, raconte son pays avec enthousiasme et drôlerie. Il fracture les bureaux et les cerveaux pour nous jeter dans le bouillon vital du néotravaillisme. Tempo assez grisant, il faut dire.../... ce roman laisse dans le souvenir des scènes abondantes, vives, contrastées, incroyables de bougé, de tremblé, de vérité. Cette Angleterre Tony Blair-dents blanches est aussi active, bouillonnante, affairiste, acharnée, surpeuplée que le Paris de la Restauration vu par Balzac. Un littérateur doué, irrésistible, nous parle. Décidément, le roman anglais est toujours en fleur.


  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 2 février 2006

Le précédent roman de Coe, «Bienvenue au club», c'était Birmingham, les seventies, des adolescents qui se dépêtraient de leurs premières amours, de leurs études turbulentes et de leurs ambitions encore brouillonnes... Bien entendu, Coe excelle à reconstituer, voire à dénoncer le climat de son temps, sa sensibilité, son idéologie rampante, ses modes de vie, ses tics de langage. Il n'est pas pour rien l'un des meilleurs romanciers britanniques. Le titre de son second volet, «Le Cercle fermé», n'en est pas moins inapproprié. On parlerait plus volontiers en français de boucle bouclée. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Les copains de Birmingham se sont éloignés les uns des autres avec l'âge. Ils sont devenus journalistes, parlementaires, industriels, comptables... Si l'on était sévère, on dirait que se retrouve dans son intrigue un peu de cette fadeur désinvolte et feuilletonesque propre au Klapisch des «Poupées russes» et de «l'Auberge espagnole». Mais pourquoi être sévère ? Pourquoi méconnaître le meilleur de Jonathan Coe, la belle tenue de son écriture romanesque, son regard si cruel sur son époque et si tendre sur ses personnages qui nous sont devenus à la longue fraternels ?


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 2 février 2006

Pour de nombreux lecteurs, le «bon gros» roman anglo-saxon est au «petit» roman français ce que le socialisme anglais doit être au nôtre : un facteur de complexes. Il semble toujours efficace et gagnant. Il est réaliste. Il jouit de sa croissance. Il raconte une histoire que la langue de l'écrivain anime sans perturber, sinon par quelques lourdeurs, bavardages et banalités ; mais le flux même de ces longueurs et lieux communs paraît donner du poids à la narration, comme s'il était garant du fait que le lecteur va retrouver ici la vraie vie, celle qu'il connaît ou, plutôt, croit connaître : le «bon gros» roman anglo-saxon a de solides poignées d'humour et d'amour... Le Britannique Jonathan Coe est devenu un excellent fabricant de «bon gros» roman anglo-saxon.

Son nouvel ouvrage, le Cercle fermé, est la suite annoncée du précédent. Publié en France voilà deux ans et demi, Bienvenue au club contait la vie d'un groupe de lycéens et de leurs familles à Birmingham... Le roman commençait et finissait à Berlin, en 2003, par un dialogue entre deux enfants des personnages... Il s'achevait en 1979, quand Margaret Thatcher allait être élue. On sentait que les histoires d'amour et les souffrances que chacun avait déjà vécues n'étaient rien au regard des désillusions qui allaient suivre.

Le Cercle fermé reprend les mêmes êtres vingt ans plus tard, de 1999 à 2003. Pour ceux qui n'auraient pas lu le premier volet, un synopsis le résume à la fin du livre : c'est cela, l'efficacité anglo-saxonne. Lire le Cercle fermé est sans doute une expérience différente selon qu'on a lu ou pas Bienvenue au club...


  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 2 février 2006

Les teenagers de Bienvenue au club se retrouvent au complet dans Le Cercle fermé. Mais, de Woodstock aux années Blair, ils ont troqué canulars et insouciance contre amertume et compromissions. Un pathétique mais magnifique adieu à la jeunesse signé Jonathan Coe

Quand il était ado, dans le Birmingham des seventies, Jonathan Coe écoutait Clapton, taquinait le clavier et chantait sur des scènes improvisées des mélodies glam rock dont il ne fit pas des tubes. Ce fut donc un faux départ, mais une belle occasion pour devenir un homme-orchestre: que l'on demande à ce boulimique de signer un article dans la presse, d'écrire une comédie musicale, un scénario pour le cinéma, un livre pour enfants, une biographie de Humphrey Bogart ou de James Stewart, il dégaine aussitôt sa plume. Et, bien sûr, il y a tous ces romans délicieusement british qu'il catapulte par-dessus le Channel avant qu'ils fassent le tour du monde des traductions...

On attendait donc la face B. La voici, avec Le Cercle fermé, nouvelle fresque sociale où se profile, cette fois, l'Angleterre de Tony Blair. Les héros de Bienvenue au club sont là, au complet. Ils ont la quarantaine. Ils ont coupé leurs cheveux et leurs bedaines naissantes commencent à déformer leurs vestons. Fini Clapton, finis les canulars, bonjour les emmerdes. Le roman s'ouvre au moment où le XXe siècle se referme. Devant l'écran de son ordinateur, le soir du réveillon, Benjamin Trotter attend que le bogue annoncé fasse péter la planète. Il ne va pas très bien, lui non plus. Son mariage avec Emily bat de l'aile, il s'ennuie dans son costard d'expert-comptable, rumine ses frustrations d'écrivain raté et, surtout, n'arrive pas à oublier la trop douce Cicely, qui l'a plaqué il y a vingt ans avant de s'envoler vers l'Amérique... Restent les remords, la nostalgie et les souvenirs, qui se referment, eux aussi, comme un album de photos jaunies: ce roman est un pathétique adieu à la jeunesse, le sombre bilan d'une génération flouée.


  • La revue de presse Manuel Carcassonne - Le Figaro du 2 février 2006

La boucle est bouclée lorsqu'en fouillant sa mémoire on suspecte le passé d'avoir dérobé un bien précieux : le véritable amour.

Longtemps, Jonathan Coe a été un écrivain qu'on pouvait résumer d'une expression : un jeune homme en colère.

Le travail du critique en était heureusement simplifié ; nous nous laissions aller à la facilité bien connue de le conserver à jamais en ce bocal étiqueté. Sous ses boucles d'ange né dans le Birmingham petit-bourgeois des rolling sixties, Coe est un terroriste des mots. Tressant la satire politique et la comédie sociale, allumant toutes les mèches qui couraient jusqu'au baril de poudre, combinant la recherche d'une structure formelle avec la facilité narrative, l'auteur so british de Testament à l'anglaise (prix du meilleur livre étranger en 1996) et de La Maison du sommeil (prix Médicis en 1998), mettait les rieurs de son côté... Jonathan Coe, malgré des longueurs aisément repérables, tisse, en motifs entrelacés et virtuoses, l'intime et l'historique, la manifestation ouvrière de Longbridge après une restructuration sauvage et le maillot bleu abandonné dans un vestiaire de piscine, la charge anti-Blair et le brin de fougère qu'une fille trop aimée vous a donné, tel un serment, une nuit de pleine lune. Benjamin Trotter, à force de scruter la matière du passé, en ramène avec ses mains terreuses les vérités qu'il cherchait. Du chaos, il a sculpté peu à peu une forme reconnaissable. Avec tous ses défauts. Humaine.


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