Auteur : Julien Bouissoux
Date de saisie : 27/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-87929-535-0
GENCOD : 9782879295350
Considérant le chaos qu'est devenue sa vie quotidienne depuis qu'un renne égaré en plein centre-ville y a fait irruption, un homme comprend qu'il est temps pour lui de partir, de rendre les clés à son propriétaire et de s'abandonner à la route qui doit les conduire jusqu'à la mer.
Ce conte philosophique en forme d'épopée burlesque raconte l'errance d'un homme dans un monde trop rationnel. Comme Juste avant la frontière, ce roman est le livre d'un rôdeur élégant, oscillant entre marche à pied et désertion.
Julien Bouissoux est né en Auvergne en 1975 et vit à San Francisco. Il a déjà publié trois romans, Fruit rouge, La Chute du sac en plastique et Juste avant la frontière (Prix Grand Chosier 2004).
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Ne comptez surtout pas sur nous pour vous dire le but de cette étrange odyssée. Sachez seulement qu'elle commence un vendredi, par la rencontre entre un jeune homme et un renne, dans les rues de Besançon. Touché par l'évident désarroi de l'animal, le jeune homme l'entraîne dans une brasserie, lui offre un plateau d'huîtres... et se trouve bientôt contraint de quitter la ville avec lui. Pour quelle raison décide-t-on un jour d'aller voir ailleurs ?...
Après La Chute du sac en plastique et Juste avant la frontière, Julien Bouissoux poursuit - entre burlesque et poésie - son exploration de ce sentiment flou, de distance, de spleen qu'engendrent nos sociétés au confort bien rangé...
«Un temps, j'ai voyagé avec un renne. Hannibal et ses éléphants. Pinder et ses fauves. Dans l'esprit des gens, c'est presque normal, pour un artiste, d'avoir avec soi un singe, ou un petit chien. Un renne, par assimilation. J'ajouterai que voyager avec un animal est beaucoup mieux accepté que de vivre avec. Ainsi, mon éditeur, un peu réticent au début, a fini par considérer cette relation d'un meilleur oeil dès lors qu'on a décidé de quitter la ville.
Mon renne et moi, on est partis de Besançon le jour où les problèmes ont commencé. C'était un lundi. Pendant tout le week-end, mon propriétaire avait observé nos allées et venues et n'avait rien trouvé de mieux à faire que de les consigner dans son carnet. À proprement parler, il ne nous a pas mis à la porte, mais c'est tout comme, et quand il s'est présenté avec sa liste et ses reproches, je n'ai rien contesté. Il fallait bien que je le nourrisse, mon cervidé, et en ville ce n'est pas une chose facile. La rareté de l'herbe n'est pas propice aux animaux sauvages, surtout ceux qui, comme mon renne, sont habitués par nature aux grands espaces.
Mon renne venait du Canada, plus précisément des environs de la rivière Athabasca. On peut regarder sur une carte, ainsi que je l'ai fait au début. Ça ne renseigne pas beaucoup. La rivière Athabasca doit faire plusieurs centaines, voire des milliers de kilomètres...»
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