Auteur : Jean-Paul Brighelli
Préface : Laurent Lafforgue
Date de saisie : 17/09/2006
Genre : Education, Pédagogie
Editeur : J.-C. Gawsewitch éditeur, Paris, France
Collection : Coup de gueule
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-35013-050-7
GENCOD : 9782350130507
L'école se meurt, l'école est morte : enseignants ou parents, pédagogues et politiques, tous sont d'accord sur le constat. Le Savoir est lettre morte. La baisse de niveau généralisée a accentué l'inégalité des chances. L'ascenseur social est en panne. Les élèves eux-mêmes, peu flattés d'être désormais des «apprenants», et de décrocher un bac dévalué, souhaitent que l'on sonne la fin de la récréation.
À bonne école est un livre de propositions. Son objectif central est de réconcilier le diplôme avec la compétence, et avec la connaissance, afin que chacun aille au plus haut de ses capacités. Programmes et formations doivent désormais viser l'excellence, parce qu'il faut de nouveaux maîtres pour de nouvelles ambitions.
Aucune vaine polémique dans ce livre. Ni élitisme forcené, ni nostalgie exagérée. Après La Fabrique du crétin, Jean-Paul Brighelli a rassemblé les suggestions de ses lecteurs, pour que vive l'école. Normalien, agrégé de lettres, après trente ans d'expérience dans les établissements les plus divers, il a décidé de mettre sa colère au service de l'Éducation.
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Après La Fabrique du crétin, qui enterrait une école moribonde, dévaluée, fustigeait une pédagogie déviante, voici A bonne école (éd. J.-C. Gausevitch), deuxième volet d'une trilogie qui passe au crible l'éducation nationale. Alors que le premier volume, alarmiste, avait déclaré la mort du «savoir», Jean-Paul Brighelli relève ses manches et propose des solutions pour redonner un avenir à l'école. Il part d'un constat accablant - programmes allégés par vingt ans de réformes démagogiques, recrutement négligé des enseignants, mères angoissées, élèves illettrés à leur arrivée au collège - pour écrire ce cahier des charges de 300 pages.
Normalien, agrégé de lettres, Jean-Paul Brighelli a fait ses classes dans l'enseignement secondaire et supérieur. Il est l'auteur de contes, de nouvelles et de romans (Pur porc, Ramsay, 2003). Ses essais critiques sur l'éducation connaissent un grand retentissement...
Extrait de la préface de Laurent Lafforgue (mathématicien) :
Voici un nouveau livre de professeur à propos de l'école : un livre à mettre entre toutes les mains, et un livre de salut public.
Est-il encore besoin d'expliquer que la situation du système éducatif français est dramatique ? et que, quelques décennies après que ses maillons primaire et secondaire ont figuré parmi les meilleurs du monde, ils sont aujourd'hui largement ruinés ? Nous le savons tous, il nous suffit pour cela d'interroger les enfants et les «jeunes» autour de nous, et de constater à quel point ils ont été privés d'une instruction de qualité, privés de langue, privés de culture, privés de connaissances. Ou plutôt, les seuls qui ne le savent pas sont les experts et les dirigeants de l'Éducation nationale : responsables de ce désastre, ils refusent obstinément de le reconnaître, nient l'évidence, et s'accrochent à leur pouvoir, pour ne pas devoir répondre des conséquences de leurs actes devant la collectivité et, sans doute, devant eux-mêmes.
Combien de parents et de grands-parents s'inquiètent toujours davantage en constatant le vide prétentieux des programmes et leur déstructuration systématique ? Combien d'élèves sentent confusément et sans avoir les mots pour le penser et le dire, que l'école ne leur donne plus la riche nourriture qu'elle pourrait leur donner et qu'elle a donnée aux anciennes générations, qu'elle ne leur donne plus que du petit lait ? N'est-ce pas là d'ailleurs la cause principale du développement toujours plus dramatique de la violence à l'école, qui ne croît dans les proportions inouïes que nous lui voyons aujourd'hui que dans la mesure où l'école a perdu son sens et sa raison d'être : instruire, transmettre des connaissances ? Et combien de professeurs se désespèrent et se révoltent, ouvertement ou en secret, en constatant qu'année après année, on leur demande de jouer un autre rôle que celui pour lequel ils sont faits - enseigner, éveiller des jeunes esprits, les faire sortir d'eux-mêmes, les emmener dans des mondes nouveaux pour eux, difficiles d'accès mais enchantés, qui ouvrent toutes grandes les portes de la liberté de penser, de créer et d'agir : la langue des livres, la littérature, les mathématiques, les sciences de la nature, les langues classiques, les langues vivantes, tout ce qui constitue la culture, tout ce qui constitue l'homme en tant qu'être pensant ?
Mais ce que ce livre, après tant d'autres, fait apparaître de manière éclatante et que tous les Français doivent comprendre et savoir, est que le désastre de l'école n'est pas le fait des professeurs et des instituteurs. Ils sont comme les élèves les victimes des politiques de l'Éducation nationale qui ont été voulues et imposées depuis trois ou quatre décennies par les experts, par les hiérarchies cooptées parmi les militants de la nouvelle école qui se sont mises en place aussi bien dans les organes officiels de décision que dans les syndicats majoritaires.
Rien n'est plus faux par exemple que l'accusation souvent proférée contre les professeurs «de ne pas pouvoir changer». Tous les Français doivent savoir qu'au cours de ces dernières décennies au contraire, les professeurs et les instituteurs ont dû boire le calice jusqu'à la lie et accepter des réformes inouïes qui leur étaient imposées d'en haut, par des gens qui ne tolèrent pas qu'on ose émettre le moindre doute à propos de leurs théories mirobolantes, et qui, particulièrement dans les IUFM, ne reculent devant aucun moyen de contrainte pour distiller leur poison, brouiller l'esprit de ceux qui sont insuffisamment armés pour leur résister, et obliger les autres au silence sous peine de sanctions financières ou de non-titularisation dans l'Éducation nationale.
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