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Oeuvres

Couverture du livre Oeuvres

Auteur : Georges Henein

Préface : Yves Bonnefoy | Berto Farhi

Date de saisie : 18/08/2006

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Roman français

Prix : 50.00 € / 327.98 F

ISBN : 978-2-207-25269-7

GENCOD : 9782207252697


  • La présentation de l'éditeur

Egyptien d'expression française, Georges Henein (1914-1973) apparaît aujourd'hui comme une grande voix oubliée de la littérature du XXe siècle, jaillie sur l'autre rive de la Méditerranée. Né au Caire dans un milieu francophone, Henein a joué un rôle décisif dans la formation d'une avant-garde littéraire et artistique égyptienne avant de s'exiler à Paris dans les années soixante. Poète avant tout, il publie aussi des nouvelles à mi-chemin entre le récit cruel et le poème en prose, à l'effet d'étrangeté frappant. Dans la presse égyptienne puis à L'Express et à Jeune Afrique, il a toujours considéré son principal métier, le journalisme, comme un art littéraire. Influencée par le surréalisme, mais singulière et secrète, l'oeuvre de Georges Henein fut saluée par André Breton, Henri Michaux et Yves Bonnefoy. Après une éclipse de plus de quarante ans, la plupart de ses textes étant devenus introuvables, ce volume rassemble pour la première fois l'intégralité de ses poèmes et de ses écrits en prose, ainsi que la meilleure part de ses essais et articles.





  • La revue de presse Olivier Weber - Le Point du 22 juin 2006

Du Nil aux quais de la Seine, le poète Georges Henein a traversé le siècle à la vitesse de l'éclair. Ecrivain d'origine égyptienne, éduqué en Europe, ami de Breton et de quelques autres surréalistes, Henein, né au Caire en 1914, incarna longtemps la figure du poète oublié. C'est dans la chronique des temps modernes cependant qu'il va jeter toute sa verve, avec une fraîcheur inquiète du regard, une fausse candeur masquant une causticité d'homme tendre et lucide. (...)


  • La revue de presse Clémence Boulouque - Le Figaro du 30 mars 2006

Dans un texte de ses vingt ans, sur le culte de l'impersonnalité, Georges Henein avouait désirer être découvert, par hasard, sur les quais de Seine par un lecteur qui ignorerait tout de lui. Longtemps, son voeu put être exaucé, tant l'oeuvre de l'écrivain, poète, chroniqueur était l'objet d'un culte entretenu par une poignée de fervents - au nombre desquels le poète Yves Bonnefoy. Ses oeuvres complètes donnent enfin la mesure de leur richesse, en un fourmillant désordre qui a peut-être été la cause de leur méconnaissance...

Autre pan de son oeuvre : ses quarante-neuf récits brefs, pour la plupart écrits pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils transfigurent la vie quotidienne égyptienne et mettent en scène des êtres qui échappent de peu à la destruction ; les textes, pour beaucoup inachevés et posthumes, témoignent d'un désespoir proche de celui de son ami Henri Calet...


  • La revue de presse Thomas Regnier - Le Nouvel Observateur du 23 mars 2006

«Le type le plus intelligent du Caire», disait de lui Malraux au romancier Henri Calet. «L'Orient travaille à la défense de la culture occidentale», annonçait, dans la «NRF» de 1939, le même Calet à propos d'«Art et liberté», revue que son ami égyptien s'apprêtait à fonder. «Il est difficile de parler du surréalisme sans lui faire sa place»,résumait quant à lui, au sujet d'un «prince de l'exil», un de ses premiers critiques, Sarane Alexandrian.Essentiel et pourtant oublié : Georges Henein, victime consentante d'une discrétion désabusée qui est souvent le fait des écrivains de la rareté, du silence et du refus. Fruit d'un patient travail d'exhumation, la présente édition établie par Pierre Vilar ressuscite une oeuvre courant des années 1930 aux années 1970, dans ses différents pans poétique, narratif et journalistique...

Certains articles parus au mitan des années 1960 sont des perles d'humour à l'anglaise. Lisant «Quelques Raisons de faire la guerre» ou «le Complot de la femme moderne», on songe à un Swift qui, au lieu d'ironiser sur la natalité irlandaise, aurait brocardé le xxe siècle et sa béate bonne conscience. Le révolté inflexible était aussi quelqu'un qui savait sourire.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, mars 2006

D'abord, il y a le bel objet : un livre relié, préfacé avec grâce par Yves Bonnefoy et Berto Farhi. Puis il y a l'injustice réparée : la publication des oeuvres (quasi) complètes de Georges Henein, poète d'origine égyptienne, nouvelliste, journaliste, oublié depuis près de quarante ans... Qu'il parle de Céline, de Marilyn Monroe ou de Françoise Hardy, l'écrivain brille par son ton libre, alerte, inaltérable. Il travaille dans cette urgence qui l'autorise à s'indigner ou s'émouvoir dans un même élan, une rage qui se teinte tantôt de mélancolie, tantôt de perfidie. Juste un exemple : «Raymond Roussel a snobé Marcel Proust, et, rien que pour cela, il a droit à notre sympathie... Poète sombre et chroniqueur véhément, Georges Henein méritait cette réhabilitation, aussi tardive soit-elle.


  • La revue de presse Nicolas Fargues - Le Monde du 3 février 2006

Il n'y a pas d'injustice en littérature. Tôt ou tard, on finit par reconnaître un auteur important, même s'il a négligé d'organiser sa propre postérité. Hormis, au début des années 1980, un Georges Henein par Alexandrian (Seghers, "Poètes d'aujourd'hui"), ainsi que quelques tentatives d'éditeurs à la visibilité limitée, c'est plus de trente ans après sa mort que, grâce à l'opiniâtreté d'une poignée d'universitaires et à la conviction d'Olivier Rubinstein chez Denoël, Georges Henein (Le Caire, 1914 - Paris, 1973) est rendu accessible dans sa dimension la plus significative.

Si l'écrivain, ami d'Henri Calet et d'Yves Bonnefoy, est resté méconnu à ce jour, c'est avant tout parce qu'il n'a pas laissé d'oeuvre à proprement parler : des plaquettes de poèmes et de récits, aujourd'hui introuvables, parues chez Corti, Minuit ou au Mercure de France, des essais, des articles politiques, des chroniques et autres éditoriaux de presse qui nous laissent seulement imaginer à quels romans, à quels volumes prémédités tout cela aurait pu aboutir si l'homme s'en était donné la peine...

Si le poète est sombre, le personnage, lui, est bien vivant : amoureux des femmes, cultivé, raffiné, drôle, truculent, provocateur, engagé, outrancier, charismatique, orateur-né, polyglotte, gourmand, fin amateur de peinture contemporaine, lecteur boulimique, voyageur, contemplatif, oisif et riche. C'est sous cet éclairage-là qu'on le découvre dans ses chroniques littéraires, publiées dès 1957 dans les feuilles de chou de l'époque : La Bourse égyptienne et Le Progrès égyptien. Egarés entre les comptes rendus d'un concours d'élégance canine ou d'une réception d'ambassade, les papiers d'Henein, nobles, limpides et péremptoires, nourris d'un sens inégalé et toujours renouvelé de la formule, jamais bavards,...

Etabli sous la direction de Pierre Vilar, ce copieux corpus doit notamment sa valeur à la compilation de ces commentaires longtemps ignorés, dont la portée n'avait cependant pas échappé à un lecteur de choix, plutôt avare de compliments. En 1957, ayant pris connaissance de la recension de D'un château l'autre par Henein, Céline lui écrit : "Cher Monsieur, votre chronique est superbe. Je crois que l'esprit dit français appartient à présent aux lettres d'ailleurs."... Saluons simplement Denoël et l'équipe de Pierre Vilar pour avoir procédé, selon la formule de l'Egyptien lui-même, à "la juste réhabilitation du métis".


  • La revue de presse Daniel Rondeau - L'Express du 26 janvier 2006

Yves Bonnefoy et Berto Fahri se relaient afin de saluer le lecteur à la porte de ce monument élevé pour recevoir l'oeuvre de Georges Henein. Bonnefoy, la figure même du poète, l'ami de la peinture et de Rome. Fahri, l'ancien journaliste de La Gazette égyptienne, puis de divers magazines, l'un de nos meilleurs mercenaires de la plume, qui rewrita nombre d'écrivains français. Deux hommes qui, chacun à sa façon, regardent leurs semblables et le monde avec une lucidité particulière.

Le premier fait oeuvre de justice en exfiltrant Georges Henein de la cage dorée du surréalisme (Bonnefoy dit, en fait, assez drôlement que Henein déprovincialisa le mouvement d'André Breton, et c'est bien vu). Il lui attribue la Méditerranée comme patrie... Voilà cette vie justifiée par cet ensemble de textes qui mêle poésies, articles et réflexions, suscitant à la fois espérance et esprit critique, dit Bonnefoy.


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