Auteur : Barry Unsworth
Traducteur : Anne Damour
Date de saisie : 25/01/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France
Collection : Traduit de
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-7021-3647-8
GENCOD : 9782702136478
Tandis qu'un vent violent retient prisonnière la flotte grecque dans le détroit d'Aulis, la frustration et l'équilibre politique fragile de sa coalition poussent un roi à sacrifier sa fille, faisant couler un sang qui apaisera les dieux et permettra à ses troupes de faire voile vers Troie et ses trésors tant convoités. Et lorsque Iphigénie, fille aînée d'Agamemnon, est amenée jusqu'au camp sous un faux prétexte et qu'on passe commande d'un couteau digne d'un tel sacrifice, c'est moins par la volonté des dieux que pour apaiser les ambitions personnelles et les luttes d'influence qui fragilisent Agamemnon. Mais un père peut-il réellement aller jusqu'à ces extrémités pour remporter une victoire politique et une fille peut-elle volontairement donner sa vie pour les ambitions de son père ?
Abandonnant les valeurs héroïques que nous attendions d'eux, les personnages mythiques de Barry Unsworth se conduisent comme des hommes politiques du XXIe siècle et utilisent un langage que nous reconnaissons comme le nôtre. Ainsi une légende vieille de deux mille sept cents ans éclaire-t-elle de sa stupéfiante modernité le caractère tristement immuable de la nature humaine.
Barry Unsworth, né en 1930 en Angleterre, a longtemps vécu en Finlande avant de s'établir en Italie. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont La Vierge de pierre, L'Île de Pascali, Le Nègre du paradis, pour lequel il a obtenu le Booker Prize, Une affaire de moralité, Un été en Italie et La Folie Nelson.
«C'était la sixième nuit. Il était resté allongé sans fermer l'oeil la plus grande partie du temps, à écouter le vent, sentant le corps du garçon endormi à son côté, saisi d'angoisse à la pensée qu'il ne connaissait toujours pas le messager, à la pensée que d'autres échecs pourraient suivre. Les accents du vent lui étaient devenus familiers ; tendu sous l'effet de la concentration, il pensait pouvoir les dissocier, reconnaître le hurlement strident dans les hauteurs, parmi les roches nues, le frôlement sourd dans les buissons en bas, le claquement de la toile mal fixée des tentes. Il tendait l'oreille pour entendre les sons les plus ténus, les sanglots et soupirs isolés, le mouvement de l'herbe, le léger raclement des galets roulés le long du rivage. Un vent du nord-est, inhabituel en cette saison, maintenait la flotte prisonnière en ces détroits d'Aulis, et l'armée avec elle, éveillant chaque matin chez les hommes l'inquiétante conscience du déplaisir de quelque dieu. Il venait de la direction de Troie, où résidaient leurs rêves de conquête...»
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