Auteur : Jérôme Garcin
Date de saisie : 11/02/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-07-077589-7
GENCOD : 9782070775897
«27 août 2005. Dernier galop dans la plaine arasée de l'été déjà finissant. Dernière cueillette de mûres, et l'Eaubac gourmand qui s'arrête le long des haies épineuses et incline sa tête curieuse vers ma main gorgée de juteuses douceurs. Dernière plongée dans les sous-bois où je serre si fort et embrasse son encolure de velours pour éviter les branches basses et le laisser m'emmener, comme un fils donne la main à son père. Dernier trotting sur les petites routes, et je ferme les yeux, et je ne vois qu'avec mon corps en lévitation, et j'oublie tout, bercé par le rythme cadencé des fers sur le macadam tiède. Derniers frissons. Dernière promenade amoureuse, animale, végétale, sous un ciel d'accompagnement, dans une lumière d'autrefois qui lentement décline.»
Jérôme Garcin dirige les pages culturelles du Nouvel Observateur et anime Le Masque et la Plume sur France Inter. Il est notamment l'auteur, chez Gallimard, de Pour Jean Prévost, prix Médicis essai 1994, de Théâtre intime, prix France Télévisions 2003, et de Bartabas, roman, prix Jean Freustié 2005.
... Chaque lundi,... ce fin lettré, responsable des pages culturelles d'un grand hebdomadaire, est aux prises avec tous les premiers couteaux de la comédie parisienne, avec le spectacle de leurs petites vanités, de leurs perfidies, de leurs escarmouches - et l'asphyxie lui embrume alors l'esprit. Mais, dès le vendredi, il change d'identité, gonfle ses poumons et file vers le pays d'Auge, où il retrouve Eaubac, son cheval, avec lequel il se perd sur des sentiers ombreux et mouillés. Là, loin du charivari littéraire, il redevient centaure, amant cérébral de son «animal justicier», maître et serviteur de cette part extérieure de lui-même qui, enfin, le rend à sa vérité. L'équilibre, l'obstination, le rythme, la nature domptée par le travail, l'esprit ensauvagé par un bruit de sabot font aussitôt toute sa métaphysique. Et, juché sur son «prince courtois et hautain», il s'abandonne à la sensation, aux flux de mémoire, au bonheur clandestin. Entre le bruit et la cadence, entre le cirque et le manège, ce «Cavalier seul» raconte ainsi l'histoire d'un moraliste qui, au contact du poil fauve de sa bête, ne veut plus, ne sait plus, distinguer l'équidé de l'équité...
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli