Auteur : Paul Claudel | Romain Rolland
Date de saisie : 18/08/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Les cahiers de la NRF
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-07-077557-6
GENCOD : 9782070775576
Paul Claudel vs Romain Rolland ! Tout les séparait : religion, philosophie, politique - et même la littérature. L'un était poète d'abord, créateur de ses formes d'art, l'autre romancier, sagement fidèle à l'idiome reçu de ses pères. Et pourtant... après un demi-siècle d'éloignement et de mutuelle incompréhension, ils se rencontrent ; avec une heureuse surprise ils se découvrent très proches, voire fraternellement unis dans leur vision des êtres et des choses. Une seule faille subsiste, irréductible : l'un et l'autre sont pénétrés d'esprit religieux ; tous deux fréquentent la Bible et les Pères de l'Eglise ; mais, en dépit des efforts infatigables de Paul. Romain reste " sur le seuil de la dernière porte " : celle de l'accès aux sacrements. Cependant, cet ultime point d'achoppement, loin d'entraver leur dialogue, le nourrit davantage d'étape en étape. L'artisan de cette reconnaissance miraculeuse ne fut autre que Marie, alias " Macha ", la seconde épouse de Romain Rolland. Celui-ci l'atteste au printemps 1940 : " Macha a établi le pont entre deux abîmes ". Les témoignages ici publiés (pour la plupart inédits) abordent - outre le débat théologique - trois domaines privilégiés : la musique, à commencer par celle de Beethoven ; l'art littéraire et ses interprètes, anciens et modernes ; l'univers et les idées politiques. Mais les pages les plus piquantes sont réservées aux portraits que Romain Rolland peint à loisir de l'ami retrouvé : l'admiration de son génie n'entame en rien la lucidité du regard porté sur l'homme. Marie Romain Rolland avait elle-même conçu le projet d'un mémorial en forme de " Cahier ". Le temps de sa mise en oeuvre lui manquant, elle remit à l'un des deux cosignataires du présent volume les documents assemblés par ses soins, le priant de nouer la gerbe en son nom. Voici - avec un retard trop long - son ultime prière exaucée.
Gérald Antoine, membre de l'Institut, est spécialiste d'histoire de la langue et de st stylistique littéraire. Continuateur de l'Hstoire de la langue française de F. Brunot, il a d'autre part écrit sur plusieurs écrivains des XIXe et XXe siècles - en particulier Sainte-Beuve et Claudel. Bernard Duchatelet, professeur émérite de l'Université de Bretagne occidentale (Brest), a publié un Romain Rolland tel qu'en lui-même ; il a édité plusieurs correspondances inédites de ce dernier, dont Romain Rolland et la NRF, et des pages de son journal, telle Voyage à Moscou, Il achève la publication de la Correspondance générale de Roger Martin du Gard.
Paul Claudel et Romain Rolland ! Tout les séparait : religion, philosophie, politique - et même la littérature. L'un était poète d'abord, créateur de ses formes d'art, l'autre romancier, sagement fidèle à l'idiome reçu de ses pères. Et pourtant... après un demi-siècle d'éloignement et de mutuelle incompréhension, ils se rencontrent ; avec une heureuse surprise ils se découvrent très proches, voire fraternellement unis dans leur vision des êtres et des choses. Une seule faille subsiste, irréductible : l'un et l'autre sont pénétrés d'esprit religieux ; tous deux fréquentent la Bible et les Pères de l'Église ; mais, en dépit des efforts infatigables de Paul, Romain reste «sur le seuil de la dernière porte» : celle de l'accès aux sacrements. Cependant, cet ultime point d'achoppement, loin d'entraver leur dialogue, le nourrit davantage d'étape en étape.
L'artisan de cette re-connaissance miraculeuse ne fut autre que Marie, alias «Macha», la seconde épouse de Romain Rolland. Celui-ci l'atteste au printemps 1940 : «Macha a établi le pont entre deux abîmes.»
Les témoignages ici publiés (pour la plupart inédits) abordent - outre le débat théologique - trois domaines privilégiés : la musique, à commencer par celle de Beethoven ; l'art littéraire et ses interprètes, anciens et modernes ; l'univers et les idées politiques. Mais les pages les plus piquantes sont réservées aux portraits que Romain Rolland peint à loisir de l'ami retrouvé : l'admiration de son génie n'entame en rien la lucidité du regard porté sur l'homme.
Marie Romain Rolland avait elle-même conçu le projet d'un mémorial en forme de «Cahier». Le temps de sa mise en oeuvre lui manquant, elle remit à l'un des deux cosignataires du présent volume les documents assemblés par ses soins, le priant de nouer la gerbe en son nom. Voici - avec un retard trop long - son ultime prière exaucée.
Gérald Antoine, membre de l'Institut, est spécialiste d'histoire de la langue et de stylistique littéraire. Continuateur de l'Histoire de la langue française de F. Brunot, il a d'autre part écrit sur plusieurs écrivains des XIXe et XXe siècles - en particulier Sainte-Beuve et Claudel.
Bernard Duchatelet, professeur émérite de l'Université de Bretagne occidentale (Brest), a publié un Romain Rolland tel qu'en lui-même ; il a édité plusieurs correspondances inédites de ce dernier, dont Romain Rolland et la NRF, et des pages de son Journal, tel le Voyage à Moscou. Il achève la publication de la Correspondance générale de Roger Martin du Gard.
«On ne trouvera pas ici une correspondance solennelle entre deux écrivains mondialement célèbres, l'un académicien, l'autre prix Nobel, mais l'assaut de poings furibonds semblables aux fureurs de Jéhovah, contre une conscience paisible, souple et amusée, forte de bien d'autres convictions.»
«Disons tout de suite que l'intérêt de Une visite à Brangues consiste surtout dans la voix de Claudel qui l'accompagne.
Claudel et Rolland firent connaissance en 1882, dans la khâgne du lycée Louis-le-Grand, «lui vétéran et moi bizuth», dira Claudel. Paul était né en 1868, Romain en 1866. Ils partageaient la même passion pour la musique de Wagner, allaient au concert ensemble. En 1885, Claudel quitta le lycée pour entrer à «Sciences Po», Rolland intègrera le rue d'Ulm l'année suivante. Chacun dès lors suivit sa voie et ils se perdirent de vue, tout en réagissant aux oeuvres de l'autre. Si, en 1913, Romain Rolland consacrait un article magnifique et enthousiaste à L'Annonce faite à Marie, cela ne l'empêchait pas de juger l'oeuvre de Claudel difficile et factice. Quant à Claudel, il ne manifestait pas la moindre estime pour «cet affreux personnage, ce Romain Rolland au jus de chique que je ne connais que trop...».
«Le Claudel est un animal très dangereux...»
«C'est une jeune femme russe, ex-bolchevique, Maria Koudacheva, dite Macha, qui provoqua ce que Romain Rolland appela leur «retrouvance». Seconde épouse de Romain Rolland, elle avait perdu ses illusions politiques lors de la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939 et s'était tournée vers la religion. Elle admirait l'oeuvre de Claudel et eut l'idée de s'adresser à lui, poussée aussi par un sentiment quasi amoureux pour le poète chrétien. Celui qui n'était pas encore son mari lui avait pourtant écrit en 1929 : «Le Claudel est un animal très dangereux, si on l'ampute de son génie. Il a de l'intelligence et de la force, - mais un fond de grosse et brutale sensualité.» Après une correspondance rondement menée par Claudel que la femme n'intéressait guère, mais qui fonçait sur toute âme à prendre, Macha abjurait la religion orthodoxe le 10 février 1940. Claudel et Rolland se rencontrèrent finalement à Paris, le 17 mars 1940. Entre ces deux septuagénaires, les ardeurs mystiques et sentimentales de Macha ne tiraient pas à conséquence : «Il s'excuse avec embarras d'avoir pu faire intrusion dans mon ménage... Il ne laisse pas d'être un peu gêné à mon égard...» Rolland suivra avec une affection ironique les élans claudéliens de sa femme, et il la consolera des rebuffades qu'elle ne manquera pas de subir. Anticipons tout de suite en citant une lettre de Claudel à Françoise de Marcilly, du 20 janvier 1945, après la mort de Rolland : «Sa femme est une Franco-Russe, ancienne bolchevique, qui s'est convertie, en grande partie, je crois, pour obtenir mon amour ( ! ! !) Vous n'imaginez pas ce que j'ai eu à souffrir avec cette timbrée depuis six ans !» Difficile d'être plus mufle, mais c'était dans son caractère...»
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli