Auteur : Cristoforo Fioravante, Niccolo Di Michiel | Pietro Querini
Traducteur : Claire Judde de la Rivière
Date de saisie : 21/01/2006
Genre : Récits de Voyages
Editeur : Anacharsis, Toulouse, France
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-914777-20-9
GENCOD : 9782914777209
En avril 1431, la nef Querina, navire vénitien, quitte la Crète pour les Flandres, avec à son bord soixante-huit hommes. Le voyage devait durer dix mois. Dix-huit mois plus tard, seuls onze rescapés emplis d'effroi reviennent à Venise. De leur épouvantable naufrage aux abords du cercle polaire, nous possédons deux témoignages, à la fois complémentaires et divergents, l'un de Pietro Querini, propriétaire et capitaine du navire, et l'autre des marins Cristoforo Fioravante et Nicolo de Michiel. Tous racontent comment, poussés par des tempêtes incessantes en plein Atlantique, après des semaines de dérive sur une nef en désagrégation qu'il fallut abandonner pour de frêles chaloupes, ils échouèrent finalement, au coeur de l'hiver boréal, sur une île déserte de l'archipel des Lofoten, au nord de la Norvège. Dans ces récits de survivants nous est révélée avec une force rare la peur universelle de l'engloutissement dans les abysses.
Dans sa postface, Claire Judde de Larivière enquête sur le statut et la genèse de ces textes, sur ce qu'ils nous disent, en ce début de XVe siècle, de la peur et de la souffrance individuelle ou collective. Spécialiste de l'histoire de Venise à la fin du Moyen Âge, elle enseigne actuellement à l'Université de Londres (Birkbeck College).
«Les écrivains et les historiens, les psychologues et les sociologues, les enfants, les vieillards raffolent des naufrages. Et ils ont l'avantage de disposer d'une matière première abondante car les bateaux ont beaucoup coulé au long des siècles.»
«Le plus souvent ces désastres n'ont pas laissé de traces car les marins étaient noyés. D'autres fois, quelques survivants ont pu s'accrocher à une planche, rallier une île et publier leurs souvenirs à leur retour dans leur patrie - ainsi les terrifiants massacres parmi les survivants du Batavia racontés récemment par Simon Leys. Ainsi le naufrage de Bontekoe dans la mer de Chine ou celui du Terschelling sur les côtes du Bengale. Ainsi le matelot écossais Alexander Selkirk qui a eu la chance d'avoir trouvé, pour dire ses tribulations sur l'île Juan Fernandez, un «nègre» de luxe, Daniel Defoe.
Un nouveau titre vient compléter cette bibliothèque du désastre. Il est publié par une excellente maison d'édition, Anacharsis, qui n'a peur de rien puisqu'elle nous a présenté depuis deux ans, dans des volumes soignés, élégants et érudits, des textes aussi rares que Tirant le Blanc, Histoire de Montauban capitaine flibustier, ou Le Voyage d'Occident de Nicandre de Corcyre. Vient s'ajouter à son jeune catalogue Naufragés, de Pietro Querini, Cristoforo Fioravante et Nicolo de Michiel.
En avril I43I, la nef Querina, armée par le capitaine vénitien Pietro Querini, met à la voile à Candie, en Crète, avec le projet de vendre du vin et des produits alimentaires dans les Flandres. Mais, les vents sont mal lunés et le bateau se retrouve au Nord de l'Islande. L'équipage quitte le bateau en perdition, s'empile dans deux embarcations et se réfugie sur une île des Lofoten, au Nord de la Norvège. Sur les soixante-huit hommes de l'équipage, onze regagneront Venise dix-huit mois plus tard.
De cette catastrophe, nous possédons deux comptes rendus. Le premier est du capitaine Pietro Querini. L'autre est signé de deux officiers, Cristoforo Fioravante et Nicolo de Michiel...»
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