Auteur : Ferdinand Schlingensiepen
Traducteur : Charles Chauvin et Raymond Mengus
Date de saisie : 27/01/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Salvator, Paris, France
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 978-2-7067-0406-2
GENCOD : 9782706704062
Du pasteur et résistant Dietrich Bonhoeffer, un large public de langue française avait découvert, dans les années 1960, les lettres de prison ("Résistance et soumission"). Et aussi, parfois, des écrits plus directement théologiques: "Le Prix de la grâce"; "De la Vie communautaire" ; "Ethique". Quelques-uns de nous se seront alors mis à la grande biographie de son ami Bethge. Quel est l'intérêt d'une nouvelle biographie de Bonhoeffer, cent ans après sa naissance ?
De ce roman vrai qu'a été sa vie, Ferdinand Schlingensiepen offre un récit aussi saisissant que documenté. Au fil de 12 chapitres - et de 39 années exceptionnellement denses -, il dessine sans pathos la figure d'un homme de conviction, de culture et de courage. En un temps et dans un pays livrés à tellement de forces d'inhumanité, on devine combien il en fallait, de culture, de conviction, de courage, pour ne pas se laisser aliéner. Et pour aller au bout d'un parcours dramatique.
Ayant jadis travaillé le sujet pour ma thèse de doctorat, j'oserai attester qu'il me paraît présenter aujourd'hui plus d'intérêt encore. En tout cas, je souhaite que beaucoup retirent de cet ouvrage autant de plaisir et de profit que j'en ai trouvé à le traduire avec Charles Chauvin.
Raymond Mengus, co-traducteur de l'ouvrage
Sur la base de nouvelles sources (oeuvres complètes, correspondances diverses), l'auteur nous décrit l'itinéraire exemplaire et courageux du pasteur luthérien allemand, Dietrich Bonhoeffer. Dans cet ouvrage, il fait preuve d'une très grande maîtrise pour présenter en Dietrich Bonhoeffer l'homme, l'écrivain, le résistant à Hitler, le théologien d'exception qui ouvre de nouvelles voies au christianisme contemporain. Après une longue période - puisque le livre de Eberhard Bethge remonte à 1967 - cette biographie devient l'ouvrage de référence sur Dietrich Bonhoeffer.
Ferdinand Schlingensiepen, né en 1929, a été président de la Diaconie de Düsseldorf-Kaiserswerth. En 1972, il a organisé le premier congrès international consacré à Bonhoeffer et a été à l'origine de la fondation de la Société Bonhoeffer. On lui doit de nombreuses publications sur Dietrich Bonhoeffer, Heinrich Heine et Theodor Fontane.
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«La vie de Dietrich Bonhoeffer a été déterminée par les deux Guerres mondiales du siècle. Le 4 février 1906, - quelques années avant la Première Guerre mondiale, sa soeur jumelle et lui voient le jour à Breslau. Le 9 avril 1945, quelques jours avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a été assassiné sur ordre personnel de Hitler à Flossenbürg.
À sa naissance, l'Allemagne vivait sous régime impérial et Dietrich Bonhoeffer s'en est souvenu de façon particulière, surtout qu'en 1912, sa famille a déménagé à Berlin, la capitale de l'Empire. La signification d'une guerre lui est devenue consciente tout spécialement lors de la mort de son second frère qui mourut en 1918 d'une grave blessure. Le deuil de ce fils vécu douloureusement par sa mère a fait partie des impressions les plus intenses de son enfance.
Durant les années marquantes de l'école primaire et secondaire, puis de l'université, l'Allemagne était devenue une République, qui fut l'objet d'un rejet d'une violence croissante de la part d'une grande partie de la population; mais ce ne fut pas le cas de sa famille ni de ceux qui la fréquentaient. Aussi pour lui, défendre une opinion politique différente, ne fut pas quelque chose d'inhabituel. Il a fait ses études universitaires en un temps de controverses politiques. Une année en Espagne puis une autre aux Etats-Unis ont élargi ses perspectives - ainsi que son regard sur l'Allemagne. Ensuite il a pu enrichir ses premières expériences à Berlin en devenant maître-assistant à l'Université et puis pasteur, avant que ne s'amorce le temps de la dictature avec la prise du pouvoir par Hitler dont le régime allait durer douze années pendant lesquelles Dietrich Bonhoeffer est devenu un représentant convaincu de l'«autre Allemagne»...»
Extrait de la préface :
«La première fois que j'ai rencontré le nom de Bonhoeffer, ce fut en 1948, quand j'ai reçu en cadeau un modeste écrit publié par le hollandais Willem Vissert Hooft Das Zeugnis eines Boten (Le témoignage d'un messager). J'ai été fasciné par la façon vivante dont était présenté le personnage. Toutefois je n'eus pas l'idée d'interroger mon père sur Bonhoeffer. C'est des années plus tard que j'ai appris qu'il ne s'était pas contenté de le connaître, mais qu'il s'était retrouvé assis à ses côtés «dans un panier à salade» et qu'il avait été amené à s'entretenir avec lui, lorsqu'il s'était trouvé avec d'autres théologiens emprisonné dans la maison de Martin Niemiller. Jusqu'à la fin de mes études universitaires, Bonhoeffer est resté pour moi un nom de la période de la lutte des Églises que l'on citait avec respect en même temps que les noms de Paul Schneider, Lutz Steil, Werner Sylten, Friedrich Weissler et Friedrich Justus Perels, lesquels ont été également en leur qualité de pasteurs ou de membres de l'Église confessante assassinés dans les camps de concentration des SS...»
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