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Théorie, littérature, enseignement, n° 23. Motif, motifs : linguistique, littérature, philosophie

Couverture du livre Théorie, littérature, enseignement, n° 23. Motif, motifs : linguistique, littérature, philosophie

Auteur : Dirigé par Yves Abrioux

Date de saisie : 27/01/2006

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Presses universitaires de Vincennes, Saint-Denis, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-84292-173-6

GENCOD : 9782842921736


  • La dédicace de l'auteur

La répétition, avec ou sans développement, d'une phrase de musique ou d'une forme peinte : voilà vraisemblablement ce qui vient d'emblée à l'esprit de quiconque pense au «motif». Or, depuis peu, la linguistique a à son tour recours à ce terme. Dans un travail de théorisation passionnant et en plein développement, Pierre Cadiot et Yves-Marie Visetti font appel au motif pour renouveler la description de la dynamique discursive et interprétative. Le modèle non linéaire, et donc complexe, de la sémantique proposée par ces auteurs identifie une forme ou phase de sens difficilement saisissable mais repérable en amont de toute distinction entre sens littéral et figuré Baptisant «motif» cette phase de sens, Cadiot et Visetti montre comment elle s'enchaîne avec des phases dites de «profilage» et de «thématisation», au fil d'un processus qui provoque l'émergence de formes sémantiques stabilisées. Nous avons voulu mesurer ce que cette théorie pouvait apporter à l'analyse de textes littéraires (Francis Ponge) ou à l'interprétation des paroles d'une oeuvre chorale contemporaine (John Adams). Nous proposons également des analyses de romans (Claude Simon, Robert Coover) qui explorent la pertinence du motif, sans avoir recours à cette théorisation. D'autres auteurs encore examinent la pertinence d'une notion de motif dans la lecture de la philosophie de Wittgenstein ou de Deleuze. Un dernier texte se penche sur un secteur important de la linguistique cognitive s'appuyant sur les «schèmes mentaux», dont les travaux de Cadiot et Visetti à certains égards se rapprochent.

Yves Abrioux, directeur de la revue



  • La présentation de l'éditeur

Ce volume se propose de questionner le concept de motif. Dans le sillage des travaux de Pierre Cadiot et Yves-Marie Visetti, certains auteurs soulignent les apports dans le champ littéraire, philosophique ou encore linguistique d'une théorie des formes sémantiques inspirée des théories gestaltistes et des sciences contemporaines de la dynamique. D'autres articles opèrent des déplacements conceptuels de la notion de motif.



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  • Les premières lignes

«C'est la musique qui, pour Wittgenstein, au temps du Tractatus, s'offre comme paradigme majeur pour comprendre le statut en réalité inexplicable des «relations internes», quelque chose de fondamental, d'élémentaire, et finalement d'inanalysable en quoi se «résout» tout complexe de signification dans le langage. On mesure ce qu'a de crucial ce modèle artistique pour la saisie des liaisons premières et absolument simples, du moins en droit, dans leur rôle d'ancrage de la sensibilité à la signification, plus que d'atomes clairs ou clarifiables d'explication. Pourquoi ?

La musique plus que tout autre art se distingue par son (...) caractère projectif, de fait exemplaire car elle est «le plus raffiné» des arts, dit une des Remarques Mêlées (1931). La musique montre ce qu'il en est, à son échelle, de «modéliser» la structure du monde par la projection de relations fonctionnelles à partir de formes en elles-mêmes seulement projectibles, nullement définissables. L'auto-suffisance de ces signes de relations fonctionnelles, en l'espèce des notes sur une portée, leur autonomie sémantique qui les rend absolument indépendantes de tout texte, de tout récit ou poème, est un gage d'absolu sémantique, sans recours ni renvoi à une entité supérieure dont ces signes tireraient une quelconque justification. L'aspect total de l'oeuvre artistique achève de conférer à la conception du Tractatus la dimension d'un cadre délimitant comparable au dôme d'une architecture de symboles sans défaut ni manque, où tout se tient en ordre et en dehors duquel il est «illogique» de penser...»


Extrait de la présentation :

«La problématique du motif, à laquelle est consacré ce numéro de TLE, a été inspirée par un vif intérêt du Centre de Recherches sur la Littérature et la Cognition pour les travaux en sémantique conduits depuis quelques années par Pierre Cadiot et Yves-Marie Visetti. L'ouvrage Pour irae Théorie des formes sémantiques (2001), qui constitue à ce jour l'expression la plus complète de cette recherche, fut préfiguré par un long exposé paru dans TLE n° 18 (2000). En introduction de notre recueil d'articles, nous voudrions rappeler les grandes lignes de travail de théorisation auquel se réfèrent directement plusieurs des textes présentés ici. Nous saisirons également l'occasion de fournir quelques aperçus sur les élaborations plus récentes des auteurs, car l'évolution - ou plus précisément l'extension - théorique en cours ne fait qu'accentuer l'intérêt d'une prise en compte du travail de Cadiot et Visetti dans le champ de la théorie littéraire, dont on sait qu'il constitue la préoccupation principale de TLE. Nous conclurons cette présentation en considérant la manière dont les travaux de Cadiot et Visetti résonnent avec des approches du fait littéraire ou de la conceptualisation philosophique abordées dans d'autres articles publiés ici, même s'ils font peu référence à leurs travaux, voire ne les évoquent pas...»


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