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Le nu moderne au Salon (1799-1853) : revue de presse

Couverture du livre Le nu moderne au Salon (1799-1853) : revue de presse

Auteur : Textes réunis et présentés par Dominique Massonnaud

Date de saisie : 25/01/2006

Genre : Arts

Editeur : ELLUG, Grenoble, France

Collection : Archives critiques, n° 5

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-84310-067-3

GENCOD : 9782843100673


  • La dédicace de l'auteur

Ce livre, je l'ai dédicacé à ceux qui m'ont appris à regarder les corps peints, les corps sculptés, à entendre aussi les paroles de la biologie ou de la médecine : les mots qui cernent les corps naissants, souffrants, la nudité des corps entamés, arrêtés. L'origine intime de ce travail est peut être cet étrange mot d'ordre de mon père, entendu souvent à l'occasion de situations banales : "respecte le corps humain." Les textes et dessins réunis ici racontent les surprises du regard, à l'époque où naît la clinique : le corps parlant où l'homme de l'art lit un diagnostic.
J'ai choisi de rassembler les discours d'hommes et femmes célèbres ou oubliés, écrivains, artistes ou journalistes d'un jour. Leurs textes, leurs caricatures de presse, pour la plupart, inédits, tentent de saisir le bouleversement, la déroute, la surprise heureuse ou inquiète en face des représentations de nus qui choquaient en leur temps. Les débats sont violents et pourraient faire paraître bien fades les emportements médiatiques d'aujourd'hui : faut-il représenter le premier consul Napoléon Bonaparte entièrement nu, ou pas ? Des feuilles de vigne sont accrochées aux statues exposées au Salon parisien... Géricault attaque la monarchie en exposant «Le Radeau de la Méduse... L'Odalisque» d'Ingres a trop de vertèbres...Courbet est-il fou de peindre une «Baigneuse» si laide ? Drôles, érudits, passionnants ou ridicules, ces regards sont importants. Ils cernent au plus près les ébranlements qui ont fait l'histoire de l'art. Ils rappellent la permanente fragilité qui est la nôtre face à la nouveauté artistique et ils nous font découvrir des toiles ou regarder autrement les oeuvres bien connues. Ce sont des documents donnés à ceux que passionne une recherche savante, ce sont aussi des témoignages vivants qui parlent de ce qui appartient, en propre, à chacun d'entre nous.

Dominique Massonnaud



  • La présentation de l'éditeur

La lecture de la presse dans la première moitié du XIXe siècle peut faire paraître bien ternes et fades les débats et polémiques d'aujourd'hui... Le ton s'enfle et s'anime particulièrement lorsque des nus sont exposés au salon des Artistes vivants. Les peintres et sculpteurs sont-ils fous de montrer de tels objets, qui sont des atteintes à la pudeur ? Ils choquent et provoquent des réactions qui vont leur assurer une reconnaissance «médiatique» dans un champ artistique qui s'ouvre à l'économie de marché.

L'anthologie présentée ici offre textes et caricatures qui accueillent les nus dits «modernes» de David, Girodet, Gérôme, Delacroix, Pradier, Chassériau, Clésinger ou Courbet, entre autres... Outre le plaisir que peuvent donner ces exercices de style - pour la plupart inédits -, leur lecture montre les enjeux politiques, esthétiques, sociaux que prennent les objets d'art dans la période des révolutions.



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  • Les premières lignes

Avertissement :

«La collection Archives critiques se donne pour objectif d'enrichir et de revivifier le débat critique contemporain en fournissant à la communauté universitaire - et à tout public intéressé - des textes critiques peu connus ou peu disponibles, concernant des auteurs, des mouvements, des genres, des questions d'histoire littéraire et d'histoire de l'art du XIXe siècle et du XXe siècle.

Les textes sont sélectionnés en fonction de l'éclairage nouveau qu'ils permettent de jeter sur des questions jugées connues, ou de la nouveauté des approches qu'ils font surgir. Restituer la variété du foisonnement critique (qui double l'expansion de la fiction de masse), permettre le développement d'une histoire de la critique à l'époque contemporaine, porter à la connaissance de tous les éléments des réceptions ou les termes des débats qui ont orienté les différents moments de notre histoire littéraire, artistique et culturelle, telle est l'ambition de cette collection, qui vise ainsi à approfondir notre connaissance de la littérature et des arts dans leur ancrage social, culturel et politique. On y trouvera donc des reproductions d'essais critiques, des séries d'articles, des anthologies thématiques, recueils de textes, tous sélectionnés et annotés par des spécialistes et fournis dans leur intégralité, afin d'offrir au lecteur l'approche à la fois la plus large et la plus précise possible des questions abordées.»


Extrait de l'introduction :

«Depuis une quinzaine d'années, la connaissance des discours sur l'art s'est enrichie d'analyses de la critique d'art comme genre littéraire, de collations de textes d'écrivains, d'artistes, de collectionneurs mais aussi de feuilletonistes ou de salonniers du XIXe siècle, qui furent ensuite oubliés par la postérité. La recherche anglaise et américaine a considérablement ouvert cet espace d'investigations. En France, on peut signaler les textes réunis par Denys Riout, sous le titre Les Ecrivains devant l'impressionnisme ou Regards d'écrivains au musée d'Orsay, qui offrent d'exemplaires anthologies de textes de la seconde moitié du XIXe siècle. Il importait que la collection «Archives critiques» s'inscrive dans ce souci de mise à disposition d'écrits qui permet une approche renouvelée de l'histoire de l'art du XIXe siècle. L'originalité de la présente collation réside dans le déplacement opéré, vers la première moitié du siècle, ainsi que dans l'homogénéité thématique privilégiée, le nu, «premier et dernier mot de l'art», selon Manet...»


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