Auteur : Wei-Wei
Date de saisie : 24/08/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : Regards croisés
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7526-0197-1
GENCOD : 9782752601971
Pourquoi n'écris-je pas mes livres en chinois, moi une Chinoise née et éduquée en Chine ?
Pourquoi ne les écris-je pas en anglais, moi qui vis depuis plus de seize ans en Angleterre ?
Pourquoi les écris-je en français ?
Eh bien, parce que... Tout a commencé en 1976, dans un hameau niché au fond d'un repli montagneux, au sud de la Chine. J'avais alors 19 ans. Je me suis destinée à la médecine, mais le destin en a décidé autrement...
Le chinois est la langue que j'ai héritée de mes parents, l'anglais est la langue que j'ai apprise pour le business, le français est la langue que j'ai épousée. C'était au début un mariage arrangé, mais plus tard j'ai découvert l'amour, et que les mots soignent, aussi...
Wei Wei
Wei-Wei nous raconte comment «une farce du destin» l'a conduite, à l'âge de dix-neuf ans, à entrer à l'université pour y apprendre le français alors qu'elle rêvait d'étudier la médecine depuis sa plus tendre enfance. Pourtant, elle réussira à aimer notre langue au point d'en faire sa langue d'écriture. Après sa galerie de portraits de femmes chinoises dressés dans ses précédents romans, Wei-Wei nous parle d'elle et nous transmet son insatiable amour de la vie.
Une fille Zhuang, étonnant fragment d'autobiographie, est un très beau roman d'apprentissage et d'amour, puisque Wei-Wei réussira à aimer notre langue comme à imposer son amoureux à ses parents qui lui destinaient un autre fiancé. Une Wei-Wei enfin maître de son destin.
Wei-Wei est née en 1957 à Guangxi, au sud de la Chine. Adolescente à la fin de la révolution culturelle, elle est envoyée à la campagne pour y être rééduquée. Après des études de français, elle séjourne à Paris, puis près de Manchester où elle vit désormais. Elle est également l'auteur de Fleurs de Chine (L'Aube 2001, et l'Aube poche 2003), La couleur du bonheur (Denoël 1996, et l'Aube poche 2002), le Yangtsé sacrifié (Denoel 1997, et l'Aube poche 2004).
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"Est-ce que le livre vous a fait rire ?" C'est la première question de Wei-Wei, qui en pose beaucoup. Toujours polie, souriante, avec une lueur d'espièglerie dans le regard qui n'illumine pas qu'elle - mais toute la table, le restaurant et certainement aussi la rue d'à côté et les rues adjacentes. Son dernier roman, Une fille Zhuang, fait rire, effectivement, mais d'un rire de connivence, le rire de l'intelligence qui ne passe que par les yeux et résonne en silence. On dit qu'il existe des joies contemplatives et mystiques. Lisant Wei-Wei, on sait soudain qu'il existe un rire de la beauté et de la délicatesse, une architecture heureuse et mystérieuse qui fait tenir le texte, le rend beau, le rend drôle, passe sur les ellipses comme autant de caresses et révèle un dialogue ininterrompu entre français et chinois. Ce livre respire en bilingue, inspire chinois, expire français - et vit en retenant son souffle une vie de visions. "Je vois les choses, je les écris ensuite. C'est très chinois."...
Une fille Zhuang est son quatrième roman, certainement le plus beau. Il va et vient entre chinois et français, sans que l'on sache exactement ce qui participe de l'un ou de l'autre. La distance est toujours là, mais dynamique. Car "le chinois est une langue visuelle. Le français est une langue de sons". Elle voit en chinois, elle écrit en français, réussissant l'improbable amalgame d'une vision sonore.
omment une Chinoise née en 1957 devient un écrivain de langue française, après avoir eu longtemps, en guise de livres de chevet, Manuel du médecin généraliste et Collection de plantes médicinales, ou comment faire contre mauvaise fortune bon coeur en cas de vocation contrariée : voilà ce que nous raconte Wei-Wei, l'auteur de Fleurs de Chine (L'Aube, 2001). Elle avance d'un pas léger, dansant, armée d'une profusion de proverbes colorés qui marient la sagesse de ses deux nations. Il semble que la gaîté lui soit naturelle, aussi les drames qu'elle traverse sont-ils toujours balayés par la malice et le bonheur de vivre...
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