Passion du livre - tout sur le livre : A contre-jour(nal)

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

A contre-jour(nal)

Couverture du livre A contre-jour(nal)

Auteur : Claire Fourier

Date de saisie : 16/01/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : J.-P. Rocher, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-911361-79-1

GENCOD : 9782911361791


  • La dédicace de l'auteur

Sans autre autorité que celle de la subjectivité dont j'ai pris le parti - incapable que je suis de croire à une vérité sinon établie, "établissable" -, j'apporte ici, plutôt que ma pierre à l'édifice du monde, une brique d'argile composée avec les sables du temps : grains (graines ?) ramassés à la va-vite puis malaxés, façonnés avec patience et scrupule 365 jours durant, du 1er novembre 2004 au 31 octobre 2005. J'ai entamé mon labeur le premier jour de l'an celtique ; ce pied de nez au calendrier julien donne d'emblée le ton du livre : décalé. Rarement au goût du jour : inactuel quand actuel, actuel quand inactuel. En ce temps-ci et en ce temps-là. Spontané et réfléchi. Profond et naturel. S'enchantant de la surface des heures et cherchant le coeur du temps dans les braises du passé. Essayant d'être juste, parfois injuste. Amoureux et ironique. Impertinent et miséricordieux.
Observant le monde depuis un tête-à-tête avec moi-même, j'ai noté ce qui venait à cette tête : intuitions, réflexions, historiettes, aphorismes, poèmes (haïku). Des choses dites grandes m'ont paru petites et des petites grandes, des points d'honneur m'ont paru déplacés, j'ai culbuté des hiérarchies établies, j'ai vu de la lâcheté où l'on encense le courage, de la prison où on voit de la liberté, et Dieu ici et là ; je n'ai pas tout vu, j'ai vu vice et versa.
Ce fut à la fois un travail de cousette et de détective : le temps que l'on file et celui que l'on prend en filature. Ce fut l'art d'enfiler des idées qui ne tiennent pas debout pour en faire une pensée qui tienne debout, l'art de faire un collier de temps ou une laisse de pensée (si je puis dire) à l'enfant qui s'écoule de nous chaque matin un peu plus.
Mue par le sentiment de parler à bout portant avec le lecteur, j'ai tout en même temps retenu et laissé ruisseler - dans une seule coulée d'âme - la vie contradictoire et nuancée, vibrante et fatiguée, calme et tourbillonnaire. Je n'ai tenu le fouet (de façon que ma brique d'argile serve à l'édifice) que pour aiguiser le tranchant ou limer la netteté des phrases dans lesquelles je reversais le vertige qui me vient du monde.

Claire Fourier



  • La présentation de l'éditeur

«Je ne veux pas dormir dans le lit de Procuste. Procuste était un bandit grec. Il sévissait sur la route entre Athènes et Eleusis. On le craignait. Il s'emparait des voyageurs, faisait dormir ses otages dans un lit aux dimensions duquel il les obligeait à s'adapter. C'est dire qu'à l'un il étirait les membres, les raccourcissait à l'autre, coupant sans pitié ce qui dépassait. Procuste finit par avoir le sort de ses victimes : on le coucha dans son propre lit et on coupa la tête qui dépassait. Le lit fut conservé. II a traversé les siècles, on l'a amélioré. Il est passé entre les mains de bandits qui n'ont pas l'air d'en être, ayant pignon sur rue - plutôt sur média. C'est là que les nouveaux Procuste s'emparent des esprits et les persuadent, de sorte qu'ils viennent penser dans le fameux lit... Gare à celui dont les idées dépassent.»

Claire Fourier est née à la pointe du Finistère-nord, à Ploudalmézeau. Après avoir vécu dans plusieurs villes de France, elle évolue aujourd'hui entre Paris et Carnac. Le vent et l'océan l'inspirent, son jardin lui donne le goût de la fraîcheur et de la grâce. Révélée avec Métro Ciel, récit lumineux d'une rencontre souterraine, elle a publié, combinant narration, philosophie et poésie, des récits amoureux, un récit historique sur la guerre d'Indochine, des essais, des haïku. À contre journal) est son treizième livre.



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

«Je perds le nord un 1er novembre ensoleillé, le tiens palpitant dans la paume un 1er novembre gris cendre.

S'il n'est en accord avec les grands rythmes de la nature, le temps me déboussole.

Perdre la boussole c'est perdre le nord, pas l'orient. Cependant on se dit désorienté. Qui s'est jamais dit désoccidentalisé ? - C'est que l'on peut perdre le levant, non le couchant.

On ne rate pas la mort.

Mettre le temps à sa disposition ? Ou se mettre à la disposition du temps ?

- Les deux, mon capitaine !

- Alternativement, précise le capitaine (s'il est au long cours).

Janus a deux visages, je regarde devant, puis derrière. Pas assez. Hermès Quadrifons en a quatre, je tourne autour. Pas assez. Le monde en a... ? je survole et je creuse. - Ce n'est pas encore assez.

Ma grand-mère, une Bretonne grand teint, me répétait : «Ton port de tête, Glaoda !... Tout est dans le port de tête, ne quitte pas des yeux ton port de tête !»

Lire et écrire, c'est entrer en conversation avec une oeuvre. Jusqu'au XVIIe siècle, conversation a eu le sens de fréquentation. L'adultère était ainsi une «conversation criminelle». - Mettons que lire et écrire sont l'adultère par excellence.

Vive l'adultère ! Tout schuss dans l'adultère...»


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli