Auteur : Préface de Roger Bout | Peng Chen
Date de saisie : 25/01/2006
Genre : Droit
Editeur : Presses universitaires d'Aix-Marseille, Aix-en-Provence, France
Collection : Institut des assurances
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-7314-0495-1
GENCOD : 9782731404951
En raison du caractère aléatoire du contrat d'assurance, les parties à celui-ci sont particulièrement exposées au risque du défaut d'information, notamment avant la formation du contrat. Dès lors, les règles de droit concernant l'information précontractuelle sont au coeur de chaque législation nationale en matière d'assurance et révélatrices des idées fondamentales qui l'animent. La comparaison du droit français et du droit chinois sur ce point est une excellente occasion d'apprécier de manière plus objective la législation chinoise actuelle en la matière, car le droit français des assurances, toujours soucieux de la protection des consommateurs, constitue un système de référence différent du droit anglo-saxon souvent cité par les juristes chinois. C'est ainsi que nous nous proposons de mettre en parallèle ces deux législations, des dispositions concrètes des textes au principe de «bonne foi» ou d'«extrême bonne foi», sans oublier la réalité de la pratique. Vous découvrez d'ailleurs que le droit français et le droit chinois n'ont pas toujours été aussi lointains dans le domaine spécifique des assurances et qu'un lien particulier avait existé entre eux même avant l'entrée en vigueur de la loi française du 13 juillet 1930...
Peng Chen
Extrait de la préface :
«L'information donnée à l'assureur par le preneur d'assurance sur le risque qu'il lui propose de couvrir est un élément essentiel du contrat. Elle seule permet, en effet, à l'assureur d'apprécier dans quelle mesure il peut accepter de le garantir. Cette dépendance de l'assureur à l'égard du preneur justifie, certes, le niveau de loyauté imposé à ce dernier : l'obligation d'information mise à sa charge dépasse l'exigence normale de bonne foi. (...)
Mais l'importance attribuée au rôle du preneur dans cette phase précontractuelle a longtemps occulté, en droit français, celui que doit jouer, parallèlement, l'assureur. Pourquoi l'information de l'autre partie aurait, ici, un caractère unilatéral ? L'opération d'assurance est souvent très technique pour le preneur profane, qui doit être informé, voire conseillé par les professionnels, que ceux-ci relèvent de l'assurance ou d'un autre secteur comme la banque, pour les souscripteurs d'une assurance collective.
Il est heureux que ce déséquilibre concernant le devoir d'information des parties au contrat d'assurance ait été, à une époque récente, corrigé en droit français, sous l'influence notable du droit de la consommation et des recommandations de la Commission des clauses abusives. Ainsi, le législateur a-t-il d'abord réduit l'obligation d'information pesant sur le preneur d'assurance concernant le risque proposé, l'assureur devant se satisfaire des réponses exactes au questionnaire, limitatif et précis, qu'il lui a soumis. Il a, ensuite, inversement, accru l'obligation de l'assureur en lui imposant de fournir au preneur une fiche d'informations sur le prix et les garanties, et de lui remettre aussi un exemplaire du projet de contrat et de ses pièces annexes, ou une notice détaillée sur les garanties. Il a, de plus, accordé au souscripteur une faculté de renonciation au contrat d'assurance-vie. Quant à la jurisprudence, elle a fait bénéficier les assurés de l'obligation générale de conseil instaurée au profit des consommateurs, le professionnel de l'assurance devant aller jusqu'à déconseiller la souscription d'un contrat, ou mettre en garde le preneur contre son caractère inadapté...»
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