Auteur : Présenté par Blandine Chavanne
Date de saisie : 16/01/2006
Genre : Arts
Editeur : Fage éd., Lyon, France
Prix : 33.00 € / 216.47 F
ISBN : 978-2-84975-055-1
GENCOD : 9782849750551
Née en 1903 à Wakefield dans les Yorshire et morte dans l'incendie accidentel de son atelier en 1975, Barbara Hepworth est une des artistes anglaises majeures du XXème siècle. Il me semble très important de faire découvrir ce sculpteur aux amateurs français, qui connaissent bien l'oeuvre d'Henry Moore, son contemporain et ami, mais n'ont jamais eu l'occasion de voir une rétrospective de Barbara Hepworth en France. Et pourtant, c'est à Paris en 1933 qu'elle découvre l'oeuvre de Brancusi et de Arp qui la marqueront durablement.
Il me semble que l'actualité des oeuvres de Barbara Hepworth réside dans leur rapport étroit avec d'une part la nature, et d'autre part l'homme, au sens générique du terme. L'artiste a participé avec les artistes abstraits travaillant durant l'entre-deux-guerres a inventé un langage nouveau, adapté à la culture contemporaine, compréhensible par tous. Les formes abstraites, géométriques ou biomorphiques, sont réalisées en taille directe dans des matériaux résistants, le marbre, la pierre, le bois, l'albâtre. Hepworth joue avec les formes introduisant un dialogue, une tension entre elles. Cette recherche du rapport entre les êtres, entre l'homme et la nature sont au coeur de toutes les oeuvres d'Hepworth, ce qui rend son travail terriblement fascinant et attachant.
Blandine Chavanne
C'est pour Nancy et le musée des Beaux-Arts, ouverts s'il en est à l'Europe de la Culture, un grand honneur de pouvoir présenter, début 2006, la première rétrospective organisée en France autour d'une très grande dame de la sculpture anglaise, Barbara Hepworth, grâce au concours de nombreux prêteurs, en particulier des collections publiques britanniques.
Qu'une telle exposition, appelée à faire date, ait été possible, nous le devons à l'évidence à l'inscription reconnue du musée des Beaux-Arts dans un certain nombre de réseaux de qualité, et en particulier, s'agissant du Royaume-Uni, à des institutions prestigieuses comme le British Council ou encore la Fondation Henry Moore.
Et d'ailleurs, l'évocation superbe, il y a deux ans, des oeuvres comparées de Turner et du Lorrain, au musée des Beaux-Arts, avait permis de donner une impulsion nouvelle à des relations de confiance et à un partenariat exemplaire avec, déjà, le British Council ainsi que la Tate Gallery, une démarche dont tout laisse à penser, après avoir commencé à en récolter les fruits, qu'elle se prolongera à l'avenir.
C'est à cette occasion là, en 2003, qu'avait en quelque sorte émergé l'idée, autour de l'équipe de Conservation et de Blandine Chavanne, de consacrer, à Nancy, une monographie à ce sculpteur, avec l'édition d'un catalogue en français, révélant ainsi à un large public une artiste anglo-saxonne pour ses créations empreintes de beauté, de poésie et d'humanité.
Nancy et le musée des Beaux-Arts sont donc fiers et heureux de contribuer à donner, dans notre pays, la place qui revient de droit à une femme d'exception dont le travail de la matière lui a permis de réaliser des oeuvres épurées et abouties d'une remarquable expressivité.
Née au tout début du XXe siècle, elle aura, à la faveur de rencontres, de voyages et de recherches marqués par une quête permanente d'exigence et de perfectionnisme, ainsi qu'à travers la fréquentation de quelques-uns des plus brillants noms de l'art moderne, y compris en France, permis de donner à la sculpture de cette époque ses véritables lettres de noblesse.
Extrait de la présentation, par Blandine Chavanne :
«Le musée des Beaux-Arts de Nancy présente dans ses collections permanentes un ensemble remarquable de sculptures du XXe siècle réunies autour du Cheval Majeur de Raymond Duchamp-Villon.
Des oeuvres de Laurens, Zadkine et Lipchitz, permettent la présentation des principales recherches autour de la sculpture moderne durant l'entre-deux-guerres. Ouvert à la création européenne, le musée des Beaux-Arts de Nancy s'efforce de présenter des mouvements ou artistes majeurs du XXe siècle, mettant en perspective ses propres collections (en 2004, la Pologne des années d'entre-deux-guerres). C'est dans ce contexte qu'il a semblé judicieux de présenter, pour la première fois en France, une rétrospective de l'oeuvre de Barbara Hepworth.
En effet, surtout connue des historiens d'art et des artistes, la sculpture de Barbara Hepworth a été montrée en France uniquement dans le cadre de grandes manifestations consacrées à la sculpture en 1986, au Centre Georges Pompidou, lors de l'exposition organisée par Margit Rowell, Qu'est-ce que la sculpture moderne ? et en 1996, à l'occasion de l'exposition Un siècle de sculpture anglaise organisée par Daniel Abadie à la Galerie du Jeu de Paume. Les quelques pièces présentées ont toujours marqué ceux qui les ont découvertes et donné le désir de mieux connaître ce travail. Si aujourd'hui la plupart des grandes collections publiques britanniques présentent une ou deux oeuvres de Barbara Hepworth, c'est à St Ives, en Cornouailles, dans son ancien atelier, qu'un musée monographique lui est consacré, lieu où souffle encore l'esprit de création qui anima le sculpteur durant toute sa carrière. Nous avons essayé de retrouver cet esprit dans cette exposition rétrospective...»
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