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Kafka sur le rivage

Couverture du livre Kafka sur le rivage

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Corinne Atlan

Date de saisie : 22/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-7144-4041-9

GENCOD : 9782714440419


  • La présentation de l'éditeur

Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une oeuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle. Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

Né à Kobe en 1949, Haruki Murakami a étudié la tragédie grecque à l'université de Tokyo, puis a dirigé un club de jazz, avant d'enseigner à Princeton pendant quatre ans. En 1995, suite au tremblement de terre de Kobe et à l'attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au japon. Son premier livre, Ecoute le chant du vent (1979, non traduit), lui a valu le prix Gunzo. Suivront, notamment, Chroniques de l'oiseau à ressort (Le Seuil, 2001), Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (Belfond, 2002 ; 10/18, 2003), Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du Spoutnik (Belfond, 2003 ; 10/18, 2004). Kafka sur le rivage inscrit définitivement Murakami parmi les grands de la littérature.

Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

«Kafka sur le rivage est un véritable page-turner, autant qu'une intense gageure métaphysique pour l'esprit. Murakami se fait le peintre sensible des espaces négatifs.»
The New Yorker

«Murakami est un magicien qui dévoile ses tours en même temps qu'il les exécute et, pourtant, nous ne cessons jamais de croire en ses pouvoirs surnaturels. L'esprit de ce livre évoque une musique qui inviterait le lecteur à se délasser, à rêver, à se laisser dériver dans le cours du temps. Kafka sur le rivage est comme un torrent. Le courant y est redoutable et l'eau moins limpide que profonde.»
The New York Times Book Review

«La prose de Murakami a la légèreté de l'air. On n'imagine pas les profondeurs dans lesquelles elle va nous entraîner, ni la matière noueuse que l'on va rencontrer : la volonté de puissance, l'acceptation de la mort, le fardeau que nous impose la présence du mal dans le monde.»
The Village Voice

«Assurément l'un des meilleurs romans de Haruki Murakami. L'auteur puise son inspiration partout : Sophocle, films d'horreur, mangas japonais, séries B... et relie le tout par sa prose enchanteresse. Finir Kafka sur le rivage équivaut à sortir d'un magnifique rêve : rien n'a vraiment changé, mais on regarde le monde d'un oeil tout neuf.»

Newsweek



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  • La revue de presse Brigitte Hernandez - Le Point du 9 mars 2006

Ses héros ne sont pas héroïques. Les femmes apparaissent et disparaissent, fantômes (kami, en japonais) ou êtres réels, ou les deux. Les animaux, moutons, chats, parlent aux humains, entrent même dans leur corps, les font devenir chèvres. Avec lui, l'invisible se voit plus que le visible, le visible se dilue,... les enfants s'évanouissent sous l'effet d'on ne sait quel phénomène (expériences nucléaires, champs magnétiques ?), les adultes perdent leur chemin, trouvent le bon ou pas. Voilà l'univers de cet écrivain de 56 ans, adulé au Japon, comparé aux plus grands (Tanizaki, Kenzaburo Oé)...

Son «Kafka sur le rivage» renforce encore l'addiction. Pourtant, l'histoire n'est pas simple. Elle est même double : un adolescent quitte le domicile paternel, choisit comme pseudo Kafka (corbeau, en tchèque), rencontre un hermaphrodite qui l'aide dans sa quête de lui-même, tombe amoureux d'une femme qui pourrait être sa mère et couche presque avec sa soeur. En parallèle, un vieil homme cherche un chat et finit par tracer la route avec un camionneur qui vénère Beethoven. A priori, pas facile.

Eh bien, si ! Parce que Murakami écrit juste, que sa langue est simple, qu'il joue avec la lumière et le feu...


  • La revue de presse André Clavel - Lire, février 2006

Parce qu'il adore les chats, il pourrait sortir d'un conte de Natsume Sôseki. Parce qu'il a lu et relu Les frères Karamazov, il sait que les jardins zen dissimulent des abîmes de ténèbres. Parce qu'il a longtemps fréquenté les tragiques grecs, il écrit des romans où pèsent de terribles menaces. Parce qu'il a traduit Chandler et Carver, il aime tailler ses phrases au scalpel. Et parce qu'il fut un fan des Beatles, il est un garçon dans le vent: au Japon, Haruki Murakami accumule les lauriers, même s'il n'est pas toujours là pour les ramasser - vous le croyez à Tokyo, il est à Boston, à Athènes, à Londres ou à Hawaï. Une vie errante, mais soumise à une discipline presque monacale :... les livres de Murakami semblent aussi impalpables que des nuages, aussi énigmatiques que des rêves. En les ouvrant, on traverse les miroirs : l'empire des signes est un empire des songes.

Braconnier de l'invisible, explorateur de cette «inquiétante étrangeté» dont parle Freud, Murakami s'est imposé au Japon comme le seul auteur capable de prendre la relève des Mishima, des Kawabata, des Kenzaburô Ôé. Et si ses jeunes pairs tombent pour la plupart dans le racolage trash, il veut au contraire renouer avec la grande tradition nippone, afin de réconcilier littérature et métaphysique : ses chasses subtiles sont autant d'aventures spirituelles. «Tout est dans la quête, dit-il. En écrivant des histoires, je cherche ma propre histoire, mon âme profonde sous la surface.»...

Kafka sur le rivage est un nouveau tour de force. Un roman à la fois très japonais (un art de l'estampe, où les ombres sont toujours nimbées d'une lumière délicate) et très occidental, à cause des références littéraires: Sophocle, Shakespeare, Dostoïevski rôdent dans ce récit dont le jeune narrateur - Kafka Tamura, 15 ans - s'est identifié au héros de La colonie pénitentiaire...

Sous la baguette d'un enchanteur qui puise ses sortilèges dans les pires noirceurs de la condition humaine. Kafka sur le rivage est le roman le plus ambitieux, le plus envoûtant de Murakami.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 25 janvier 2006

Un chat, ça ne dit pas bonjour. Ça ne papote pas sur le désir sexuel. Ça ne donne guère de conseils aux hommes, du genre : rien ne sert de s'agiter, de courir les chimères, mieux vaut chercher à savoir qui l'on est, soi. Un vieil homme simplet, analphabète, qui dit de lui «Nakata n'est pas seulement idiot. Il est vide. Nakata est comme une bibliothèque sans livres» mais qui se révèle plus sage qu'un érudit, ça n'existe pas. Et pourtant. Ces deux personnages improbables parmi d'autres - le matou qui cogite, stoïque, tout en se léchant les coussinets, le benêt errant devisant avec les chats sauvages - sont désormais parmi nous : dans le nouveau roman du Japonais Haruki Murakami. Kafka sur le rivage est la quête initiatique - extravagante et jubilatoire - de Tamura, un jeune garçon qui se fait appeler Kafka, «corbeau en tchèque». Là s'arrête toute allusion au maître du labyrinthe littéraire. L'auteur laisse le lecteur libre de fantasmer à sa guise...

Chapitre après chapitre, Haruki Murakami échafaude deux destins - celui du vieux Nakata, qui parle de lui à la troisième personne ; celui du jeune Kafka, qui emploie, lui, «je». Il les emmène au bout d'eux-mêmes, au bout de leur histoire... Chez lui, rien n'est impossible, surtout pas le merveilleux. Tout est plausible, comme naturel - imaginaire et réalité intimement liés. Il condense le temps, fait se rencontrer le passé et le présent. Il interroge les mythes, Oedipe et compagnie, l'amour, le sexe et la littérature dans un même élan, va de métaphore en loufoquerie, d'une pluie de maquereaux ( !) sur la ville de Nakano à une dialectique sarcastique : «C'est une perte de temps de réfléchir quand on ne sait pas penser.» Il imagine une pierre aux pouvoirs mystérieux et une prostituée qui cite Bergson tout en cajolant son client. Manipulateur hors pair, Haruki Murakami fonce de l'étrange au rationnel avec un talent désarmant, fait de simplicité et de tendresse. Bienvenue dans ce roman en (très grande) forme de conte philosophique... L'auteur s'amuse à multiplier les pistes, les anecdotes, les aventures, les paraboles, et c'est pur plaisir : Haruki Murakami a le don de rendre intelligents ses lecteurs...


  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 26 janvier 2006

Kafka, comme prénom, ça vaut bien Kevin ou Jennifer. Si la France téléspectatrice voulait bien débrancher le poste et lire Haruki Murakami, on n'aurait plus, quand les enfants s'apostrophent dans les cours des écoles, l'impression de regarder une série sur M6. Dans «Kafka sur le rivage», un jeune adolescent, qui porte donc le prénom de l'écrivain tourmenté, décide, le jour de ses 15 ans, de quitter le domicile familial : sculpteur de renommée internationale, le père de Kafka Tamura a prédit que son garçon le tuerait, avant de coucher avec sa mère et de flirter avec sa soeur. OEdipe, quoi.
Kafka trouve refuge, loin de son Tokyo natal et de la prophétie fatale, dans une vieille bibliothèque dont la propriétaire, Mademoiselle Saeki, a l'air assez frappé. Elle a écrit, autrefois, un tube qui a marqué sa génération (le tube s'appelle également «Kafka sur le rivage»). De temps à autre, son fantôme se glisse dans la chambre du garçon qui, couchant avec cette impression de corps féminin, comprend qu'elle est sa mère. On voit par là que l'existence, chez Murakami, est un cauchemar qui se réalise... Quoique s'étirant un peu, la fable de Murakami possède, c'est son génie, une grâce rare et légère, qui rend à la littérature ses pouvoirs perdus d'ensorcellement et de rêve...


  • La revue de presse Aurélie Djian - Vu sur chronicart.com en janvier 2006

«Les différentes intrigues s'enchâssent plutôt habilement, avec un certain sens du suspend romanesque ; le style, hélas, confond naïveté (étymologiquement, naître au monde) et niaiserie (tomber du nid), et on rame péniblement à travers 600 pages jusqu'à trouver à cette prose des affinités avec Paulo Coelho, X Files et Le Monde de Sophie réunis. Sans doute est-ce une naïveté feinte, une fine astuce pour intégrer la fable philosophique et faire comme si le regard du narrateur était celui d'un garçon de 15 ans pétri d'illusions sur la vie, l'amour, etc. ; mais l'ironie d'un Stendhal ou d'un Flaubert manque alors cruellement pour compenser la mièvrerie ambiante. La fiction de l'oeil neuf ne fonctionne pas ou perd de son efficience sous l'accumulation des clichés. Rien ne nous est épargné pour critiquer la comédie des apparences : le jeune routier au grand coeur converti à la contemplation et à la musique de Beethoven, la prostituée sublime, étudiante en philosophie qui parle d'objectivation de soi entre deux fellations, l'hermaphrodite hémophile bibliothécaire et objecteur de conscience...»


  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 5 janvier 2006

... on pourrait croire que les romans de Murakami appartiennent au genre fantastique, comme certains croient que les films de David Lynch mettent en scène des univers parallèles. En réalité, quand on lui demande ce qu'il a voulu dire, Murakami répond qu'on a qu'à lire deux fois ses livres.

Est-ce parce que tout y est double ? Dans Kafka sur le rivage, les chapitres alternent, présentant deux histoires en apparence séparées. L'une est racontée par Kafka Tamura, un adolescent qui s'est enfui de chez son père et a trouvé refuge dans une bibliothèque, auprès d'un jeune homme érudit et beau (nous dit-il), nommé Oshima. Un jour cependant, Kafka se réveille d'un évanouissement au milieu d'une forêt, ses vêtements tachés de sang. Le registre est grave. Dans l'autre récit, de tonalité grotesque et à la troisième personne, le vieux Nakata a été l'unique victime d'un coma mystérieux (mais où l'armée américaine pourrait avoir son rôle) ayant frappé un groupe d'enfants après la Seconde Guerre mondiale. Il en a tout de même gardé la faculté de parler aux chats (notons cependant que les tigrés se font mal comprendre) et aussi de faire pleuvoir des sardines ou des sangsues. Les principes de composition de Murakami sont évidemment musicaux. Les univers de Kafka et de Nakata sont deux lignes mélodiques qui se superposent en contrepoint. Elles sont peut-être distinctes, mais s'écoutent ensemble. Et le lecteur se laisse flotter dans le texte, «libre et seul, comme un nuage dans le ciel»... Après avoir lu deux fois Kakfa sur le rivage, on goûte mieux l'art de la composition sans percer pour autant le secret de ses harmonies. Murakami s'empare du coeur infrangible de l'inconscient et, au lieu de tenter de l'expliquer, de le disséquer, il le projette, l'étale, en repeint les murs du monde contemporain...


  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 5 janvier 2006

... Haruki Murakami,... distille ses nectars dans une oeuvre subtile, complexe, où les ténèbres les plus inquiétantes et la grâce la plus lumineuse se mêlent jusqu'au vertige. L'auteur de La Fin des temps y ajoute l'élégance toute japonaise d'une prose presque impalpable, feutrée, aussi dépouillée qu'un champ de neige.

... le nouveau roman de Murakami, doit autant à Mishima qu'à Sophocle : un art de samouraï, dans des décors de tragédie antique... Comment survivre, lorsqu'on est la proie d'une machine infernale contre laquelle on ne peut rien ? Cette question hante le jeune héros de Murakami, dont on suit les errances jusqu'à une lointaine bibliothèque de province, une sorte de sanctuaire de papier où il se réfugiera en espérant échapper aux démons qui le traquent. Sa confession est un exorcisme noir, au fil d'un roman de plus en plus hypnotique où le surnaturel et le fantastique - des chats qui parlent, des poissons qui tombent des nuages - côtoient les souvenirs morbides d'Hiroshima, mais aussi la musique de Schubert, les monologues de Macbeth ou les livres de Kafka, l'alter ego du narrateur. Lequel murmure sa complainte d'enfant sacrifié avec une dignité bouleversante, sur des rivages hostiles où le diable ricane en s'abreuvant du sang des innocents. C'est dire la gravité tragique de ce récit de bout en bout allégorique, envoûté et envoûtant, orchestré par le nouveau maître des lettres nipponnes.


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