Auteur : Dirigé par Antoine Lefébure
Date de saisie : 04/01/2006
Genre : Anthropologie
Editeur : La Découverte, Paris, France
Prix : 45.00 € / 295.18 F
ISBN : 978-2-7071-4422-5
GENCOD : 9782707144225
À la fin du XIXe siècle, des dizaines d'expéditions scientifiques européennes se sont lancées à l'assaut de la dernière tache blanche des cartes de géographie : la légendaire forêt amazonienne. Au prix d'exploits insensés, conduits par une foi sans limites dans les bienfaits du progrès, ces explorateurs - comme les Français Coudreau et Crevaux, l'Allemand Steinen ou l'Italien Boggiani - ont relevé les cours des mille affluents de l'Amazone, identifié plantes et animaux inconnus, rencontré des tribus indiennes dont personne ne soupçonnait l'existence. C'est d'abord cette épopée que retrace Antoine Lefébure dans ce livre, illustré de superbes clichés d'époque, exhumés des bibliothèques et musées d'ethnographie.
Mais il donne aussi à voir, en textes et en images, dans ses délires et atrocités, la phase de reconquête du «continent vert» au début du XXe siècle - : étonnante aventure du colonel brésilien Rondon qui pacifia des dizaines de tribus hostiles pour installer en pleine forêt près de 5 000 km de lignes télégraphiques, fièvre du caoutchouc qui devait enrichir des villes comme Manaus et surtout réduire en esclavage les populations indiennes, construction du chemin de fer au coeur de l'«enfer vert» dont on raconte que chaque traverse représente un cadavre d'ouvrier...
Grâce à une iconographie originale, grâce aussi aux regards singuliers de l'écrivain Michel Braudeau et de l'ethnologue Patrick Menget, c'est une «autre Amazonie» que ce livre nous invite à découvrir, celle d'Indiens tour à tour idéalisés, diabolisés, considérés comme gênants ou comme une main-d'oeuvre à' bas prix. Des Indiens qui luttent aujourd'hui pour préserver leurs cultures traditionnelles et qu'il s'agit de protéger contre les modèles destructeurs de la civilisation moderne.
Antoine Lefébure, docteur en histoire contemporaine, a été directeur du développement du groupe Havas où il a piloté la diversification du groupe dans les médias. Il a ensuite créé une des premières sociétés françaises de conception et de réalisation de sites Internet. Il est l'auteur de Havas, les arcanes du pouvoir (Grasset, 1991), Conversations secrètes des Français sous l'Occupation (Plon, 1993) et Explorateurs photographes (La Découverte, 2003) et de, Génération radios libres, documentaire Novaprod diffusé sur Canal +.
Ont participé à cet ouvrage : Michel Braudeau, romancier, Patrick Menget, ethnologue, Séverine Charon, agrégée de Lettres, Tinka Kemptner, journaliste.
Enfer ? Paradis ? Terre du septième jour de la Création ? Lieu de rêves et de mystère ? Les philosophes, comme les sociologues ou les géographes, ne savent comment définir ce labyrinthe d'eaux, de forêts, de lianes. Ce fleuve-océan, ces îles qui naissent pour mourir, ces terres qui croulent et se refont. Ni sans doute dans un paradis comme le voulaient les premiers explorateurs, enchantés de rencontrer des fruits inconnus, des saveurs nouvelles, des femmes nues pour rassasier leurs faims de marins gloutons - ni sans doute un enfer, comme le veulent les voyageurs lassés de cette immensité verte, piqués de moustiques, craignant de se perdre, de s'enliser, sentant leur intelligence se dissoudre lentement, leurs pensées comme leur corps devenir eau... Mais peut-être paradis transformé en enfer par l'homme, dans sa volonté de tirer de partout des richesses, de commercialiser l'arbre et l'herbe, de métamorphoser en argent les sucs des plantes, les poisons des lianes, le coloris des oiseaux. Et dans cette volonté, soumettant l'Indien, déplaçant des populations, jetant l'homme des déserts secs dans les marécages, l'enchaînant, par les dettes, aux coopératives des trusts capitalistes, à l'exploitation à perpétuité des arbres à caoutchouc.
Roger Bastide
«Cinquante ans après la conquête du Brésil, l'Europe découvre, partagée entre l'horreur et l'émerveillement, les moeurs étranges des habitants du Nouveau Monde. Les premiers récits illustrés viennent des huguenots qui ont fui les persécutions catholiques. En 1555, un groupe de Français protestants fonde dans la baie de Rio une colonie qu'ils appellent la «France antarctique». Parmi eux, un cordelier cultivé : André Thevet. À son retour, il publie ses aventures en deux ouvrages :
Singularités de la France antarctique et Cosmographie universelle.
La France éberluée découvre, grâce aux récits et aux gravures sur bois de Thevet, l'existence des IndiensTupinamba. «Une, féroce et anthropophage,sans foi,sans loi,sans roi»,l'Indien bouleverse les meilleurs esprits de l'époque. Montaigne, Ronsard, Rabelais s'interrogent sur les scènes d'anthropologie prétextes à des images très réalistes ; ils rêvent en lisant les descriptions de l'harmonie régnant au Brésil entre la nature, les indigènes et les animaux.
Au même moment, paraît en Allemagne une fabuleuse histoire d'Indiens en cinquante-trois chapitres et cinquante gravures signée Staden. L'auteur, prisonnier d'Indiens Tupinamba, nous décrit les moeurs de ces habitants du Brésil qui comptaient bien le manger lors d'une cérémonie rituelle. Véritable récit en images, l'ouvrage s'ouvre sur une représentation du roi cannibale Conian-Bebe ouvrant la porte de ce Nouveau Monde. L'iconographie fait grande impression par sa représentation réaliste des effrayants festins Tupinamba...»
«D'une superficie de 300 000 km2 hors Sahara, l'Algérie est dans son ensemble une haute terre d'altitude fréquemment supérieure à 1000 mètres. On y distingue deux séries de plissements montagneux qui font partie du massif de l'Atlas, appelés Atlas tellien au nord et saharien au sud. Ils sont séparés à l'ouest de 150 à 200 kilomètres mais se rapprochent jusqu'au nord de Biskra pour se confondre dans les massifs de l'Aurès (Djebel Chelia, 2 328 m) puis des Nementcha. Les plaines côtières, riches et bien arrosées, sont ouvertes sur des ports faciles d'accès. A l'est d'Alger se trouvent des massifs élevés: la Grande Kabylie avec le Djurdjura (2,308 m) et la Petite Kabylie avec les Babors (2 004 m) séparées par la vallée de la Soummam. Au sud, entre la frontière marocaine et le Chott E1-Hodna, s'étendent les Hauts Plateaux (700 à 1000 m) bordés au sud par l'Atlas saharien dont le versant méridional décline doucement à l'ouest vers le Grand Erg occidental. «Pays froid au soleil chaud», l'Algérie appartient à la zone du climat méditerranéen mais subit, en plus, l'influence saharienne. Les pluies très irrégulières tombent sous forme d'averses violentes et soudaines. Le climat et le relief de l'Algérie expliquent l'absence de cours d'eau réguliers importants....»
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli