Auteur : Vartan Berberian
Date de saisie : 25/02/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : A. Carrière, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84337-337-4
GENCOD : 9782843373374
«Je n'ai hérité d'aucune terre. La terre est mon héritage, pourtant»
Ce récit autobiographique est à la fois un hommage à mes parents, ma fierté d'être Français et la reconnaissance à la Marine et ce, à travers un triptyque «Mes trois patries : La France, l'Arménie et la Marine».
Hommage à mes parents qui, sans jamais se plaindre, m'ont donné le goût du travail et le respect de ce Grand Pays d'accueil.
Hommage à cette Arménie martyre dont les morts sans sépulture hantent toujours ma mémoire.
Hommage enfin à la Marine, qui m'a transmis le sens de l'honneur et a contribué à mon ascension sociale.
«La volonté n'est que l'enfant du désir, et la mère du pouvoir...»
Vartan Berberian
Portrait haut en couleur d'une communauté discrète, dure au mal, travailleuse et solidaire, ces mémoires sont un hommage de l'auteur aux siens, à ses parents surtout, réfugiés en France au début des années 1920, après avoir perdu dans le génocide arménien de 1915 presque toute leur parentèle. Sa mère, Mayrig, femme au grand coeur, petite silhouette tout de noir vêtue, animée d'une douceur et d'une énergie hors pair, qui lui a inculqué le sens de l'effort et la valeur du travail. Son père, aussi, Hayrig, qui, ayant connu l'horreur des geôles turques, n'en a pas moins gardé sa joie de vivre et sa capacité d'émerveillement. Personnage biblique tout droit sorti d'un conte oriental, débordant de sagesse, ce père traverse le livre en posant sur sa famille un regard lucide et tendre, commentant les us et coutumes de cette terre d'asile, la France.
Véritable hymne à l'amour filial, mais aussi roman d'apprentissage qui retrace la réussite du jeune Vartan devenu officier de Marine puis inventeur, cet ouvrage truculent nous donne une belle leçon d'optimisme. Vartan Berberian est né en France à Gardanne, près d'Aix-en-Provence, de parents arméniens. A l'aube de ses 80 ans, il pose un regard attendri sur une vie heureuse, même si tout a commencé dans la pauvreté - cinq personnes qui s'entassent dans une cave de 9m2, à Alfortville, où tentent de revivre quelques survivants de la tragédie oubliée.
Enfant parfois humilié, il deviendra officier mécanicien de la marine française et démissionnera à 30 ans afin de mieux s'occuper des siens. Entré dans le privé, il connaît une brillante réussite professionnelle avant de monter ses propres affaires et de déposer des brevets qui feront sa fortune.
Mais ce livre est avant tout un hommage aux siens. A sa mère d'abord Mayrig au grand coeur, petit bout de femme habitée d'énergie et de douceur. A son père, ensuite, rescapé du génocide qui a connu les combats et l'horreur des prisons turques.
Scènes irréelles, poétiques, l'éclairage tendre du souvenir met en relief une humanité pauvre mais généreuse, préférant la reconnaissance et l'amour de la vie. Cette tragédie sans larmes est aussi une comédie méditerranéenne où Pagnol n'est jamais bien loin. Un exemple à méditer pour toute une génération souvent découragée parce qu'elle a tout... parce qu'elle a perdu le sens de l'effort et le secret de la joie de vivre.
Un livre qui s'inscrit en 2006 pour l'année de l'Arménie en France.
«Mon premier souvenir est un souvenir de bonheur. Et je veux y voir comme un clin d'oeil de ma nature heureuse.
Un souvenir royal. Je suis roi en effet ce jour-là, et le monde est à mes pieds.
J'ai trois ans à peine. Je m'éveille. Le soleil brille. Ebloui par la lumière, je cligne des yeux pour mieux distinguer ce qui se passe autour de moi.
Je trône ! Façon de parler, car je suis allongé, allongé sur un lit au milieu d'un jardin. Roi car autour de moi, pour la première fois de ma vie, une cour de femmes me sourit. Habillées de noir. Et, parmi elles, maman qui regarde son petit garçon avec une tendresse inconnue. J'ouvre les yeux, et toutes aussitôt, me semble-t-il, se mettent à caqueter joyeusement, comme si mon premier regard avait suffi à animer cette foule immobile jusque-là silencieuse. Mais que se passe-t-il ?
Un homme en noir, costume croisé, chemise blanche, cravaté, tient une serviette de cuir à la main. Lui aussi, visiblement, est suspendu à mes lèvres. Posant sa sacoche, il me passe la main sur le front :
- Comment te sens-tu, mon petit ?
- Très bien, réponds-je, machinalement...»
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