Auteur : Langdün Päljor
Traducteur : Françoise Robin
Date de saisie : 11/01/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bleu de Chine, Paris, France
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-84931-011-3
GENCOD : 9782849310113
La parution de «La Controverse dans le jardin aux fleurs» est un petit événement littéraire : c'est en effet la première traduction d'un texte de fiction tibétain contemporain à paraître en France. C'est également la première fois que ce texte est traduit dans une langue occidentale. Mais il aura fallu plus d'un quart de siècle pour que cette fable végétale publiée en 1980 à Lhasa se fraie une voie en Occident. La nouvelle littérature tibétaine, qui a démarré d'abord timidement en 1980 (le souvenir des exactions contre les intellectuels et la tradition, qui ont caractérisé la Révolution culturelle, était encore frais dans les esprits), a rapidement pris sa vitesse de croisière et les publications vont maintenant bon train. Toutefois, par manque de traducteurs et de personnes intéressées par la littérature du Tibet contemporain, les oeuvres ne nous parviennent qu'au compte-goutte. Il se trouve parmi celles-ci, pourtant, des joyaux qu'il est urgent de découvrir. Ainsi cette «Controverse», apologue où des fleurs, des abeilles et une vieille femme prennent tour à tour la parole pour encourager ou apaiser la controverse qui s'est déclarée dans le jardin, après que la rose trémière eut déclaré son intention d'en devenir l'ornement suprême. Un des charmes de cette «Controverse» est la pluralité des interprétations auxquelles elle se prête : diatribe contre l'opportunisme et le mensonge ? Dénonciation de l'attitude de certains dirigeants politiques chinois ? Le lecteur reste seul juge.
Françoise Robin, traductrice de l'ouvrage
Des fleurs cultivées avec amour dans un même jardin vivent en harmonie jusqu'au jour où l'une d'elles, la rose trémière, décide qu'elle doit devenir l'ornement unique de ce jardin. La rose, le chrysanthème, la clématite, le tournesol, la pensée se lancent dans la controverse, les unes dans le but d'apaiser l'ambition de certaines, les autres pour tenter de décrocher le titre.
Cette variation bucolique sur la tragédie humaine et politique qui agita la Chine et le Tibet depuis les années 1950 se lit comme un plaidoyer pour le multipartisme et le pluriethnisme au sein d'un grand pays et dénonce l'attrait pour le pouvoir dont souffre toute société.
Né en 1941 à Lhasa, Langdiin Pdljor est un petit-neveu du 13e dalaï-lama. Issu d'une famille aristocratique, il est envoyé en Inde pour recevoir une éducation à l'anglaise. Revenu au Tibet en 1951 après l'entrée des troupes chinoises à Lhasa, il poursuit des études politiques et devient professeur avant de s'occuper de la conservation du patrimoine culturel et artistique de la ville de Lhasa.
«La vieille maîtresse de maison Lampe de Turquoise, ses multiples activités domestiques terminées, s'assit sur un coin du tapis afin de s'octroyer un peu de repos. Elle se tenait là, à contempler par la fenêtre le spectacle des multiples fleurs de son ravissant petit jardin, quand la blanche rose trémière, plantée à l'angle droit de sa fenêtre, s'étira en disant : «Oh ! Qu'il fait beau aujourd'hui ! Pourquoi Mère Lampe de Turquoise n'est-elle pas encore venue nous arroser ? Pourtant, le soleil a déjà grandement dépassé les montagnes à l'est !» Surprise par ces propos, Mère Lampe de Turquoise se frotta les yeux, dressa l'oreille et écouta. C'est alors que la rose jaune, fichée dans un vase en verre à côté de la rose trémière, remua la tête...»
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