Auteur : Arnaldur Indridason
Traducteur : Eric Boury
Date de saisie : 23/08/2006
Genre : Policiers
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Noir / Bibliothèque nordique
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-86424-566-7
GENCOD : 9782864245667
«La femme en vert» est le deuxième roman d'Arnaldur Indridason publié par les Editions Métailié. Le premier, intitulé «La cité des jarres» mettait en scène Erlendur, un inspecteur presque brisé mais avant tout humain, personnage à la fois convaincant et attachant. Le livre m'avait passionné par son intrigue à rebondissements, ses thématiques à la fois profondément islandaises et universelles, par la justesse de la recréation de l'ambiance de Reykjavik et parce qu'Arnaldur mettait du plomb dans l'aile du mythe selon lequel l'Islande serait ce paradis où tout le monde est beau et gentil.
«La femme en vert» est la confirmation des qualités que je viens de nommer : l'univers dépeint par Arnaldur n'est pas angélique : violence, crimes, secrets de famille et surtout convenances ne sont pas absentes de cette société insulaire où tout se sait. L'intrigue est impeccablement construite : l'auteur joue avec les nerfs du lecteur jusqu'au bout, l'entraîne sur des fausses pistes, distille les informations afin de le perdre et de le rendre encore plus impatient d'avoir une solution qu'il n'obtiendra de toute façon pas avant les toutes dernières pages. Cependant, l'immense mérite de cette «Femme en vert» ne tient pas seulement dans l'intrigue ; ce livre est aussi un coup de poing dans le ventre du lecteur : dès les premières pages, nous sommes confrontés à des scènes de violence conjugale décrites de façon très réaliste et avec une telle justesse psychologique que j'avais mal au ventre ou que je frémissais d'horreur en traduisant certains passages. De même, on en apprend plus sur le compte d'Erlendur et les passages en question sont, là encore, chargés d'une authentique émotion. Pour moi, «La femme en vert» n'est pas seulement un excellent policier, c'est un grand roman qui nous présente une galerie de portraits où Arnaldur construit peu à peu sa Comédie Humaine.
Eric Boury, traducteur de l'ouvrage
Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.
L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une femme et ses deux enfants. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.
Voici à nouveau le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur Oli dans un récit au rythme et à l'écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits. La mémoire est comme toujours chez Indridason le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs.
Un Indridason grand cru !
Prix Clé de Verre 2003 du roman noir scandinave et Prix CWA Gold Dagger 2005 (Grande-Bretagne).
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit actuellement. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres ; plusieurs sont des best-sellers internationaux.
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Un enfant mâchouille un os humain. Voilà la première image d'un roman original islandais. Le commissaire Erlendur est appelé sur un chantier où l'on a trouvé des ossements qui datent de la Seconde Guerre mondiale... Une partie du récit développe une recherche minutieuse vers un passé fantomatique qui échappe quand on l'approche...
Ajoutez une plongée méthodique dans l'affreuse avidité du Mal, la solitude des êtres, et vous aurez un chef-d'oeuvre. Le roman a obtenu le prix Clé de verre 2003 du roman scandinave. En Grande-Bretagne, le prix Gold-Dagger 2005. Belle traduction.
Certaines villes sont comme des maladies. En gagnant sur la campagne, elles retournent la terre et fouillent les mémoires... l'on fête l'anniversaire d'un petit garçon par un bel après-midi ordinaire. Les enfants se goinfrent de pizzas et de pop-corn. Un peu à l'écart, une fillette machouille un petit objet lisse et clair : un fragment de côte humaine... On confie l'enquête au commissaire Erlendur et à son équipe.
Mais les mémoires sont sélectives et les documents manquent. Les ossements remontent certainement à l'époque de la seconde guerre mondiale... Le récit de La Femme en vert se construit petit à petit, par scènes apparemment sans rapport entre elles, et qui s'additionnent.
C'est une histoire de fantômes, mais de ceux qui ne laissent aucune trace... Par petites touches horribles et amères, Arnaldur Indridason nous fait la leçon des vérités qui remontent toujours à la surface.
Ici, des gens disparaissent. Comme ça, sans laisser de traces. Emportés par l'océan. Tombés dans une crevasse. Assassinés par une ombre. Recouverts d'un linceul de neige pour l'éternité. On ne sait pas. Qu'importe. On les déclare morts. On les oublie. Ici, il est dit qu'une force attirerait ces hommes et ces femmes vers la mort, comme s'ils voulaient défier leur destin, comme s'ils étaient voués à l'enfer, enfin, à un autre... Ainsi va la vie en Islande. Arnaldur Indridason, écrivain découvert l'an dernier avec La Cité des jarres (éd. Métailié, coll. Suites, 286 p., 10 ), n'est pas un rêveur. Il regarde sa terre natale avec bienveillance, n'en voit que les ténèbres. Pour raconter son île de lave et de glace, de feu et de sang, il s'est inventé un héros, le commissaire Erlendur, un type cassé - ni parfait ni heureux -, un tendre. On le retrouve dans La Femme en vert, un roman envoûtant - entre angoisse et ivresse... Les trois premières pages du roman s'ouvrent sur une ambiance paisible. Une fête d'enfants. Très vite, tout dérape. Le jouet que mâchouille un bébé, c'est un os. Un os humain. Erlandur et son équipe découvrent dans le jardin un cadavre à l'état de squelette, enfoui là depuis bien longtemps. Qui est-il ? Homme ? Femme ? Pourquoi cette main dressée comme dans un geste d'horreur ? L'Islande croit enterrer ses secrets, oublier ses morts. Un jour, ils refont surface et déchaînent des mensonges et des haines... Indridason a bien d'autres mystères - d'autres romans tourments - à nous livrer (cinq polars encore à venir avec l'attachant Erlandur). Eric Boury, son traducteur, colle au plus près de son désespoir, de son attachement à cette île de ténèbres, parfois baignée de lumière. Hypnotique.
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