Auteur : Rosa Montero
Traducteur : André Gabastou
Date de saisie : 07/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Bibliothèque hispanique
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-86424-563-6
GENCOD : 9782864245636
Si votre mari va aux toilettes dans un aéroport et disparaît, si ensuite vous recevez une demande de rançon venant d'une organisation terroriste et que vous êtes l'auteur d'une série de livres pour enfants dont le héros est Belinda la cocotte, que faire ? Pleurer d'abord puis décider de comprendre ce qui vous arrive. Et si la chance veut que vous rencontriez vos voisins de palier dont l'un se révèle être un vieil anarchiste octogénaire, ancien torero, compagnon de Durruti, dont les récits de la guerre d'Espagne vont former la toile de fond de vos soirées, et l'autre un garçon de 20 ans naïf et terriblement attirant, vous découvrez comme Lucia que vous ne tenez finalement pas tant que ça à ce mari disparu et qu'il est temps de donner un sens à votre vie.
Ce trio disparate va mener l'enquête et découvrir un monde fait de mensonges et de personnages retors que l'habileté du vieil anarchiste, Fortuna, réussira à contrôler.
Entre thriller et roman initiatique, ce beau roman, prenant, bien construit, plein d'humour et d'émotion, raconte à trois voix le passage de la jeunesse à la maturité, cette frontière de la quarantaine où l'univers se réorganise et où nous croyons pouvoir déchiffrer l'énigme que nous sommes pour nous-même. PRIX PRIMAVERA 1997
Rosa ? ? ? ? ?RO est née à Madrid où elle vit. Après des études de journalisme et de psychologie, elle est journaliste à El Pals et est l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels Le Territoire des Barbares et La Folle du logis.
Début du livre :
«La plus grande révélation que j'ai eue dans ma vie a commencé par l'observation de la porte battante de toilettes publiques. J'ai remarqué que la réalité a tendance à se manifester ainsi, absurde, inconcevable et paradoxale, si bien que de la grossièreté naît souvent le sublime ; de l'horreur, la beauté, et de la transcendance, l'idiotie la plus totale. De la même manière, quand ce jour-là ma vie a changé pour toujours, je n'étais pas en train d'étudier l'analytique transcendantale de Kant ni de découvrir dans un laboratoire comment guérir le Sida ou de clore un gigantesque achat d'actions à la Bourse de Tokyo, mais simplement de regarder d'un oeil distrait la porte beige de vulgaires toilettes pour hommes de l'aéroport de Barajas...»
En Espagne, c'est une star des lettres... Sur les huit déjà publiés, dont la plupart sont des best-sellers dans son pays, c'est Le territoire des Barbares qui l'a fait connaître en France en 2002, puis l'inclassable La folle du logis en 2004, plaidoyer passionné pour l'écriture, la lecture et le rêve comme ultimes remparts contre la folie.
Avec La fille du Cannibale, Rosa Montero revient à la pure fiction non sans mêler les genres avec un brio époustouflant. Lucía et Ramón, dix ans de vie commune, s'apprêtent à passer le réveillon à Vienne - mais l'homme disparaît dans les toilettes de l'aéroport... Alternance des voix pour une alternance des rôles entre trois personnages qui racontent le passage de la jeunesse à la maturité, avec ce cap de la quarantaine où les réponses semblent enfin l'emporter sur les questions. Tu parles ! suggère aussitôt Rosa Montero, tantôt grave et lucide, ironique et drôle, prompte à brouiller toutes les pistes sans renoncer à une construction en béton. Sans renoncer non plus à une profonde réflexion sur l'identité qui domine ce roman épatant dont Félix résume si bien l'idée maîtresse : «Vivre, c'est perdre.»
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