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En retard pour la guerre

Couverture du livre En retard pour la guerre

Auteur : Valérie Zenatti

Date de saisie : 26/02/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-87929-512-1

GENCOD : 9782879295121


  • La dédicace de l'auteur

La guerre est ce temps étrange où les gestes et les pensées deviennent plus intenses, plus violents, plus urgents. On la décrit le plus souvent comme un événement collectif, global : la place accordée à l'individu y est -pour cause ! - rare, voire inexistante.
Les armes ne m'intéressent pas plus que la propagande ou les récits de combat, et si j'ai choisis d'inscrire l'histoire de mon héroïne dans les mois de la première guerre du Golfe, c'est pour de toutes autres raisons.
J'ai voulu raconter comment un événement à l'échelle mondiale pouvait faire écho dans la trajectoire de quelques individus. Comment un bouleversement géopolitique pouvait conduire à des bouleversements intimes, comment une situation subie (l'attaque des missiles irakiens sur Israël) pouvait obliger à faire ses propres choix.
A la relecture, je me suis aperçue que dans ce roman, il y avait également une large place accordée aux vieilles dames doucement folles, aux chats communistes, aux oiseaux, aux tasses de thé, aux bébés et aux postes de radio...

Valérie Zenatti



  • La présentation de l'éditeur

?sraël, janvier 1991. Une attaque de l'Irak à l'arme chimique est redoutée, la guerre du golfe est imminente.
Constance Kahn, une jeune Française, a choisi de s'installer à Jérusalem pour écrire son mémoire sur Flavius Josephe. Elle partage sa vie avec ?athanaël, un peintre révolté
et imprévisible, travaille dans une boutique bio, a pour amie Tamar, étudiante comme elle en histoire antique, et sur le point d'accoucher. Dans quinze jours tout ce monde aura peut-être disparu.
Lorsque les sirènes retentissent, Constance maîtrise de moins en moins le chaos émotionnel qui l'envahit, mêlant les traumatismes du passé aux angoisses du présent.
«En retard pour la guerre» est un roman à l'écriture sensible et retenue. Sa vitalité et son réalisme rappellent le ton de certains jeunes cinéastes israéliens contemporains.

Valérie Zenatti est née à Nice en 1970. Elle a publié plusieurs livres pour la jeunesse dont Quand j'étais soldate (2002) et Une bouteille dans la mer de Gaza (2005). Depuis un an, elle se consacre à la traduction, notamment des ouvrages de Aharon Appelfeld, et à l'écriture. «En retard pour la guerre» est son premier roman.





  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 22 février 2006

Ils dansent sur les nuages qui s'accumulent à l'horizon, se bousculent dans les restaurants où il devient impossible de trouver une table, organisent des «fêtes de fin du monde»,... inventent dans les bars les cocktails les plus fous, Explosion mondiale, Saddam le Satan, Koweït libre. A deux doigts du jour de l'an 1991 et de la première guerre du Golfe, les jeunes de Jérusalem ont choisi de vivre, coûte que coûte...

Auteur de romans pour la jeunesse, dont le fameux Une bouteille dans la mer de Gaza, traductrice d'Aharon Appelfeld, Valérie Zenatti raconte avec une singulière énergie le sentiment d'urgence, la volonté de vivre, d'aimer, de mettre des enfants au monde. Le verbe est piquant, l'imagination colorée, les personnages vivement troussés. Un ton de comédie américaine pour dire l'horreur au quotidien. Et l'espoir, malgré tout.



  • Les premières lignes

«Elle écosse des haricots avec sa mère. Des haricots cocos. Quel drôle de nom, pense-t-elle. Et elle chantonne. Des petits pois poipois, des haricots verts ververts.
La mère est grande. Si grande qu'elle n'a pas besoin de se mettre sur la pointe des pieds, ni de lever les bras pour atteindre les casseroles accrochées au mur. Il y a en cinq, alignées de la plus petite à la plus grande, de gauche à droite, mais elle peut aussi les regarder de droite à gauche. Elle aime contempler les casseroles brillantes et rondes. Lorsque l'une d'elles manque à son crochet, elle se sent envahie par un mélange de tristesse et de contrariété. Elle propose alors d'aider son père à layer la vaisselle. Un trou d'impatience se niche dans son ventre, qui s'apaise lorsque le saut de taille entre les ustensiles est de nouveau régulier.
Elle tire le fil qui court le long de la cosse puis exerce une légère pression vers les côtés des deux pouces. Elle sent sous ses doigts les graines lisses, prêtes à bondir avant de tomber dans le saladier, comme une petite grêle. Il lui semble chaque fois qu'elle va découvrir une surprise, quelque chose d'inattendu, de magique peut-être. Elle s'attendrit quand, tout au bout de la cosse béante, obscène presque, elle trouve un minuscule haricot, un bébé haricot qu'elle croque vite, avec la crainte inexplicable d'être vue. Le grain éclate sous ses dents, un léger goût sucré, un peu âpre et frais se colle à son palais. Elle fronce les sourcils lorsqu'une graine noire et rabougrie surgit soudain d'une cosse apparemment saine. La pourriture existe. Dissimulée, noire et gluante...»


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