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La haine de la démocratie

Couverture du livre La haine de la démocratie

Auteur : Jacques Rancière

Date de saisie : 19/12/2005

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : la Fabrique, Paris, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-913372-48-1

GENCOD : 9782913372481


  • La présentation de l'éditeur

Hier encore, le discours officiel opposait les vertus de la démocratie à l'horreur totalitaire, tandis que les révolutionnaires récusaient ses apparences au nom d'une démocratie réelle à venir. Ces temps sont révolus. Alors même que certains gouvernements s'emploient à exporter la démocratie par la force des armes, notre intelligentsia n'en finit pas de déceler, dans tous les aspects de la vie publique et privée, les symptômes funestes de l'"individualisme démocratique" et les ravages de l'"égalitarisme" détruisant les valeurs collectives, forgeant un nouveau totalitarisme et conduisant l'humanité au suicide. Pour comprendre cette mutation idéologique, il ne suffit pas de l'inscrire dans le présent du gouvernement mondial de la richesse. Il faut remonter au scandale premier que représente le "gouvernement du peuple" et saisir les liens complexes entre démocratie, politique, république et représentation. A ce prix, il est possible de retrouver, derrière les tièdes amours d'hier et les déchaînements haineux d'aujourd'hui, la puissance subversive toujours neuve et toujours menacée de l'idée démocratique.

Sommaire :

° De la démocratie victorieuse à la démocratie criminelle
° La politique ou le pasteur perdu
° Démocratie, république, représentation
° Les raisons d'une haine



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  • La revue de presse Jean-Baptiste Marongiu - Libération du 15 décembre 2005

...Quarante ans ont passé depuis que Rancière signa, avec Louis Althusser et Etienne Balibar, Lire le Capital. Il avait vingt-cinq ans. Le tremblement de Mai 68 destitua chez lui un texte devenu inopérant et, plus humblement, le fit aller chercher dans les archives la voie émancipatrice empruntée par les prolétaires eux-mêmes. Ce sont la Nuit des prolétaires (Fayard 1981) et le Maître ignorant (Fayard, 1987) et la découverte que la politique n'est pas que lutte pour le pouvoir mais un «partage du sensible», un affrontement sur les manières de voir et d'organiser le réel, une scène où deviennent visibles des choses qu'autrement on ne verrait pas : le sort inégal qui est fait aux uns et aux autres sous couvert d'égalité. Remontant à l'origine grecque de la politique pour retrouver les raisons du scandale que la démocratie continue à provoquer, Rancière publie ensuite Courts voyages au pays du peuple (Le Seuil, 1990), la Mésentente (Galilée, 1995) et le Partage du sensible (La Fabrique, 2000) et un certain nombre de livres d'esthétique.

La politique a à voir avec la beauté, et le savoir avec la poétique, dans leur aptitude commune à «faire oeuvre» en redessinant le monde. D'où le dissensus, la rage même, de Jacques Rancière contre le consensus, la négation et de la politique et de la démocratie. N'y aurait-il plus rien à attendre de l'histoire ? Pas plus qu'avant, puisque l'histoire ne fait ni ne promet rien : ce sont les nouvelles radicalités qui inventent les politiques des temps nouveaux...


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