Auteur : Raphaël Sorin
Date de saisie : 22/01/2006
Genre : Essais littéraires
Editeur : Finitude, Bordeaux, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-912667-30-4
GENCOD : 9782912667304
"Simenon me dédicace ses Mémoires. Queneau m'offre Bâtons, chiffres et lettres. Barthes me donne le Système de la Mode. Ma bibliothèque est un journal intime. Je prends chacun de ces livres, l'un après l'autre. Et je suis à Lausanne. Et je me retrouve chez Gallimard. Et je remonte l'escalier de la rue Servandoni. Ma bibliothèque est une boîte noire. Tout y est, odeurs de femmes, dérives urbaines, insomnies, lectures de vacances. Il me suffit de prendre un Calet, un Pessoa, un Cendrars, un Lubin, un Roussel. Ils s'inscrivent sur un paysage, un sourire, une musique, aussi inoubliables que la plus belle des étreintes."
Raphaël Sorin est né à Chambéry en 1942. Il est éditeur depuis plus de trente ans, d'abord au Seuil, puis à Champ Libre, au Sagittaire, chez Albin Michel, Flammarion et enfin Fayard. Il fut également critique littéraire pour la presse, la radio et la télévision.
Chacun, dans le monde littéraire, connaît le Raminagrobis aux demi-lunes baissées sur un regard scrutateur, qui «coache» avec un talent oblique Michel Houellebecq chez Fayard. Par-delà cette image de père Joseph des lettres, le «vrai» Raphaël Sorin se cache peut-être dans l'ouvrage au titre faussement modeste («Produits d'entretien») qu'il vient de publier chez un éditeur bordelais. On y retrouve les articles et interviews que ce critique rare a semés en trois décennies dans Le Monde, Le Matin, La Quinzaine littéraire et dans des revues branchées... Dans ce livre, l'écrivain qui sommeille en lui ne se dévoile que dans une divagation à la Cendrars sur son identité juive et un dialogue narcissique sur les années 60. Ce puzzle se conclut sur un constat désenchanté emprunté à «L'éducation sentimentale». 1848-1968, même combat, même échec ? Le vieil enfant des sixties, revenu de tout, sauf de la bonne littérature, ne semble pas loin de le penser...
...Pour saluer les oubliés et honorer les répudiés, on peut toujours compter sur Raphaël Sorin.
De ces rencontres d'exception avec des alliés substantiels, un autre que lui eût tiré, outre l'occasion de s'avantager, un gros volume de portraits. Mais l'homme est avare de ses souvenirs et l'écrivain, très économe. Une mémoire d'éléphant, une prose de héron. A Champ libre, chez Lebovici, il a appris à ne pas se livrer, à entretenir, en stratège, l'art de la dissimulation. Il faut donc lire entre les lignes de ses ouvrages maigres et rares pour découvrir, derrière l'éditeur roublard de Houellebecq et l'agent d'entretiens, l'histoire de cet éternel apatride que la littérature a aidé à vivre...
"Simenon me dédicace ses Mémoires. Queneau m'offre Bâtons, chiffres et lettres. Barthes me donne le Système de la Mode. Ma bibliothèque est un journal intime. Je prends chacun de ces livres, l'un après l'autre. Et je suis à Lausanne. Et je me retrouve chez Gallimard. Et je remonte l'escalier de la rue Servandoni. Ma bibliothèque est une boîte noire. Tout y est, odeurs de femmes, dérives urbaines, insomnies, lectures de vacances. Il me suffit de prendre un Calet, un Pessoa, un Cendrars, un Lubin, un Roussel. Ils s'inscrivent sur un paysage, un sourire, une musique, aussi inoubliables que la plus belle des étreintes."
Raphaël Sorin est né à Chambéry en 1942. Il est éditeur depuis plus de trente ans, d'abord au Seuil, puis à Champ Libre, au Sagittaire, chez Albin Michel, Flammarion et enfin Fayard. Il fut également critique littéraire pour la presse, la radio et la télévision.
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