Auteur : Daniel Rondeau
Date de saisie : 11/12/2005
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Mengès, Paris, France
Collection : Destins
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-85620-461-0
GENCOD : 9782856204610
Le lundi 4 janvier 1960, Albert Camus est tué dans l'accident d'une Facel Vega que conduisait son ami Michel Gallimard. L'auteur de La Peste et de L'Etranger, prix Nobel de littérature, était alors en pleine gloire. Près d'un demi-siècle après, Camus n'a rien perdu de son actualité, au contraire : parce qu'il avait choisi la révolte plutôt que la révolution, parce qu'il n'entendait être ni victime ni bourreau, parce qu'il raisonnait avec son coeur, parce qu'il croyait à la puissance de la vérité. Daniel Rondeau a relu ses livres et s'est penché sur sa vie. Il y avait chez lui, écrit-il, une noblesse, une ardeur serrée, une façon de voir l'éternité dans chaque instant, un mouvement naturel entre la prose et la parole qui l'ont fait grandir dans son coeur et durer dans celui des hommes. "La vérité est toujours à construire, comme l'intelligence, comme l'amour" semble rappeler Camus à notre temps d'incertitudes et de questions.
Daniel Rondeau, éditorialiste à L'Express, est écrivain. Il a publié entre autres des portraits de ville (Tanger, Alexandrie, Istanbul) et des romans. Son dernier titre, Dans la marche du temps, est paru chez Grasset en 2004. Il dirige par ailleurs la collection "Bouquins" aux éditions Robert Laffont.
Le 4 janvier 1960, une Facel Vega fonce sur la nationale qui relie Sens à Fontainebleau. A son volant, Michel Gallimard, un intime d'Albert Camus qui, lui, a hérité de la place du mort. Les deux passagères à l'arrière survivront. Pas les passagers avant. Camus est tué sur le coup. Gallimard décédera cinq jours plus tard. Combien savent que c'est un médecin nommé Camus qui vint constater le décès de l'écrivain. Etrange, non ?... Avec une élégance rare, Rondeau suit pas à pas Camus dans la marche du temps. Et cette biographie a un mérite évident : redonner l'envie de se plonger dans le roman définitif que fut et reste «L'étranger».
En célébrant l'auteur de L'Etranger, Daniel Rondeau livre une réflexion pugnace sur l'engagement, la liberté, la vérité.
Ça commence par un garçon qui lit sur le bord de la fenêtre de sa chambre, le soleil baigne les pages de La Peste et dépose sur son front ces mots mystérieux : «L'homme n'est pas une idée.» Ebloui, le gamin recopie, sans bien comprendre qu'il s'agit d'un viatique pour la vie. Aujourd'hui, Daniel Rondeau, éditorialiste à L'Express, règle une dette de lumière. En Albert Camus, il célèbre moins l'intellectuel engagé que «l'engagement d'un homme dans ses textes, sa liberté». Un récit recueilli, une réflexion pugnace, où le Prix Nobel de littérature, mort en 1960, à 46 ans, dans un accident de voiture, n'apparaît jamais comme un maître à penser, mais comme un grand frère éclairé, mélancolique et ardent, toujours épris de vérité... En regard d'un texte inspiré, l'ouvrage est richement illustré : un homme, ce n'est pas une idée, c'est un visage (magnifique), un regard (de bonté), une enfance (Alger), des ruines chrétiennes (Tipasa), des femmes (si belles), une solitude (les manuscrits), des amis (Malraux et Char). «La vérité est toujours à construire, comme l'amour, comme l'intelligence», lâchait Camus sans hausser la voix. Beau programme auquel ce livre solaire pourrait servir de socle en ces temps boueux.
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