Auteur : Pierre Péan
Date de saisie : 10/12/2005
Genre : Politique
Editeur : Mille et une nuits, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-84205-929-3
GENCOD : 9782842059293
Depuis la mise à exécution du "crime des crimes" en 1994 au Rwanda, que sait-on, finalement, du génocide ? En dehors de la réalité brutale des massacres, trop peu de chose, à en juger par les débats féroces qui continuent de faire rage sur le sens profond de la tragédie survenue au "pays des mille collines".
Alors que les livres sur le sujet abondent, l'enquête-fleuve de Pierre Péan propose de s'attaquer au "récit simpliste" du génocide, celui qui est supposé tracer à la craie la séparation entre camp du Bien et camp du Mal entre Tutsis et Hutus, les premiers collectivement, comme victimes, les seconds, collectivement, comme bourreaux.
Ce faisant, il enfonce à première vue une porte qui béait depuis près de dix ans. Hors des cercles extrémistes des deux bords, qui songerait à réfuter l'existence des Justes hutus, qui sauvèrent des Tutsis au péril de leur vie ? Qui songerait, parallèlement, à nier le fait que le Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion tutsie qui avait attaqué, en 1990, le Rwanda dominé par un régime hutu, s'est rendu coupable de crimes graves contre les populations hutues ? Quatorze "enquêtes spéciales" menées par les enquêteurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda, en Tanzanie, ont été enterrées en septembre 2002 à la suite de pressions de Kigali.
Seul ce dernier aspect intéresse Pierre Péan, en guise de preuve que l'existence d'une justice de vainqueurs cache un travestissement de la réalité des crimes. On cherchera en vain, dans cet ouvrage, des informations de base sur le coeur du génocide et, par exemple, sur l'enchaînement des décisions ayant mené l'armée et les responsables politiques hutus extrémistes à l'extermination des Tutsis et des Hutus modérés...
Sa thèse, au bout du compte, n'a pour objet que d'établir que la France et François Mitterrand ne se sont pas fourvoyés au Rwanda en accompagnant trop loin, trop longtemps, le régime de leur "ami" Habyarimana puis de ses épigones, qui allaient enfanter les "génocidaires". Des documents édulcorent l'action du président Mitterrand, de son fils Jean-Christophe et de l'armée française. Parallèlement, Pierre Péan s'attaque au lobby européen des "enragés" qui ont soutenu le FPR : des activistes, notamment de l'association Survie ; des journalistes ou des chercheurs, les "blancs menteurs", dont il démonte effectivement certains amalgames, extrapolations délirantes ou mensonges éhontés...
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