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Bosch : Le jardin des délices

Couverture du livre Bosch : Le jardin des délices

Auteur : Hans Belting

Traducteur : Pierre Rusch

Date de saisie : 18/08/2006

Genre : Art - Peinture

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Livres d'art

Prix : 40.00 € / 262.38 F

ISBN : 978-2-07-011823-6

GENCOD : 9782070118236


  • La présentation de l'éditeur

Les images énigmatiques de Jérôme Bosch aiguillonnent l'imagination du spectateur et figurent depuis longtemps parmi les joyaux des principaux musées du monde. On y voit se côtoyer le plaisir et le bonheur, la douleur et le tourment. Aux paysages merveilleux, où les humains cohabitent dans une édénique harmonie avec les animaux et les créatures fabuleuses, s'opposent des visions d'apocalypse traversées de machines volantes qui s'affrontent à la lueur des explosions. Certains chercheurs ont vu dans de telles scènes une anticipation visionnaire des guerres à venir ; d'autres supposent que le peintre a surtout voulu prendre position contre l'Église catholique.

Historien de l'art, professeur honoraire à l'université de Heidelberg, Hans Belting a enseigné de 1992 à 2002 à l'École supérieure d'art contemporain de Karlsruhe. Depuis 2004, il est directeur du Centre international de recherche en sciences de la culture de Vienne. Il est l'auteur d'Image et culte, salué dès sa parution comme un ouvrage de référence. Aux Éditions Gallimard, il a déjà publié Pour une anthropologie des images («Le temps des images», 2004).

Hans Belting, quant à lui, n'interprète le triptyque du Jardin des délices ni comme un chef-d'oeuvre hérétique, ni comme un règlement de comptes personnel avec les dogmes de l'Église, ni comme une somptueuse illustration du récit de la création. Il voit dans ces panneaux une utopie peinte, enracinée dans l'«esprit du temps», une utopie qu'il met en relation avec les théories humanistes de Thomas More et Willibald Pirckheimer. La question de Bosch était : «À quoi ressemblerait le monde, si le péché originel n'avait pas eu lieu ?» L'auteur, en outre, est parvenu à identifier le commanditaire laïc de l'oeuvre et l'usage auquel elle était destinée.



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  • La revue de presse Patrick Grainville - Le Figaro du 15 décembre 2005

L'extase méritait bien un monument, l'infinie luxuriance de l'amour sans l'ombre de la mort. Le Jardin des délices de Bosch est une des oeuvres les plus vertigineuses de l'humanité. Une scène fourmillante, un théâtre total, un opéra des couples, des groupes, des rondes, des cortèges, des étreintes. Une fantasmagorie panoramique. Hellzapoppin hard, Harry Potter pour affranchis, un hybride d'Eldorado et de Holiday on ice. Il ne faut rien moins qu'un album entier pour visiter cette grande charade copulatoire. On aurait désiré plus d'images encore ! Plus de zooms sur les détails hardis ! L'auteur contourne les habituelles hypothèses hérétiques, ésotériques, psychanalytiques. Le Jardin est rendu à l'art de Jérôme Bosch et à notre regard. Il nous livre son effet global de zodiaque érotique avec toutes les constellations charnelles qui s'y inscrivent dans un gigantesque jeu de lacis, de paresses, de méandres voluptueux qui se fondent jusqu'aux lointains bleus...


  • La revue de presse Philippe Dagen - Le Monde du 9 décembre 2005

A la fin du XVe siècle... vivait un peintre nommé Jheronimus Anthonissen van Aken, que l'on appelle Jérôme Bosch. Sa vie est mal connue. Il naît vers 1450 et se marie en 1481. Il a donc autour de 40 ans quand il peint le triptyque qui a reçu depuis le titre de Jardin des délices.

Fermé, il montre en grisaille un globe divisé en deux, le ciel et les nuages en haut, l'océan extérieur et des terres en bas. Dieu, dans un angle, observe sa Création. Ouvert, il présente sur le panneau gauche Adam et Eve unis par Dieu dans un paysage verdoyant, humide et peuplé de toutes sortes de bêtes et d'oiseaux. Le panneau droit figure un enfer nocturne éclairé par de lointains incendies et un grouillement de damnés nus et de tourmenteurs monstrueux. Sur le panneau central, les prairies, les rives et les eaux de lacs et de mares sont envahies par des foules d'hommes et de femmes nus qui jouent entre eux et avec des animaux, s'embrassent et se caressent. Cette image semble celle d'une félicité universelle, d'un temps d'harmonie et d'innocence : le paradis à venir après le Jugement dernier ou le paradis perdu, disparu à l'instant du péché originel.

Après bien d'autres, Hans Belting s'essaie à l'analyse de ces énigmes que l'on suppose symboliques sans savoir de quoi. La plupart de ses prédécesseurs ont cherché du côté des querelles religieuses, des hérésies et du ressentiment que Bosch aurait éprouvé contre l'Eglise...


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